Fini de tourner autour du pot

 

Je suis en train de rédiger le business planpour mon concept EneFin. Oui, vous avez bien lu : j’ai fini de tourner autour du pot et maintenant, le pot, je suis en train de le former. Je pense que la rédaction du business plan en deux versions linguistiques – anglaise et française – ça va me prendre dans les 10 – 15 jours. Les mises à jour que je vais faire durant cette période seront essentiellement un compte rendu de l’avancement courant de ce travail de rédaction.

Alors, l’idée de base. Le projet EneFin consiste à créer une fonctionnalité du type FinTech pour financer le développement d’énergies renouvelables. Ce business plan se concentre sur le marché européen, défini comme UE + la Suisse + la Norvège. J’assume qu’on peut transposer le concept d’entreprise ci-décrit sur d’autres marchés géographiques qui présentent des caractéristiques économiques similaires. L’idée de base consiste à exploiter les différences qui sont empiriquement observables dans le marché de l’énergie, entre les prix offerts à des catégories diverses des consommateurs finaux. Cette disparité des prix est la base pour créer un marché financier – une plateforme transactionnelle digitale – où les consommateurs d’énergie pourraient acquérir et(ou) échanger des contrats complexes, composés, d’une part, des contrats à terme pour la fourniture future d’énergie, et des titres de participation dans le bilan du fournisseur d’autre part. Cette plateforme transactionnelle ferait l’ossature capitaliste commune pour le développement des projets locaux en énergies renouvelables.

Ce business plan se concentre sur l’application du concept EneFin au financement des projets de développement d’infrastructures urbaines des sources d’énergies renouvelables, composées des turbines éoliennes et hydrauliques de petite taille, ainsi que des modules photovoltaïques. Cette ligne d’approche s’appuie sur trois faits empiriques. Premièrement, l’Europe, comme définie pour les besoins de ce business plan (UE + Suisse + Norvège) semble tenir la position de leader quant au développement d’énergies renouvelables. Deuxièmement, les villes offrent une densité de population favorables à la création des fonctionnalités FinTech. Troisièmement, la technologie des petites turbines éoliennes et hydrauliques s’est remarquablement développée durant les 15 dernières années ; ces solutions sont à présent tout à fait applicables dans le milieu urbain.

Je reproduis ci-dessous le tableau des prix d’énergie, dont la disparité m’avait inspirée à formuler le concept EneFin. Le tableau vient de la mise à jour intitulée « Je recalcule ça en épisodes de chargement des smartphones » du 17 Avril 2018.

Tableau 1 Prix moyens d’électricité, par kWh, dans certains pays européens

Pays Prix d’une kWh pour les ménages Prix d’une kWh pour les consommateurs institutionnels
Autriche € 0,20 € 0,09
Suisse € 0,19 € 0,10
République Tchèque € 0,14 € 0,07
Allemagne € 0,35 € 0,15
Espagne € 0,23 € 0,11
Estonie € 0,12 € 0,09
Finlande € 0,16 € 0,07
France € 0,17 € 0,10
Royaume Uni € 0,18 € 0,13
Hollande € 0,16 € 0,08
Norvège € 0,17 € 0,07
Pologne € 0,15 € 0,09
Portugal € 0,23 € 0,12

Maintenant, ceux qui viennent de se brancher sur mon blog peuvent avoir une idée un peu plus claire de la chose. Si en Pologne – mon pays natal – le ménage moyen paie €0,15 pour une kilowatt heure et la même kilowatt heure ne coûte que €0,09 dans le tarif plus avantageux, les €0,15 – €0,09 = €0,06 sont simplement le résultat de la politique des distributeurs d’énergie. Il n’y a aucune valeur ajoutée – aucune utilité économique, si vous voulez – derrière cette différence.

Ledit ménage moyen en Pologne consomme, en moyenne, 2 490,21 de kilogrammes d’équivalent pétrole par an par personne (ceci vient des données de la Banque Mondiale), ce qui donne 28 961,10 kilowatt heures. Le multiplicateur ici est égal à 11,63 kWh pour chaque kilo d’équivalent pétrole. Un ménage polonais – moyen, toujours – compte 2,8 personnes. Ceci nous donne 81 091,08 kWh par ménage par an. Maintenant, le truc important quant à l’interprétation de cette statistique sur la consommation finale d’énergie : c’est une valeur composée. Notre consommation d’énergie est déterminée par notre panier technologique dans trois domaines distincts : la consommation ménagère strictement dite, le transport et l’énergie incorporée dans les biens et services que nous achetons. Dans ces 2 490,21 kilogrammes d’équivalent pétrole par an par personne il y a donc des trajets en voiture, en bus ou en train, il y a aussi le nouveau joli smartphone tout comme l’entrecôte de bœuf que je mange au resto à midi, et il y a enfin l’électricité que je consomme pour alimenter mon frigo.

Il y a beaucoup d’informations contradictoires sur la structure exacte de ce panier tripartite de consommation finale d’énergie au niveau des pays particuliers. Probablement les meilleures estimations, on peut les dériver des agrégats accessibles sur le site de l’Agence Internationale d’Énergie. Pour le monde entier, la consommation ménagère semble faire comme 26% de la consommation finale totale. Pour la Pologne, ça semble aller dans les 31%. Encore, faut être prudent dans ces estimations. J’avais déniché un rapport publié sur www.energymarketprice.com, dans leur série « Energy Statistics Report », qui suggère que la consommation ménagère d’énergie, en Europe, ne fait que 17,3% du total.

Je fais donc une estimation en intervalle, pour mon ménage Polonais moyen. La consommation ménagère ferait [17,3%*81 091,08 kWh ≤ x ≤ 31%*81 091,08 kWh]  <=>  [14 028,76 kWh ≤ x ≤ 25 134,93 kWh]. Vu la différence des prix finaux d’énergie spécifiée plus haut, ceci donne entre €841,73 et €1 508,10que le ménage moyen en Pologne paie annuellement, uniquement à titre de sa position très faible vis à vis des fournisseurs d’énergie. Vous pouvez faire le même calcul pour tout pays où les prix d’énergie sont plus ou moins transparents, au moins en ce qui concerne leur montant final. Si nous prenons donc une ville de, disons, 800 000 habitants, comme Krakow, en Pologne, où j’habite moi-même, ça donne un flux annuel de trésorerie entre €240 492 979,83 et €430 884 454,76qui représente, en fait, une valeur économique attachée au quasi-monopole, temporaire et local, des fournisseurs d’énergie. Ce flux de trésorerie pourrait être transformé aussi bien en quelque chose de vraiment utile. Ce quelque chose d’utile peut consister en un réseau local, urbain, des sources d’énergie renouvelable : petites turbines hydrauliques ou éoliennes ainsi que des nids des modules photovoltaïques. Tout ça combiné en un ensemble incrusté dans l’infrastructure urbaine. L’entité légale qui gérerait un tel réseau pourrait être financée par le même flux de trésorerie que nous payons aujourd’hui à titre d’hommage monopolistique forcé. Les clients d’une telle entité, qui achèteraient son énergie, pourraient en même temps acquérir ses titres de participation et en devenir des actionnaires. C’est un schéma coopératif que je voudrais, à travers une fonctionnalité FinTech, doter de la

Voilà le concept de base. Je passe maintenant au contexte économique plus large. Dans une série des graphes, ci-dessous, j’introduis une constatation générale : l’Europe à un marché d’énergies renouvelables en croissance rapide, qui néanmoins reste un peu en recul derrière les pays asiatiques en termes d’inventions technologiques dans ce domaine. Il y a comme un déficit de recherche et développement, en Europe, en termes d’énergies renouvelables, par rapport au potentiel du marché que nous avons à notre disposition. J’ai comme une intuition personnelle que les technologies qui restent le plus sous-développées en Europe sont celles relatives à l’énergie hydraulique.

Le concept EneFin consiste donc à créer un mécanisme financier qui transfèrerait le capital du marché des gros réseaux connectés aux grosses centrales électriques vers le marché des relativement petits systèmes énergétiques locaux basés sur la génération d’énergies renouvelables. Ici, encore une fois, j’ai une idée qui pour le moment est simplement une intuition : si on achemine le capital vers des entités qui expérimentent avec leur structure-même, ces entités peuvent être relativement plus enclines que les grands opérateurs à expérimenter avec leur base technologique, ce qui, à son tour, peut stimuler l’innovation.

Bon, jetez un coup d’œil sur ces graphes, ci-dessous, et après, je résume le concept du produit financier EneFin, comme je veux le présenter dans le business plan.

RenewGWh_FR

Renew_Index_FR

RenewPourcentage_FR

Vertical_FR

Hydro_FR

Avec le concept économique de base, donc l’acheminement de capital du point « A » vers point « B », il faut un produit financier approprié. Le produit que j’ai en tête est complexe. Tout d’abord, le fournisseur d’énergie qui veut obtenir du financement à travers EneFin émet des contrats à terme pour la fourniture future d’énergie, avec ladite énergie pré-vendue à un prix avantageux pour le consommateur ménager, identique ou proche de celui que les distributeurs d’énergie pratiquent normalement avec les grands utilisateurs institutionnels. La quantité d’énergie contenue dans ces contrats à terme est en même temps évaluée aux prix moins avantageux et plus élevé, réservé aux utilisateurs ménagers. La différence entre la valeur du marché de cette énergie en prix typiquement « ménages », et la valeur en prix « gros clients institutionnels » est transformée en des titres de participation dans le bilan du fournisseur d’énergie.

Ensuite – et ça, c’est le trait spécifique d’EneFin – ces  deux contrats, légalement distincts mais fonctionnellement liés, sont combinés dans un produit financier complexe, digital, dont l’analogie la plus proche que je voie est le contrat intelligent Ethereum. Par ailleurs, cette technologie est celle de base que je prévois pour la plateforme transactionnelle EneFin. On serait donc dans l’univers du langage de programmation « Pragma Solidity ». L’utilisation de contrat intelligent digitalisé simplifie les transactions avec ces contrats complexes. Là, je suis la même logique que vous pouvez trouver dans toutes les bourses d’échange financier : les titres légaux proprement dits sont déposés tranquillos dans un coffre en banque et tout l’échange se fait en des titres secondaires, comme des certificats de dépôt, seulement ce seraient des titres digitaux similaires à une crypto-monnaie. Ça résout tout un tas des problèmes légaux. J’avais développé plus abondamment sur ce sujet dans « Les séquences, ça me pousse à poser cette sorte des questions ».

Ce produit financier complexe peut être vendu en deux formes principales. Premièrement, EneFin peut agir comme une bourse financière, donc offrir l’espace organisé d’échange et prélever une commission sur chaque transaction. Je pense que c’est la modalité la plus probable dans la phase de lancement du projet. Mon observation de la société FinTech américaine du nom de Square Inc. indique que cette façon de vendre un produit FinTech est de loin la plus intuitive mais pas nécessairement la plus profitable. En ce qui concerne la création de bénéfice dans le projet EneFin, il faudra – je pense – prévoir soit une seconde phase soit une forme « pro » du produit, basée sur l’abonnement périodique payé par les fournisseurs d’énergie qui participent au projet. C’est le modèle d’entreprise pratiqué à succès par la société canadienne Katipult.

Ci-dessous, je résume ces principes de base en une forme graphique. Je pense que ce sera tout pour aujourd’hui. Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund(aussi accessible en version anglaise). Vous pouvez aussi télécharger mon livre intitulé “Capitalism and Political Power”. Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon. Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

Contrat complexe EneFin

Contrat EneFin 2

Prix du contrat EneFin

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