La morale de ce conte de fées

Mon éditorial

Ça y est. Je pense que j’ai trouvé le concept central d’entreprise pour mon projet EneFin. Le voilà. Le contexte économique c’est la différence entre deux catégories des prix de détail dans le marché de l’électricité : les prix type « ménage », plus élevé, et le prix « professionnel », plus bas. J’avais déjà donné un aperçu de ces différences, dans certains pays européens, dans « Je recalcule ça en épisodes de chargement des smartphones » ainsi que dans « A first approach on the financial side ». Les deux catégories des prix sont celles pour les consommateurs finaux et néanmoins la différence entre elles est tellement significative que c’est presque comme si le prix pour les consommateurs institutionnels était un prix de gros dans une chaîne de valeur ajoutée. Le truc, c’est qu’il n’y a pas vraiment de valeur ajoutée entre ces deux prix. Leur fourchette a sa source uniquement dans la différence du pouvoir de négociation entre les deux catégories d’acheteurs.

Imaginons un contrat complexe, où le consommateur individuel achète de l’énergie en payant le prix « ménager » ordinaire, mais ce prix lui achète deux choses : de l’énergie payée au prix « institutionnel » ainsi que quelque chose d’autre, pour l’équivalent de fourchette entre le prix « ménager » et le prix « institutionnel ». Mathématiquement, avec les prix de mon pays, la Pologne, ça se présente comme €0,15 de prix « ménager » que je paie pour chaque kilowatt heure et ce €0,15 m’achète la kilowatt heure en question, strictement dite, au prix « institutionnel », donc €0,09, plus quelque chose d’autre pour l’équivalent de €0,15 – €0,09 = €0,06. Ce quelque chose d’autre ferait bien d’être logiquement lié à la consommation d’énergie. Suivant les écrits de l’un des pères fondateurs de ma discipline scientifique, Jean Baptiste Say, ce qui est étroitement lié à la consommation, c’est la production.

Ce que j’achète pour ce surplus de €0,15 – €0,09 = €0,06 pourraient donc être des (petits) titres de participation dans le bilan d’un fournisseur d’énergie, soit dans le capital social soit dans la dette d’entreprise. Mon petit €0,06 que je paie avec l’achat de chaque kilowatt heure peut donc être converti en une action ou bien une obligation d’un fournisseur d’énergie. Alors voilà que, tout à fait par hasard, un nouvel entrepreneur dans le voisinage construit une installation génératrice d’électricité, de petite ou moyenne capacité, à la base d’énergies renouvelables : photovoltaïque, hydraulique, peut-être de l’éolien (ce dernier type d’énergie est difficile à tailler en petit, pour autant que je sache). Moi, comme consommateur, je suis intéressé dans le développement de telles sources d’énergie renouvelable dans mon environnement, donc moi et le nouvel entrepreneur, on négocie.

Moi, comme Polonais moyen, je consume environ 5 010,27 kWh par an en termes d’usage strictement ménager. Enfin, au total, je consomme plus, plutôt comme 28 961,10 kWh par an, mais le reste, c’est-à-dire 28 961,10 – 5 010,27 = 23 950,83 kWh par an, je les consomme dans le transport et sous forme d’énergie immobilisée dans les biens et services. Ce que je peux apporter à la table de négociation avec ce fournisseur d’énergie en voie de construction ce sont mes 5 010,27 kWh bien à moi, par an. En prix d’électricité type « ménager », ces 5 010,27 kWh bien à moi valent 5 010,27 kWh * €0,15 = €751,54.

Voilà que moi et le fournisseur nouvel de l’énergie, on négocie l’accord suivant. J’achète de lui un paquet de 5010 contrats à terme, chacun correspondant à 1 kilowatt heure d’énergie à être fournie dans l’avenir (c’est le trait caractéristique des contrats à terme). J’en passe sur le 0,27 kWh par an, pas de quoi faire un fromage. Je paie pour chacun de ces contrats le prix que je paierais pour l’électricité « ménagère », donc €0,15 * 5010 = €751,50 et ces €751,50 m’achètent de l’électricité future pour un prix unitaire de €0,09 par une kilowatt heure, soit €450,90 pour ma consommation annuelle, ainsi que des titres de participation dans le bilan de ce fournisseur, pour l’équivalent de €0,15 – €0,09 = €0,06 par kWh, donc pour €0,06*5010 = €300,60.

En me pourvoyant en ce paquet des contrats à terme, je m’assure, premièrement, la fourniture future d’électricité pour un prix fixe très avantageux pour un consommateur individuel et deuxièmement, j’acquiers une parcelle de capital investi dans le fournisseur d’énergie. Quel que soient mes titres de participation dans son bilan – actions ou obligations – l’argent que je paie pour l’énergie strictement dite, donc les €0,15 – €0,09 = €450,90, ça contribue à assurer un retour sur mes €0,06*5010 = €300,60 investis dans le bilan. Le fournisseur d’énergie sur sa piste d’envol, quant à lui, vient de me vendre de l’énergie future pour du pognon payé aujourd’hui (toujours avantageux), il a fait une affaire décente puisqu’il vient de vendre à un prix qu’il pourrait obtenir en pourvoyant, par exemple, un large centre commercial, et en plus, il vient d’acquérir du capital liquide pour son investissement.

Somme toute, ça à tout l’air d’une situation « win – win » et en même temps, c’est un schéma coopératif. Lorsque l’acheteur des biens acquiert les bien en question et en même temps la participation dans le bilan de leur fournisseur, c’est une structure coopérative. Les avantages sont ceux d’une coopérative : les clients sont en même temps des investisseurs de leur fournisseur, donc ils ont tout intérêt à lui rester fidèles et en même temps ils ont un contrôle poussé sur son activité. Voilà pourquoi j’ai donné à ce concept d’entreprise le nom de Coop EneFin.

C’est un schéma coopératif mais pas uniquement coopératif. La formule des contrats à terme combinés avec les participations dans le bilan peut acquérir de l’énergie, pour ainsi dire, si nous créons un marché pour l’échange libre de ces contrats. De cette façon je transforme ces contrats en des titres financiers et par ce moyen je donne à Coop EneFinl’élégance légère d’une société par actions combinée avec un marché financier ouvert. Puisqu’on parle du loup et le loup c’est le marché, il est prudent de mesurer la taille du loup, juste en cas je voudrais le coucher dans le lit de la grand-mère du Petit Chaperon Rouge. En utilisant mes données sur les prix d’électricité dans certains pays européens (consultez « Je recalcule ça en épisodes de chargement des smartphones » et « A first approach on the financial side »), je calcule la valeur du marché créé sur la base de demande d’électricité de la part d’une population de 180 000 ménages urbains. Je rappelle que ces 180 000 c’est une fraction hypothétique de 12% des consommateurs innovants dans une ville de taille respectable, soit de 1 500 000 d’habitants.

Tableau 1, ci-dessous, présente mes calculs de la taille du loup, donc des trois variables agrégées : a) la valeur marchande d’électricité vendue aux 180 000 ménages, au tarif pour les clients institutionnelsb) la valeur comptable du capital possible à collecter des 180 000 ménages, sur la base du résiduel « prix pour consommateurs institutionnels – prix pour les ménages » c) la capacité électrique requise pour 180 000 ménages, kWh. En plus, j’ai déniché (provisoirement), une règle comptable qui dit que j’ai besoin de €2445 d’investissement en capital physique pour chaque kilowatt de capacité électrique dans une turbine hydraulique[1]. Ceci veut dire que le capital possible à collecter à travers mon schéma de Coop EneFinpourrait financer 40 – 41% de l’investissement physique.

Tableau 1

Pays Valeur marchande d’électricité vendue aux 180 000 ménages, au tarif pour les clients institutionnels Valeur comptable du capital possible à collecter des 180 000 ménages, sur la base du résiduel « prix pour consommateurs institutionnels – prix pour les ménages » Capacité électrique requise pour 180 000 ménages, kWh
Autriche  € 124 004 599  € 151 561 177  157 286
Suisse  € 109 957 128  € 93 725 694  122 376
République Tchèque  € 97 855 221  € 97 855 221  159 581
Allemagne  € 207 383 524  € 276 511 365  157 826
Espagne  € 102 435 544  € 111 747 866  106 305
Estonie  € 136 026 400  € 45 342 133  172 535
Finlande  € 150 197 511  € 193 111 086  244 940
France  € 133 557 336  € 93 490 136  152 463
Royaume Uni  € 130 129 746  € 50 049 902  114 269
Hollande  € 122 642 524  € 122 642 524  175 004
Norvège  € 147 436 962  € 210 624 231  240 439
Pologne  € 81 166 381  € 54 110 920  102 951
Portugal  € 92 640 729  € 84 920 668  88 129

 Toujours ça de gagné. Encore, il faut que je prenne la peau du loup, puisque Coop EneFinest censé être une entreprise à profit. Je suppose que 10% de commission sur la valeur totale des transactions faites sur la plateforme technologique correspondante est une assomption raisonnable, à partir de laquelle je peux formuler une analyse financière plus fine.

La morale de ce conte de fées est – une fois de plus – le principe de base que je répète à mes étudiants : commencez toute étude de marché par étudier les prix, car les prix vous informent sur la structure dudit marché et sur les bonnes affaires que vous pouvez y faire. Allez les enfants, papy Krzysztof a fini de raconter ses contes des fées, pour aujourd’hui.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund(aussi accessible en version anglaise). Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon. Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

[1]https://www.quora.com/What-is-the-cost-of-setting-up-of-a-1-Mw-hydro-power-plantdernier accès 23 Avril 2018

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Lean and adaptable

My editorial

Things of life make me circle around the core of my present work, namely around that business plan for the EneFinproject. Last Monday, a friend of mine, with whom I am doing a lot of work on FinTech things, asked me a general question: ‘If you had like to explain your students what is a financial innovation and how it is being done, what would you tell them?’. The question fits my current interests, so I will try to kill two birds with one stone. I will try to develop an intellectually satisfactory answer to that general question, and, in the same time, I will try to move one step forward in the writing of my business plan.

‘Financial’ means something about money. It is about money moving in transactions, or about money staying calmly and nicely in one place, in some cosy balance sheet. Innovating about money means figuring out some new ways of paying with money, or some new manner of piling money up. The essential job that money does for people is to assure liquidity, i.e. money makes it possible to move economic utilities in space and over time, with a minimum of transaction costs. If you have to move a mountain, like in one go, from spot A to spot B, you need either a small particle of really solid faith or a really big piece of civil engineering. Still, if you can move the mountain in question piece by piece, e.g. bucket by bucket, things become easier. You can move those buckets around with a lot less of civil engineering, and your faith is being put to significantly lesser a strain, as well. This is what ‘financial’ means in the first place: transforming a mountain of economic utility into a set of small buckets of financial equivalence, and moving those buckets around smoothly and efficiently.

Any movement happens with a given velocity, along a given vector, and our control over that movement is observable as the capacity to modify both the vector and the velocity. Inventing something new about money and its use, thus making a financial innovation, is equivalent to finding out how to give more velocity in and/or more control over the movement of money. This little elaboration in the lines of Newtonian physics serves me to introduce a secondary effect to the primary financial function. When you create financial instruments, i.e. standardized legal deeds representing small parcels of economic utility, those instruments, although being technically something derivative from something else, start having an economic life of their own. Having an economic life means being tradable, and actually traded, and thus having a market price.

Sounds nice, so far. I am trying to apply those fancy generalities to my EneFinconcept. The mountain of economic utility comes, logically, in the first place. I can distinguish three big masses in the geography around me: the capital immobilised in power generation (power installations), accompanied by the capital immobilised in power grids (systems of distribution), and finally the population of users. They all move, and so, logically, they are not mountains, but rather the tectonic plates that mountains rest on. The mountains per se are made of long-term contracts between power plants and power grids, for one, as well as contracts between power grids (distributors) and their end-users. Ah, there are, in some places, the contracts between power plants (those rather small, local ones, like solar farms) and the end users, directly.

Now, it looks weird. I have mountains rising sort of at the junction of tectonic plates they are supposed to stand on. These are intercontinental mountains. See? I was sure I can invent something unparalleled. That’s the thing with metaphors: you push too far and they become meaningless. Anyway, I have those big masses of long-term contracts, moving very slowly, or hardly at all. Those long-term contracts have economic utility in them. Anything financial one could possibly do about them would consist in creating a complex set of financial instruments, i.e. tradable legal deeds equipped with intrinsic value expressed in the units of currency. I have come up with a few ideas as for those financial instruments, and I am listing them below.

Idea #1are standardized coupons for purchasing electricity, like for 1 kWh each, tradable either like coupons strictly spoken, or, in a technologically fancier manner, as tokens of a cryptocurrency. Those coupons are financialized commitments from the long-term contracts between the consumers of electricity and their direct suppliers, this the distributors who operate power grids. In such a contract, the consumer commits to purchase electricity from a distributor, like for 2 years in a row, and said distributor commits to supply electricity, in a given amount. This type of tradable, standardized deeds for purchasing electricity have been used for decades in the wholesale market of electricity, i.e. between power plants and distributors. I am thinking about developing the same concept in the retail market. It would allow the distributors to cash today their future expected deliveries of power to consumers, and consumers could have a more diversified portfolio of suppliers.

As I think about it now, that type of financial instrument, as conceptualized in my Idea #1, would be workable mostly for new suppliers in the market, for example for new solar farms or new, local hydraulic turbines of moderate size. They could sell to the neighbouring consumers their future output of electricity, in the form of those coupons, instead of signing long-term contracts. Lower and more liquid a commitment from the part of consumers could convince the latter to try and buy that new, fancy power from the new solar farm, sort of.

The more I think about that Idea #1, the more I am convinced that it would require to operate power grids similarly to railways. In the railway business, at least in Europe, you frequently have a separation between the operator of the physical, actual railway (infrastructure), and the operators of trains, on the other hand.

Idea #2is based on the same contracts, and consists in making the consumers’ financial commitments into tradable deeds, like into bills of exchange. In a long-term contract I sign with a supplier of electricity, I am supposed to pay standardized amounts of money every month, and those monthly instalments are based on a smoothed prediction of my future consumption of power. Idea #2 sums up to singling each such future, promised instalment out of the long term contract and trading it as a security, or, once again, as a token of value in a cryptocurrency. As a financial utility, it gives, once again, more liquidity to the distributors. Of course, those financial claims on consumers would be conditional on supplying them a given amount of electricity. As I look at it now, it would essentially amount to have something like options or future contracts, i.e. financial instruments that guarantee a fixed future price of 1 kWh.

As for Ideas #1 and #2, you can look up Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité, A first approach on the financial sideor Une plantation des clients qui portent fruit.

Idea #3is an app coupled with the network of electric sockets, in a smart city. You use the app to pay for electricity as you actually use it, sort of smoothly. Initially, I developed that idea for a network of publicly available electric sockets, made for sort of causal charging of smartphones (see Je recalcule ça en épisodes de chargement des smartphones), but, as I think of it, the idea could extend to all the usage of electricity in a smart city. I could, for example, use the app to drive the usage of electricity in my apartment to a strict minimum when I leave for the weekend, and I would pay just for that minimum. On the other hand, when I use a lot of electric tools in my garage, e.g. when I build a DIY intercontinental ballistic missile, I would pay on the spot for that extra juice.

In legal and financial terms, Idea #3 would amount, once again, to turn the long-term financial commitments on the part of consumers into short-term, spot payments. As I think of it, it wouldn’t even require much change in the distribution system. Large populations, and in the case of a typical, European project of smart city, we are talking like 1,5 million people or more, have a predictable consumption of energy. I managed to provide some scientific proof of that in my article: Settlement by energy. The amount, and, I dare say, the structure of final consumption in energy, remain fairly predictable in such a large human settlement. What is being financialized, i.e. made more liquid, is just the payment for energy.

Good, I have listed my so-far ideas. Now, I keep inventing. We are in a smart city, and there are many local projects of setting local power sources from renewable energies. They are competing for accessing the market of energy in that smart city. They are selling futures contracts on their future, expected output of power. Normally, when you sell your future expected output in the form of futures contracts, you need to give a substantial discount on the present price. If you buy futures on coffee, for example, and you agree to pay today for the coffee beans from the next harvest, like in 6 months, you can negotiate even 40% lower a price, as compared to the coffee beans actually available in the warehouse. Here, the same, future expected power, sold today, is bound to be noticeably cheaper than the presently available juice. Still, we can add to the fun. I imagine a financial instrument which embodies a compound contract: a futures contract on future expected supply of electricity paired with a participation in the equity of the supplier.

That would be my Idea #4, in the framework of the EneFinproject, and here comes a little calculation. In my home country, Poland, 1 kilowatt hour, in the retail market, costs like €0,15. In the semi-retail market, i.e. power for institutional consumers, costs about €0,09 per kWh. I want to start a local station of hydraulic turbines. Nothing big, let’s say two turbines of 1 megawatt each, thus 2 MW in total. That makes an annual output of 2000 kW times 8760 hours in a year, and equals 17 520 000 kWh in a year. In standard retail prices it would make a revenue of 17 520 000 * €0,15 = €2 628 000 a year. I am offering futures on my output, paired with shares in my equity. The buyer pays €0,09 per 1 kWh of future power supply, and €0,06 of small participation in the equity of my power plant, so €0,15 in total, which is just the same as the price of presently available, retailed power. That makes, from the point of view of the supplier, an annual revenue of 17 520 000 * €0,09 =  €1 576 800, plus 17 520 000 * €0,06 =  €1 051 200 in equity.

As business structures come, what comes out of my Idea $4 is an actual cooperative structure. Even if I make it into the legal vehicle of a company, the basic concept is cooperative: the buyers of my output become my shareholders. We can go even further down this path and create a FinTech platform for any market, where barriers to entry, in terms of physical investment, are relatively low, and there is a big fork between retail prices, and the wholesale ones. I think about transportation services, food supply, maybe construction services as well. A start-up sells futures on its future expected output, paired with small shares in its equity. This could make an excellent financial tool for building local cooperative structures.

I used to belong to a few cooperatives in the past. They were housing cooperatives. The thing about those structures is that they are functional as long as membership remains limited to a small number of people. A classical cooperative with 15 members is just fine, with 150 it becomes really clumsy as for decision making, and with 1500 it turns into a feral bureaucracy. My idea – for the moment I name it Coop EneFin– offers all the advantages of the cooperative scheme, whilst giving the whole thing the smooth liquidity of a corporate structure. If I do it the FinTech way, with some smart app facilitating the buying and selling, as well as reselling, of those cooperative futures contracts, it looks the way a good financial innovation should look: lean and adaptable.

There are two levels of testing that business concept. Firstly, the financial soundness: the transactional FinTech platform for trading those cooperative contracts should generate profits sufficient to give a good return on the equity invested in its creation. As a wannabe mad scientist (I don’t have any old castle in the mountains, so I have to wait a bit before graduating into a full mad scientist), I can use the same cooperative scheme to raise money for that technological platform. Anyway, the FinTech utility needs to earn its living somehow. There are three essential ways (look up Plus ou moins les facteurs associés). At the most basic level, Coop EneFin can be just a transactional platform, collecting a commission on each transaction in those ‘futures + equity’ contracts. Secondly, it can be a closed club, with an entry lump fee to pay for the corresponding software package, and then a monthly membership. Thirdly, and finally, the Coop EneFinproject can specialize just in the development of the technology, which, in turn, allows the creation of local cooperative networks around local suppliers of energy.

The realistically appraised cost of technological development, regarding that FinTech utility, comes as the key factor in the business planning. I already had that intuition after browsing the financials of Square Inc., one of the big players in the FinTech business (look up The smaller more and more in FinTech). I can intuitively, and provisionally, nail down the cost of product development at some 15% of revenues in the maturity phase of the business. Liaising with the preliminary calculations I presented a few paragraphs ago, that would make like €236 520 for maintaining and developing the FinTech technology for supporting the Coop Enefin scheme for one local power plant of 2 megawatts. The trick is to minimize the cost of current upgrading in that technology, or, in other words, to minimize its pace of moral obsolescence.

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund (and you can access the French versionas well). You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon pageand become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

Je recalcule ça en épisodes de chargement des smartphones

Mon éditorial

Je viens de publier une mise à jour en anglais (Complicated? Certainly, and this is not all) où je déclare d’avoir besoin de secouer mes méninges un tantinet et de prendre un peu de distance par rapport à ce business plan d’EneFin, le projet FinTech pour le marché de l’énergie. Aussitôt dit, aussitôt fait, pour ainsi dire : dès que je viens de déclarer le besoin de prendre de la distance, j’en prends effectivement et je mets mon idée la tête à l’envers par rapport à ce que j’avais écrit auparavant.

J’imagine une ville intelligente criblée avec des prises électriques, ou bien, pour la tension vraiment basse utilisée par l’équipement électronique, avec ces coussins de chargement qui sont déjà en usage pour les téléphones portables. Dans la rue, dans les gares, les restos, les parcs – les points de chargement, vous en avez un peu partout. Chaque point de chargement est accessible en deux modes : mode urgence gratuit et mode ordinaire payant. Le mode urgence est limité à un certain nombre de kilowatt heures, par exemple ce qui est nécessaire pour charger un smartphone à 20% de sa batterie ; ça devrait donner comme 0,1 kWh. Ça c’est l’électricité démocratique pour tous. Dès que je passe la limite de 0,1 kWh, le point de chargement se tourne en mode sommeil, à moins que je paie avec l’application mobile EneFin. Dans ce cas, EneFin fonctionne comme un porte-monnaie mobile. Ça connecte mon smartphone au réseau électrique (ou plutôt au système de contrôle de ce réseau) et me permet de payer pour un montant spécifique de kilowatt heures d’électricité.

Ça c’est l’idée de base et maintenant je vais la tester à froid, ensuite je vais la chauffer, étirer et marteler un peu. A froid, comme je viens de la formuler, je la connecte à mon business plan pour le projet BeFundet donc à l’environnement d’une ville intelligente. Une ville a tendance à devenir intelligente à partir de 1,5 millions de personnes dans ladite ville. J’assume donc l’existence d’une sous-population particulièrement ouverte aux nouveautés, faite de 12% des citadins, plus une population jumelle des visiteurs temporaires (touristes, hommes et femmes d’affaires etc.). Au total, ça me fait donc 2*12%*1 500 000 = 360 000 utilisateurs.

Maintenant, je recalcule ça en épisodes de chargement des smartphones. Un chargement complet dure quelques 4 heures et prend environ 0,5 kWh. Disons que le chargement via EneFinsurviendra une fois par semaine en moyenne, donc 54 fois dans l’année. Pour un utilisateur moyen, cela représente 54*0,5 = 27 kWh par an et pour la population totale que je viens de définir comme hypothèse, soit les 360 000 personnes, j’obtiens 9 720 000 kilowatt heures par an.

Je passe aux prix. Dans Tableau 1, ci-dessous, vous pouvez trouver le fruit de ma recherche à propos des prix d’électricité en Europe. Vous pouvez constater qu’il y a deux marchés distincts, démarqués par des prix distincts : celui des ménages et celui des consommateurs institutionnels. Plus loin, donc en-dessous du tableau 1, je développe sur cette constatation.

 

Tableau 1 Prix moyens d’électricité, par kWh, dans certains pays européens

Pays Prix d’une kWh pour les ménages Prix d’une kWh pour les consommateurs institutionnels
Autriche € 0,20 € 0,09
Suisse € 0,19 € 0,10
République Tchèque € 0,14 € 0,07
Allemagne € 0,35 € 0,15
Espagne € 0,23 € 0,11
Estonie € 0,12 € 0,09
Finlande € 0,16 € 0,07
France € 0,17 € 0,10
Royaume Uni € 0,18 € 0,13
Hollande € 0,16 € 0,08
Norvège € 0,17 € 0,07
Pologne € 0,15 € 0,09
Portugal € 0,23 € 0,12

 

Un calcul rapide montre que la distance relative entre les prix « ménagers » d’électricité et ceux que nous pouvons désigner comme « institutionnels » est vraiment importante, d’une part, et qu’elle est diffère grandement d’un pays à l’autre. Ici, une remarque générale s’impose à propos de préparation d’un business plan : l’étude des prix est la pierre de souche de toute étude de marché. Quoi que vous fassiez comme business plan, étudier les prix est fondamental.

J’explique aussi cette phrase que j’ai écrite plus haut, que des prix distincts marquent des marchés distincts. C’est l’un des principes de base de l’économie : le fonctionnement d’un marché s’observe surtout à travers les prix. Si j’ai des prix clairement différents pour un même bien (donc pour la même utilité économique), ils doivent s’être formés sur la base des mécanismes économiques différents, donc j’ai affaire à des marchés distincts et définis comme structures d’échanges.

Ceci dit, l’idée de base dans tout concept d’entreprise est qu’à part de dégager de la valeur ajoutée il faut aussi monnayer cette valeur. Il faut donc capturer un différentiel des prix, entre des marchés distincts, acheter bon marché et revendre à des prix qui correspondent à ma stratégie marketing. Quant à la première composante de ce principe général, « acheter bon marché » peut se passer à deux niveau différents. D’une part, on peut acheter de l’électricité comme client institutionnel et ensuite la revendre au clients individuels. A ce niveau-là, la Norvège, la Finlande ainsi que l’Allemagne offrent les meilleures marges. D’autre part, on peut imaginer un achat d’électricité, prix client institutionnel, dans le marché national qui offre les meilleures conditions pour les clients institutionnels, et ensuite revendre cette électricité au prix « ménage » dans le marché le plus cher. Le premier niveau est plus simple, le deuxième implique non pas tellement du commerce en énergie proprement dite mais bien plutôt du commerce en titres financiers, donc le concept que je m’efforçais de développer précédemment (consulter Une plantation des clients qui portent fruitou bien Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité).

Je reste au premier niveau et je formule mes stratégies marketing. Stratégie no. 1assume que je tente mes clients, sur EneFin, avec un prix d’électricité plus bas que la moyenne ménagère et plus proche du prix institutionnel. Disons que ce serait in prix mi-chemin entre le ménager et l’institutionnel. C’est une stratégie simple et brutale d’incitation financière directe. Mon objectif est d’attirer rapidement un grand nombre des clients de parmi ces 360 000. Stratégie no. 2va dans une direction différente : j’applique les prix typiquement ménagers (donc relativement élevés) et en même temps j’offre aux clients d’EneFinun système promotionnel ou chaque € dépensé revient en forme des points de pouvoir d’achat, genre « si vous achetez 100 kilowatt heures chez nous, vous gagnerez 10% de ça en forme des points pour des achats futurs ». Bien sûr, les maths disent que le prix réellement monnayé serait le prix « ménages » moins 10%. Stratégie no. 3, à son tour, consiste à ramasser la crème du marché avec des prix encore plus élevés – disons 10% de plus – que ceux des tarifs ménagers ordinaires. Le principe de base est qu’EneFin, dans cette forme précise, offre une fonctionnalité quelque peu unique et qu’il est donc logique de prélever une marge bénéficiaire additionnelle, disons, encore une fois, les 10% intuitifs. Dans les tableaux qui suivent, ci-dessous, je développe sur ces trois stratégies, avec les assomptions formulées plus haut. J’étudie la dépense individuelle moyenne par client par an ainsi que la marge brute possible à dégager d’un marché local typique à prendre.

L’évaluation de la dépense individuelle sert à se faire une idée de l’importance subjective des achats d’énergie, faits avec cette fonctionnalité d’EneFin, dans le panier ménager de mes clients. En ce qui regarde la marge brute, j’introduis un élément de compétition prix. J’assume qu’avec la stratégie des bas prix (Stratégie no. 1) je peux attirer la totalité de cette sous-population locale des clients (donc ces 360 000 clients dans une ville). Ensuite, dans les Stratégies no. 2 et 3, je réduis la taille de mon portefeuille-clients en proportion inverse au prix : si le prix dans la Stratégie no. 2 est de 20% plus haut que celui de la stratégie no. 1, je réduis les 360 000 clients par 20%, donc je descends à 288 000 clients etc.

Point de vue dépense individuelle, ça a l’air gentil. Ces montants devraient rester dans le domaine des dépenses quasi-intuitives chez les clients, donc il devrait être facile de développer leur loyauté. En ce qui concerne la marge brute, le jeu différentiel des prix montre quatre marchés nationaux les plus attractifs, dans l’ordre : l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche. En tenant compte du nombre des communautés urbaines de grande taille, dans chacun des pays, l’Allemagne se présente comme LE marché à prendre.

 Tableau 2

  Dépense individuelle annuelle moyenne dans la fonctionnalité EneFin sous l’étude
Pays Stratégie no. 1 – Bas prix Stratégie no. 2 – prix moyen avec incitation additionnelle Stratégie no. 3 – prix élevé
Autriche  € 3,92  € 4,86  € 5,94
Suisse  € 3,95  € 4,62  € 5,64
République Tchèque  € 2,84  € 3,40  € 4,16
Allemagne  € 6,75  € 8,51  € 10,40
Espagne  € 4,59  € 5,59  € 6,83
Estonie  € 2,84  € 2,92  € 3,56
Finlande  € 3,11  € 3,89  € 4,75
France  € 3,65  € 4,13  € 5,05
Royaume Uni  € 4,19  € 4,37  € 5,35
Hollande  € 3,24  € 3,89  € 4,75
Norvège  € 3,24  € 4,13  € 5,05
Pologne  € 3,24  € 3,65  € 4,46
Portugal  € 4,73  € 5,59  € 6,83

 

Tableau 3

  Marge brute annuelle, dans un marché local (une ville typique) dans la fonctionnalité EneFin sous l’étude
Pays Stratégie no. 1 – Bas prix Stratégie no. 2 – prix moyen avec incitation additionnelle Stratégie no. 3 – prix élevé
Autriche  € 534 600,00  € 704 700,00  € 1 033 854,55
Suisse  € 424 907,24  € 569 002,18  € 846 404,57
République Tchèque  € 340 200,00  € 453 600,00  € 668 029,09
Allemagne  € 972 000,00  € 1 272 857,14  € 1 868 890,91
Espagne  € 583 200,00  € 774 313,04  € 1 137 240,00
Estonie  € 145 800,00  € 170 100,00  € 334 014,55
Finlande  € 437 400,00  € 574 425,00  € 842 989,09
France  € 340 200,00  € 454 552,94  € 691 887,27
Royaume Uni  € 243 000,00  € 297 600,00  € 540 785,45
Hollande  € 388 800,00  € 518 400,00  € 763 461,82
Norvège  € 486 000,00  € 632 752,94  € 930 469,09
Pologne  € 291 600,00  € 388 800,00  € 596 454,55
Portugal  € 534 600,00  € 714 913,04  € 1 057 712,73

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund(aussi accessible en version anglaise). Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon. Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

Complicated? Certainly, and this is not all

My editorial

I need to shake off a bit, regarding the business plan I am currently preparing for the EneFin project. The thing is supposed to be FinTech in the market of energy, with a special focus of promoting renewable energies and fitting into the technological and socio-economic environment of smart cities. As I was preparing my last update in French (see Une plantation des clients qui portent fruit), I became aware that I am entrenching myself in a frame of mind that one of my friends calls ‘the ferocious bulldog’. Those among you, my dear readers, who have been following my blogging for a while, know that I frequently use a metaphor about myself, namely that I am a combination of a happy bulldog, a curious ape, and an austere monk. The important thing about the bulldog, in that internal trinity of mine, is to keep it happy, and now, precisely, my internal bulldog is progressively getting unhappy, and this is when it becomes visible to my friends. My unhappy bulldog has just bitten so strongly in something (or someone) that it can hardly let go. ‘Hardly’ differs from ‘not at all’, and it means it is still possible to unclench my jaws and to get some distance. It is that or a crowbar forcing my mouth open. Distance is better. Crowbars taste iron. Disgusting.

This is the moment of getting some fresh perspective, whilst maintaining a gentle, possibly a graceful drift in the general direction I want to follow. One of the ways I can make my internal bulldog happy is talking to dead people. I mean, not to all of them, just to some. There is a guy I like talking to about the things of life, the name’s Jacques Savary. He used to be French, before he died, by the end of the 17thcentury. He used to be French in the fullness of what I like in the French: he did a bit of everything, probably could wield a dagger and a quill with equal dexterity, and he wrote an interesting book, “The Perfect Merchant”, published on the same year that d’Artagnan died. You can find the French original of the book with Gallica.fr. I documented a few conversations of mine with Master Savary on this blog (see Comes the time, comes the calm duke, Judges and Consuls, or  Quite abundant a walk of life). Now, I am reading, and translating on the go in English, what he wrote about the securitisation of contracts by the means of the so-called bills of exchange, or promissory notes.

He starts discussing the issue when I would start, i.e. at the origins. ‘It is one thousand years since we learnt what bills of exchange and promissory notes are, an invention which came from the Jews, who, chased away from France, during the reigns of Dagobert the 1st, Philippe Augustus, and Philippe the Long, in the years 640, 1181, and 1316, took refuge in Lombardy, and in order to retrieve money and other possessions that they left in France in their friends’ hands, necessity taught them to use letters and bills written in few words and containing little substance, as it is the case with letters and bills of exchange today addressed to their friends; and to that purpose they used the intermediary of travellers, pilgrims, and foreign merchants. This means allowed them to retrieve all their assets, but, as these people have mind infinitely what regards gain and profit, they paid attention to make themselves intelligent in the knowledge of the pure and the tarnish in currencies, so as not to mistake themselves at the evaluation and reduction of different alloys in coins, which was strongly variable at the time’.

The turn of phrase you could have just read is my personal translation. I made my best so as to keep the original spirit of the text, and, in the same time, make it intelligible. The linguistic niceties properly introduced, I can give that loaf of information to my internal bulldog, for economic analysis, just to see it happy. The passage mentions two distinct economic functions, somehow coinciding with the use of the bills of exchange: controlling distant assets, and setting the market price of capital goods.

Let’s move forward with Master Savary. A few paragraphs later, he writes: ‘The etymology of the word “letter of exchange” is easy to understand, for it means no other thing than changing the money that a Merchant has in one town, and giving it to another [Merchant], who has use for it, and who has no such sum in the town of his residence, where the letter has been drawn from. This exchange is equally advantageous to them both, for the one who will have money in a town without this commodity would have to have his money transported by messengers and carters, and the one who would have need it in the same town, for doing business, would have to have it carted from the place of his residence. Again, the word “change” comes from the fact that the interest, or profit, offered when drawing or offering letters of exchange is never the same: sometimes it is high, sometimes it is low, sometimes you lose on it, sometimes you gain, and sometimes it is just at par; it means that there is nothing to lose or to gain between the Changers: and so it is perpetual change, which is being encountered in the Commerce [done with] the letters of exchange’.

Language is intriguing. When we deconstruct the etymology of a word, we can find the function that it corresponds, too. Here, Master Savary explains us the etymology of ‘letter of exchange’, and, by the same occasion, unveils the social function behind. When some capital good, coined money in the case of Master Savary’s explanation, is pretty clumsy and costly to transport, homo sapiens invents ways to use just the information about said capital good. Information travels faster, cheaper, and less riskily than coined metal, so let’s use information as payment. Information has its price, too, and, in this case, the price of letters of exchange – thus their exchange value – was made as the local (i.e. in the given transaction) evaluation of how much exchangeable value I can acquire when accepting, as payment, a letter of exchange allowing to draw on that other gentleman’s metal money stored somewhere far (too far for transporting the money physically).

Thus, as soon as an acceptably stable legal system with acceptable reliable property rights emerged, that little idea emerged as well: what has the most bulk value are big things, hard to move around, like real estate, big stocks of metals, big stocks of food etc. They have value, those big things, but they have little velocity, so let’s give them a kick into more velocity by drawing more or less standardized legal deeds, embodying claims on parts of those big things.

If you read carefully Master Savary’s explanation, you will see that letters of exchange, which, centuries after their invention, turned into paper money, were initially options on the value of coined metal. I had money stored somewhere far from the place where I was currently doing business. I offered to other business people to pay them with letters of exchange, giving them claim on some amount of my far-stored money. Those business people weighed the practical value that having a claim on that money had, from their point of view, and proposed a price for those letters. It went (probably, more or less) like: ‘Good, so you want that cart of silk, and you want me to pay with a letter of exchange that gives me unconditional claim on your silver money, and let’s say – for the sake of convenience in those folks who will read it like in four hundred years from now – that silver money is 200 ducats. That money is stored 100 miles from here. I am pondering two things now. Firstly, I am going through the idea of going and physically claiming that money of yours. Secondly, I am thinking about, instead of doing the trip, to hand that letter of exchange over to another business person, who might be willing to go and claim the money, or to make the letter circulate further. I am anticipating both the for and against of claiming physically your money, and the odds that you letter of exchange will have any exchangeable value in itself. All in all, I propose you to buy this letter of exchange from you for the equivalent, in that silk you want to buy from me, of 200 ducats minus one fifth, thus 160 ducats’.

Complicated? Yes, certainly, and this is not all. There was another factor in the game of pricing the letters of exchange: the properties of the metal money they allowed claiming. Here, a little remark is due about the origins of coined money, and, by the same means, another deceased gentleman joins the conversation. Welcome Adam Smith. What Master Smith explained, in a book published 90 years after that by Master Savary, is that coined money emerged out of the necessity to evaluate the true value of metals used in exchanges. Copper, silver, and, less frequently, gold, were the main metal exchangeable, back in the days (many days). Somehow, people came to the idea that the purer is the metal offered in exchange, the more it is worth. The presence of other substances than silver, in your average pound of silver, decreased the exchange value of that pound of silver. I know, I know, from the today’s point of view it is not one hundred percent logical, yet it was what it was. People used small, portable scales to weigh the metal in exchange (this is where the scales held by Themis, the goddess of justice, comes from), but it was a bit slow to use. Besides, once the metal graded by weighing, the question of how precise was the weighing naturally came to the fore, possibly together with skilled labour force, equipped with tools proper for violence.

What the sovereigns (kings, princes, and whoever efficiently claimed to rule the land) came up with was the idea of minting. The local sovereign proposed the following deal to business people: ‘See, here I have that little facility, which I have just named “mint”. The people I employ at the mint will weigh your metal and grade it, and, in order to streamline the subsequent exchanges, will make into small pieces of standard weight each, with my royal/ducal/whatever-I-am-currently stamp on them. My minting stamp will guarantee the exchangeable value of your metal. Isn’t it a tremendous improvement? Oh, there is that tiny little detail: as minting will take off your shoulders the burden of (some) transaction costs, you pay me a fraction of the exchangeable value in the metal being minted. Deal?’.

In the Europe of the past, which, fault of a better word, we call ‘feudal’, there were many sovereigns, living in really complicated, hierarchical combinations. Most of them used to run their mints, whence the presence of many minting stamps in the market. Ducats were metal stamped with ducal minting stamps, for example. A duke was the highest in rank in the feudal hierarchy, regarding the control over precise territories. Kings and their royal families were technically above that hierarchy, but, as regards the claim on territories, kings made themselves into dukes, frequently. You can find a trace of that legal trick in the today’s royal families, whose members, whilst being kings, queens, princes or princesses, are dukes or duchesses of something as well.

That little conversation with two dead gentlemen, Master Savary and Master Smith, helps me to kind of ground my thoughts regarding EneFin, that FinTech project I am business planning. First of all, find something big, valuable and pretty fixed in one place. Big power plants, for one. Populations of consumers of energy, thus the geographical structures of human settlement, for two. Power grids, for three. Now, determine countable claims on those big fixtures. Next, figure out a legal way (a contractual pattern) to derive tradable deeds on the base of those claims. Once this done, think about the pattern(s) of pricing those deeds, and about making profits out of organizing exchange in them. Intuitively, the best FinTech business is to be found where uncertainty as for the market value is the greatest, and where a proper FinTech functionality can contribute to reduce uncertainty.

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund (and you can access the French versionas well). You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon pageand become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

Une plantation des clients qui portent fruit

Mon éditorial

J’enchaine sur ma dernière mise à jour en anglais (consultez : A first approach on the financial side) et je fais une première simulation des revenus du projet EneFin. Je profite de l’occasion pour piocher un peu dans les fondations légales aussi bien que mathématiques du pronostic des ventes dans ce projet. Je sais que dans ma mise à jour précédente en français (Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité) je me suis prononcé pour aller aussi droit au but que possible dans la préparation du business plan pour je projet EneFin, sans trop d’excursions dans la théorie. Toutefois, la pensée, ça a ses droits et ses rythmes. Ma pensée à moi, en ce moment précis, a besoin de comprendre à fond le fonctionnement de mon marché. C’est un exemple de spéculation intellectuelle à propos du comportement de mes clients. Exactement le genre de problème auquel un labo behavioriste, comme celui que je veux créer dans le cadre de mon projet BeFund, pourrait se mesurer.

Tout d’abord, je résume le concept EneFinde base que j’ai forgé jusqu’à maintenant. C’est une plateforme technologique type FinTech, où les fournisseurs d’énergie électrique aussi bien que ses consommateurs peuvent vendre et acheter deux types des contrats standardisés : les garanties de fourniture d’énergie dans l’avenir à un prix fixe, d’une part, et les garanties de paiement d’un montant monétaire fixe en échange de fourniture d’une quantité d’énergie fixe.

Il me vient à l’esprit qu’il serait utile de définir plus exactement le fournisseur d’énergie ainsi que ses clients. Intuitivement, je pense que cette fonctionnalité précise est dédiée surtout aux relations entre les consommateurs individuels d’énergie et leurs fournisseurs immédiats, donc soit des sociétés de distribution soit des opérateurs de relativement petites centrales électriques locales, par exemple des petites fermes à vent ou des turbines hydrauliques locales. Je veux dire que mon intuition me dit que cette fonctionnalité est faite pour le marché de détail marché de détailplus que pour le gros .

Je vais plus loin dans la description des clients. Un fournisseur détail d’énergie est une structure institutionnelle qui a des contrats long terme signés avec un certain nombre des consommateurs. En fait, ce qui m’intéresse dans un fournisseur, ce sont précisément ces contrats. Je les représente comme un ensemble CR = {cr1, cr2, …, crn}de ncontrats long-terme et cet ensemble CR est identique, du moins au départ, avec un autre ensemble, celui CO = {co1, co2, …, com}de mconsommateurs. Je dis « au départ » parce que la participation d’un fournisseurs, avec ses clients, à la plateforme EneFin, est liée à la titrisation des contrats long-terme (à propos de la titrisation en tant que telle, consultez Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité). Avec du temps passé sur la plateforme EneFin, le portefeuille des contrats long terme d’un fournisseur peut devenir distinct (non-identique) par rapport à l’ensemble des clients.

De toute façon, il y a ce fournisseur Fqui apporte avec lui l’ensemble CR = {cr1, cr2, …, crn}de ncontrats long-terme. Chaque contrat long-terme, pris séparément, représente deux séries chronologiques : celle des fournitures mensuelles d’énergie et celle des paiements anticipés de la part du consommateur. Si j’adopte le cycle mensuel, les deux séries représentent deux ensemble ordonnés (deux vecteurs ?) d’un même nombre d’éléments distincts. Je désigne ledit nombre comme « z » et ensuite je peux formellement écrire :

crt<=> (F = {f; f; …, fz}, PM = {pm; pm; … ; pmz})

(CR = {cr1, cr2, …, crn}) <=>(F = {f; f; …, fz*n}, PM = {pm; pm; … ; pmz*n})

Alors voilà que la notation mathématique a joué le rôle qu’elle est censée de jouer : elle m’a aidée à clarifier la situation. Un ensemble CRde ncontrats-client à long terme, avec un horizon temporel typique de zmois, équivaut à z*nfournitures mensuelles promises d’énergie ainsi qu’à z*nmensualités de paiement.

Le marketing d’EneFinexige donc que tout d’abord, un fournisseur d’énergie soit partant. Ensuite, avec son concours, le service EneFincontacte ses clients et leur propose de transformer les mensualités futures « » de fourniture d’énergie, ainsi que les paiements mensuels futurs « pm » en autant de titres échangeables et sujets à l’échange commercial. « Monsieur, Madame. Vous pouvez consentir à transformer les fournitures mensuelles promises d’électricité, de la part de votre fournisseur contractuel, en des titres échangeables. Tout fournisseur tierce partie pourra racheter ces titres de votre fournisseur contractuel présent et devenir ainsi votre fournisseur temporaire pour le mois correspondant au titre racheté. Si vous consentez à un tel schéma légal et financier, vous aurez un rabais de X% sur le prix d’électricité fournie. Vous pouvez aussi consentir à la circulation commerciale des créances futures que votre fournisseur contractuel aura vis à vis de vous, à titre des fournitures futures d’électricité. Ces créances futures deviendront des traites librement échangeables et conditionnelles sur votre consommation effective d’électricité. Si vous consentez à ce schéma légal et financier, vous aurez droit à Y% de rabais sur votre prix d’électricité. Votre consentement joint aux deux schémas proposés entrainera, bien sûr, un rabais combiné de (X+Y)%».

Est-ce que c’est compréhensible, à votre avis ? Je veux dire que, honnêtement, j’ai besoin de savoir si cette explication est intelligible. Si vous avez des remarques à ce propos, placez-les, SVP, comme commentaires sous cette mise à jour. Il y a ce principe très pragmatique dans la préparation d’un business plan : si vous êtes capable d’expliquer les conditions essentielles de votre business d’une façon intelligible, comme si vous présentiez une offre commerciale, vous en êtes probablement arrivé au stade de maturité dans la conceptualisation de votre entreprise ; sinon, faut revoir et réviser votre concept jusqu’une telle explication naisse.

Alors, maintenant, qu’est-ce que je vais dire au fournisseur d’électricité, pour le convaincre ? Voyons voir… « Monsieur, Madame. Vous pouvez soumettre votre portefeuille des contrats-clients à l’échange sur la plateforme EneFin. Sous condition d’obtenir le consentement de la part de vos clients, vous pourrez transformer leur demande contractuelle future en électricité en des titres échangeables et vous pourrez faire la même chose avec vos créances futures, conditionnelles sur la fourniture future d’électricité, vis à vis de ces clients. Vous serez capable de vendre aussi bien les titres de demande-clients que les créances-clients futures. Il y a deux façons essentielles de conduire cette titrisation. La première consiste à commercialiser les fournitures promises futures d’électricité ensemble avec les créances futures qui en résulteront, comme des contrats à terme du type « futures ». La deuxième façon implique une séparation légale entre la demande future promise par vos clients, d’une part, et les créances financières futures à titre de ces fournitures futures promises. Les deux pourront être vendues séparément. Si vous adhérez à ce système d’échange, vous gagnerez en liquidité ».

Encore une fois, j’aimerais bien que quelqu’un me dise est-ce que ça tient débout, cette argumentation ? SVP, si vous avez des remarques à ce propos, écrivez-les comme commentaires sous cette mise à jour. Moi, j’ai déjà une remarque à propos de ce que je viens d’écrire. Le fournisseur d’électricité peut exprimer le doute suivant : « Si je vends à un autre fournisseur les obligations contractuelles de mes contrats-client long terme, préalablement soumises à la titrisation, c’est comme si je cédais mon marché à un concurrent. Ça a l’air idiot ».

Une réponse s’impose. Tout d’abord, oui, cela peut vouloir dire céder le marché entre concurrents et c’est précisément l’une des fonctions financières d’EneFin. Une entreprise qui a des ressources significatives pour bâtir le réseau et acquérir des contrats-client à long terme fait précisément ça : elle fait ce à quoi elle excelle. Ensuite, à travers la plateforme EneFin, elle récupère le capital engagé dans cette opération de création de réseau et cède son exploitation courante à des entreprises dont le point fort est précisément d’exploiter des réseaux existants plutôt qu’investir dans leur développement.

Ça se défend, quoi qu’une autre question ouvre sa grande gueule (elles le font tout le temps, les questions) : dans la vie réelle et mis à part la colonisation de Mars, où est-ce qu’un fournisseur d’énergie peut trouver des marchés comme ça, où le développement du réseau peut être fonctionnellement séparé de l’exploitation courante dudit réseau ? Exemple no. 1 : une région rurale, où l’infrastructure physique est quelque peu décrépite. Faut changer les câbles, les poteaux, faudrait penser à conduire ces câbles sous terre plutôt que sur les poteaux, faut changer les transformateurs etc. En plus, il faut négocier ce changement avec la population locale, point de vue technique et financier. Tout cela fait et accompli, l’entreprise qui vient de le faire et accomplir peut adopter deux stratégies distinctes : exploiter ce territoire façon agriculturale, comme une plantation des clients qui portent fruit, ou bien vendre un marché ainsi préparé et modernisé à un concurrent. Exemple no. 2 : l’environnement d’une ville intelligente, où l’investissement dans l’infrastructure énergétique se fait dans un cycle rapide et où ladite infrastructure doit être flexible et adaptable aux changements technologiques adjacents (consultez Smart cities, or rummaging in the waste heap of culture). Même scénario : l’investissement initial en développement du réseau pourrait être séparé, point de vue business, de l’exploitation courante.

Passons à l’autre chose. Si, à travers la fonctionnalité EneFin dont je suis en train d’esquisser les contours, les fournisseurs d’énergie, avec le consentement de leurs clients, effectivement mettront en échange ces titres basés sur les contrats long terme, deux séquences d’évènements peuvent se déclencher. Premièrement, chaque titre peut être vendu une fois : fournisseur A vend le titre au fournisseur B et celui-ci exploite les obligations attachées. Deuxièmement, il peut y avoir tout une chaîne des transactions en ces titres avant que vienne le terme de leur exploitation. En conséquences, tout comme chez les classiques des sciences économiques, Marx inclus, deux valeurs peuvent s’attacher à ces titres : une valeur d’exploitation et une valeur d’échange. Cette dernière est plus abstraite que la première mais c’est comme ça que les systèmes monétaires étaient nés, il y a longtemps.

Si vous regardez un billet de €50, par exemple, ce billet est une obligation conditionnelle de la part de la Banque Centrale Européenne. Même si personne n’acceptera de vous ce billet comme paiement et même si aucune banque commerciale ne voudra l’échanger contre, par exemple, des dollars américains, la Banque Centrale Européenne s’engage à l’accepter de vous et l’échanger contre… un autre billet de €50, ou bien deux billets de €20 et un billet de €10. Fou ? Peut-être, mais c’est comme ça que les systèmes monétaires fonctionnent et c’est la différence entre un marché financier en général et un système monétaire strictement dit. Dans ce dernier, les titres mis en circulation ont de la valeur d’échange seulement parce que et aussi longtemps qu’ils sont maintenus en circulation grâce à la garantie d’une institution financière.

Question : sous quelles conditions, comment et à quoi bon la plateforme EneFin pourrait-elle devenir un système monétaire ? Faut que j’y pense.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund(aussi accessible en version anglaise). Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement,à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon. Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

A first approach on the financial side

My editorial

Here is the deal: I officially authorise my provider of electricity to transfer on third parties the nominal value of my future liabilities resulting from the contract of energy supply. The transfer can be done in the form of IOUs, or promissory notes. In exchange of such an authorisation I get a discount on the price of electricity. I get a lower price, and my provider gains more liquidity as they can cash now my future liabilities to them. I mean, this is the deal I could possibly make at the exchange platform I am just inventing for my project EneFin, i.e. a FinTech functionality for the market of energy.

As I am working on the EneFin project, I have become aware how important legal analysis is. I started doing it, step by step, in my last update in French (seeLes marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité). The deal I began this update with can be technically presented as present discounting of a future expected stream of payments. I (and you too, by the way) have a very predictable consumption of electricity. Most of us are highly predictable as for how many kilowatt hours we will consume, monthly, over like the next two years or even more. In many cases – as a matter of fact in most cases, I think – the electricity bill we pay monthly corresponds to a smoothed prediction of our future consumption of energy, priced according to the contract we have signed with the provider, rather than to our real, actual consumption of kilowatt hours over the last 30 days.

To my provider of electricity, the contract they have signed with me, together with such a smoothed prediction of my consumption, represent a chunk of liquid capital, to be cashed progressively over time, by instalments. What if my provider wanted to cash this capital right now? What if other providers, for example those who want additional liquidity in the future and have more than enough liquidity today, thank you very much, we have all the cash we need now, wanted to by that future liquidity from my current provider?

Whatifs, which are the neologism I invented to name the outcomes of ‘what if…?’ questions, have their contribution to the development of science. Most breakthrough experiments in science start with a whatif. In the preceding paragraph, I named two whatifs, and it is an intellectual duty on my part to study them. I quickly sketch two markets: that of the strictly spoken household consumption of electricity, and a second one, made of electricity consumed in transport if, hypothetically, all transport went electric. Hence, I have one actually existing market (households) and another one a bit futuristic.

Now, in those two markets, I imagine a FinTech utility, in the framework of my EneFinproject, where both the suppliers and the users of electricity can auction their future. Suppliers auction their future capacity (this is already being done on a routine basis), and users auction their future liquidity regarding energy bills (this is precisely the novelty with EneFin). I have that intellectual habit, when I come up with a business idea, to test it very quickly on any empirical data available. Here, I want to have some idea about their size and value. I start with getting data about individual consumption of energy. I turn to the World Bank and I download their data about energy use (kg of oil equivalent per capita), as well as indicative information about the structure of final consumption in energy, by the European Environment Agency, and, finally some data about electricity prices, by Eurostat. To all that, I add a pinch of data about population, by country, as provided by the World Bank.

I have my ingredients in front of me, and I start cooking. There is that thing about me and cooking: as a true scientist, I never know exactly what the final outcome will be. Some people complain, but you know what? Some people always complain. Anyway, I am cooking and here comes the first dish: an estimation of my two markets in a few European countries, presented in tables 1 – 3, further below. Consult this data at your pleasure and leisure, and I am developing on the business model. I assume that the auctioning I plan has any point if the participants can derive any substantial utility from it. The utility for suppliers is that of acquiring future liquidity, under two forms. Selling future electrical capacity assures them smooth sales in said future, and buying the users’ future liquidity gives them smooth financing of those future sales.

Now, it is important to understand what ‘smooth’ means regarding financial goods. It means ‘freely tradable’. In order to make future capacity in suppliers, and future liquidity in customers freely tradable, you need to have them securitized. No, it doesn’t hurt. I mean, it shouldn’t if done properly. Securitizing an obligatory contract means that individual claims are being singled out of that contract, and transformed into tradable deeds, like notes or tokens of cryptocurrency. The utility of securitizing, thus of making claims freely tradable, is in the fact that once securitized, those claims become abstract carriers of value, detached from causal links to their initial socio-economic context. That detachment has a legal side. In most legal systems, you can find an institution called ‘transfer of claims’. If you have a claim on me, e.g. to be paid $200 for something, you can transfer that claim on a third party, upon giving me proper notice, and I can transfer my liability, vis à vis you, to a third party, upon giving you notice and receiving explicit consent from your part.

Transfer of claims is possible, but in practical terms it is quite burdensome. Once we enter into the maze of questions like ‘Was the notice of transfer sufficiently clear and effective to assume that the addressee of the notice really knew what they are doing?’, it is not soon that we will see light at the end of the tunnel. On the other hand, once we securitize a claim, it can be traded (thus, de facto, claims can be transferred) without the whole ‘notice-and-consent’ circus.

When we securitize claims and make them tradable, the primary and essential function is precisely this: making those claims tradable, i.e. liquid. We cannot say anything a priori about the resulting economic equilibrium, or the lack thereof, just as we cannot preclude on justice and fairness, or, once again, the lack thereof, in the corresponding markets and contracts. Securitization gives higher liquidity to contractual claims, which, in turn, makes it easier to come and go in and out of deals at lower a risk. In that sense, securitization can reduce transaction costs, as long as it does not create its own, excessive risk. That’s the tricky question about options, for example. Technically, trading options on the price of a security should allow you to hedge the risk incurred in trading that security properly spoken. Still, prices of options tend to swing much wider than the prices of their base instruments, and you have more risk instead of less risk.

Thus, when, in my EneFinidea, suppliers auction their future capacity, and users auction their future liquidity, it is supposed to give additional liquidity to the market of energy, thus to reduce transaction costs. I haven’t the faintest idea if it is going to make a better market, whatever the denotation of ‘better’ could be, but it is likely to produce faster change in the market. This is what financial markets are for: facilitating change.

On the grounds of the three cases I studied for as business models– Square Inc., FinTech Group AGand Katipult – I think that the Katipult-like pattern looks the most workable on the suppliers’ side of the market. It implies the creation of a Blockchain-based transactional universe, where participants buy their initial software licence and then pay a monthly fee for staying in the game. It can be combined with marketing a FinTech technology designed for other platforms. On the demand side, i.e. that of electricity consumers, I think it is unrealistic to expect them paying for accessing the transactional platform, thus the price the consumers can pay to EneFin is a transactional margin.

I can make a first outline of revenues in the EneFin project by now: Revenue (EneFin) = Access fee to the transactional platform (Energy suppliers) + Monthly fee (Energy suppliers) + Gross margin on transactions (Future liquidity in consumers). Now, I take the estimate of annual household consumption of electricity, from Table 3, further below. I take two cases: Poland and France, thus, respectively, € 28 548 329 421,59 and € 84 037 923 404,69. To simplify: Poland – €28,5 million and France – €84 million. I assume that any economic agent can increase their liquidity by simply borrowing money from a bank. Further down this path of thinking comes the idea that EneFin’sfees should be lower than the real interest rate, which is like 7% a year for households, and using EneFinin order to assure liquidity should stay competitive in comparison to borrowing. I make the average fee of EneFinlike 3,5% on the typical transaction. That makes a potential market for EneFin, in this particular segment (electricity bills for households) worth a total of 3,5%*€ 28 548 329 421,59 =  € 999 191 529,76 in Poland and 3,5%*€ 84 037 923 404,69 =  € 2 941 327 319,16 in France.

Good, I have a first approach on the financial side. From this point on, the challenge consists in tracing a realistic path of development inside those markets.

As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund(and you can access the French versionas well).

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon pageand become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

Table 1

Country  Current consumption of energy, 2015, in kg of oil equivalent per capita Current consumption of energy, 2015, in kWh Estimated household use, kWh Estimated use in transport (hypothesis of 100% electric transport)
Austria  3 804,49  44 246,27  7 654,60  9 512,95
Switzerland  2 960,07  34 425,65  5 955,64  7 401,52
Czech Republic  3 860,00  44 891,83  7 766,29  9 651,74
Germany  3 817,55  44 398,10  7 680,87  9 545,59
Spain  2 571,34  29 904,70  5 173,51  6 429,51
Estonia  4 173,33  48 535,79  8 396,69  10 435,19
Finland  5 924,70  68 904,26  11 920,44  14 814,42
France  3 687,82  42 889,32  7 419,85  9 221,20
United Kingdom  2 763,98  32 145,09  5 561,10  6 911,19
Netherlands  4 233,04  49 230,30  8 516,84  10 584,51
Norway  5 815,81  67 637,84  11 701,35  14 542,14
Poland  2 490,21  28 961,10  5 010,27  6 226,64
Portugal  2 131,68  24 791,46  4 288,92  5 330,16

 

Table 2

Country Price of electricity for households, € per kWh Non-household price of electricity, € per kWh Estimated value of household electricity market per capita Estimated value of transport electricity market per capita
Austria € 0,20 € 0,09 € 1 530,92 € 856,17
Switzerland € 0,19 € 0,10 € 1 131,57 € 759,18
Czech Republic € 0,14 € 0,07 € 1 087,28 € 675,62
Germany € 0,35 € 0,15 € 2 688,30 € 1 431,84
Spain € 0,23 € 0,11 € 1 189,91 € 707,25
Estonia € 0,12 € 0,09 € 1 007,60 € 939,17
Finland € 0,16 € 0,07 € 1 907,27 € 1 037,01
France € 0,17 € 0,10 € 1 261,37 € 922,12
United Kingdom € 0,18 € 0,13 € 1 001,00 € 898,46
Netherlands € 0,16 € 0,08 € 1 362,69 € 846,76
Norway € 0,17 € 0,07 € 1 989,23 € 1 017,95
Poland € 0,15 € 0,09 € 751,54 € 560,40
Portugal € 0,23 € 0,12 € 986,45 € 639,62

 

Table 3

Country Population Estimated aggregate value of household electricity market Estimated aggregate value of transport electricity market
Austria 8 633 169 € 13 216 699 535,91 € 7 391 420 116,18
Switzerland 8 282 396 € 9 372 121 038,65 € 6 287 807 395,97
Czech Republic 10 546 059 € 11 466 521 464,97 € 7 125 150 621,30
Germany 81 686 611 € 219 598 519 581,44 € 116 962 052 130,50
Spain 46 447 697 € 55 268 478 324,52 € 32 849 950 047,12
Estonia 1 315 407 € 1 325 407 989,57 € 1 235 387 504,73
Finland 5 479 531 € 10 450 945 006,44 € 5 682 323 784,21
France 66 624 068 € 84 037 923 404,69 € 61 435 408 133,32
United Kingdom 65 128 861 € 65 193 862 378,91 € 58 515 364 595,07
Netherlands 16 939 923 € 23 083 943 387,14 € 14 344 068 867,73
Norway 5 188 607 € 10 321 326 740,48 € 5 281 739 797,49
Poland 37 986 412 € 28 548 329 421,59 € 21 287 482 632,28
Portugal 10 358 076 € 10 217 746 935,20 € 6 625 229 226,64

 

Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité

Mon éditorial

J’avance dans la préparation du business plan pour l’entreprise FinTech que je viens de dénommer EneFin(consultez A project name has come to my mind: EneFin). J’avoue que j’hésite entre deux sentiers d’écriture de ce business plan. Le sentier rapide consiste à rétrécir aussi vite que possible le champ conceptuel, donc de formuler aussi vite l’idée de base, pour avancer dans son opérationnalisation. Le sentier lent serait plutôt de discuter exhaustivement plusieurs idées, genre plus scientifique. J’hésite car je veux que mon blog ait des valeurs éducatives pour les adeptes des sciences sociales, tout comme pour les sceptiques desdites sciences.

Je récapitule : dans la mesure où je veux éduquer en sciences sociales à travers la préparation d’un business plan, l’essentiel est de montrer comment bien faire un business plan. Dans ce cas, « bien » veut dire, entre autres, d’explorer à fond une idée d’entreprise comme elle fait surface. Je me dis que si je passe en revue toute la science possible à chaque fois qu’une telle idée émerge, j’explore mon propre savoir plutôt que l’idée en question. Alors, je décide : je choisis le sentier court. Voilà l’idée qui vient de venir à moi : EneFinservirait à organiser un marché financier pour mettre en contact les fournisseurs d’énergies renouvelables, les fournisseurs des technologies pour la production d’énergies renouvelables, les distributeurs et les consommateurs.

L’idée de départ consiste précisément à organiser le marché et c’est à cette fin que doit servir EneFin. Je concrétise. Lorsque nous signons un contrat de fourniture d’électricité, le fournisseur s’engage de mettre à notre disposition une certaine capacité en kilowatts pendant un certain temps, par exemple pendant 2 ans. Dans le marché de l’énergie, une année c’est 8760 heures (8784 pour des années bissextiles). Du point de vue d’un fournisseur d’électricité, le contrat qu’il a signé avec nous se traduit comme un engagement à fournir 8760 * capacité garantie = X kilowatt heures sur une année.

Maintenant, ce que je peux faire avec un contrat long-terme de ce type, entre autres, est sa titrisation : je transforme les obligations contractuelles en un ensemble de petites unités dont chacune reflète la structure du contrat entier et en même temps peut être sujette à un échange indépendant. Pas clair ? Je comprends. Disons que ma consommation annuelle d’électricité c’est 34 890 kWh par an, ce qui fait, en moyenne, 2 907,5 kWh par mois et c’est la base de la facture mensuelle que je paie. Maintenant ce que font plusieurs fournisseurs d’électricité, parmi eux Tauron polonais dont je suis client, est de prédire ma consommation sur 6 mois, sur la base de ma consommation passée, et de générer une série de 6 factures mensuelles, payables l’une après l’autre, chacune de même montant.

Point de vue mathématique économique, ce que fait mon fournisseur s’appelle lissage de consommation future. Mon fournisseur, Tauron, m’envoie une facture de €50, payable pour le mois de juin, avec un terme de paiement le 5 juillet. Cela veut dire une obligation mutuelle : moi, en acceptant la facture je m’engage à payer €50 jusqu’au 5 juillet et Tauron s’engage à me fournir, durant le mois de juin, la quantité d’électricité qui correspond à ces €50 au prix convenu dans le contrat long-terme.

Cette facture pour le mois de juin est donc un contrat obligataire et en tant que tel peut être décomposée en des obligations composantes du contrat, qui sont :

>> l’obligation du client : celle de payer €50 pour le bénéfice de Tauron, pas plus tard que le 5 juillet

>> l’obligation de la part de Tauron : fournir X kilowatt heures d’électricité durant le mois de juin ; avec à peu près 0,10€ par kWh en moyenne, cela fait X = €50/€0,10 = 500 kWh

Chacune de ces deux obligations composantes possède une valeur économique, c’est-à-dire elle correspond à une certaine utilité et cette utilité peut être valorisée sur le marché correspondant, donc d’avoir un prix de marché. L’utilité contenue dans l’obligation du client est la quasi-certitude que ce client paiera €50 pas plus tard que le 5 juillet. Je peux maintenant détacher cette obligation du reste du contrat et en faire une créance de €50, à mon dépens, abstraite de tout contexte contractuel. Je peux donc transformer cette obligation en ce qu’on appelle une traite ou un billet de change.

L’obligation du fournisseur est plus complexe. D’une part c’est une obligation matérielle de fournir les 500 kWh sur le mois de juin et d’autre part c’est une obligation financière de les fournir à un prix unitaire de €0,10 durant le même mois. L’utilité économique de la première est celle d’avoir accès garanti aux 500 kWh pendant la période correspondante, pendant que la seconde offre l’utilité économique de prix garanti fixe. L’obligation du fournisseur est donc divisible en une utilité matérielle et une utilité financière. En principe, les deux obligations peuvent être abstraites du contexte contractuel long-terme et transformées en des créances commerciales.

C’est ainsi que, mine de rien, ma petite facture mensuelle d’électricité peut se transformer en trois créances abstraites : a) une traite de €50 payable par le client b) une garantie d’accès physique à 500 kilowatt heures d’électricité durant le mois de juin c) une garantie de prix €0,10 par kilowatt heure dans la fourniture de 500 kWh durant le mois de juin. Pour que le processus de titrisation soit complet, ces créances doivent être liquides, c’est-à-dire il doit être possible de les faire circuler par le moyen de vente et achat.

Quant à la traite de €50, mon fournisseur, Tauron, théoriquement peut la vendre tout de suite à une tierce partie, seulement ça ne se fait pas, en général. Les coutumes commerciales sont telles qu’une obligation client ça se cède sous forme de traite seulement lorsque ledit client est en défaut de paiement ou bien un tel défaut est hautement probable. Tant que je paie bien gentiment mes factures courantes, mon fournisseur peut vendre mon obligation future seulement avec mon consentement explicite. Ça s’appelle alors une cession.

Alors, si ma fonctionnalité EneFinaurait dans son cadre un marché en créances financières de la part des fournisseurs, ça pourrait prendre la forme de deux ensembles des traites issues des factures d’électricité : le premier contient des traites issues des factures en défautde paiement et le deuxième couvre les traites issues par la suite d’un consentement des clients en situation régulière. Le premier est un marché classique de la dette, pendant que le deuxième crée des possibilités intéressantes pour les nouveaux fournisseurs. Ceux-ci peuvent carrément racheter, des mains des fournisseurs établis, le pouvoir d’achat des consommateurs. Ceci crée de la liquidité nouvelle dans le marché.

En parallèle, il y a un autre marché(ensemble), celui des garanties de fourniture physique d’électricité(c’est cette partie matérielle de l’obligation fournisseur). C’est le marché de l’énergie strictement dite. Bien sûr, ce marché spécifique fonctionne seulement en couplage avec un réseau intelligent de distribution d’énergie. Si je vends à quelqu’un la garantie d’accès mensuel à 500 kWh, cette personne doit être capable de réaliser cette créance, donc de demander au fournisseur de transférer réellement et physiquement ces 500 kWh sur leur compteur. Cette fonctionnalité particulière de mon projet EneFinserait donc associée, en principe, avec des réseaux intelligents.

Quoi que, quand j’y pense… Il se peut que l’intelligence (du réseau) soit moins impérative que ça en a l’air. Je pense à cette idée développée par les gars de chez WePower : les développeurs d’installations basées sur les énergies renouvelables peuvent vendre de l’énergie future de leurs installations en voie de construction et de cette façon se donner de la liquidité. En fait, c’est un truc utilisé depuis des siècles dans l’agriculture : lorsqu’on produit quelque chose qui prend beaucoup de temps à croître, on peut vendre aujourd’hui le droit d’acquérir le produit futur. De nos jours, ça marche à merveille dans le marché du café, par exemple. Lorsque vous avez assez de liquide pour acheter les grains de café qui viendront avec la récolte prochaine (dans six mois) et non pas la récolte présente, vous pouvez économiser jusqu’à 40% sur le prix de négoce, par exemple à la bourse de San Francisco.

Alors, pour revenir du café à San Francisco vers le sujet de base, il est possible d’organiser un marché des garanties de fourniture physique de l’énergie future. « Future » peut vouloir dire tout un tas de choses : en commençant par dans les sept mois jusqu’à des délais mesurés en années entières. Le marché en question devrait donner, par son fonctionnement-même, la réponse précise à la question quelle peut être la dimension pratique de l’énergie future.

En ce qui concerne le fonctionnement de ce marché, il y a relativement le plus de ressources accessibles. Ici, je présente juste une revue rapide. Alors, vous avec ce qu’écrit la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) au sujet du marché de détail en électricitéainsi qu’en ce qui concerne le marché de gros . Il y a aussi des trucs intéressants sur le site d’une organisation surnommée ENGIEainsi que chez Epex Spot.  J’ai aussi ramassé quelques articles de l’Internet. Vous avez donc une analyse d’appréciation dynamique dans le marché de l’énergie, par Ahmad Faruqui, Ryan Hledik, et John Tsoukalis. J’ai aussi trouvé un article intéressant sur les concepts de base dans l’analyse économique des réseaux intelligents de distribution d’énergie, par Wolfgang Ketter, John Collins, et Carsten Block.

Eh bien voilà que j’en viens au dernier marché possible à développer à partir d’une facture d’électricité : celui des garanties de prix fixe par 1 kWh. Les garanties de ce type ont leur nom dans la finance : ce sont des options. Le quatrième marché est donc celui des options sur le prix d’électricité. Ainsi, le premier morceau de mon projet EneFinprend un peu de forme et c’est la forme de trois marchés : a) celui des créances financières, celles en défaut ainsi des futures, de la part des fournisseurs b) celui de l’énergie strictement dite, donc le marché des garanties de fourniture physique et finalement c) le marché d’options sur le prix d’électricité.

Bon, maintenant la question s’impose : comment organiser un business FinTech dans ces trois marchés. J’ai deux modèles d’entreprise(consultez Plus ou moins les facteurs associéspour plus de détails). Le premier est le commerce ou le courtage en titres, à travers une utilité FinTech propre. C’est le modèle appliqué chez Square Inc.. Il semble que ça donne l’opportunité de croissance rapide en termes de chiffre d’affaires et de capitalisation, mais la rentabilité reste problématique. Le deuxième est le développement et la fourniture de la plateforme technologique-même pour organiser les transactions : c’est le modèle que j’avais observé chez FinTech Group AGainsi que chez Katipult. Au départ, j’assume que les deux modèles sont viables, d’une façon ou d’une autre et j’imagine trois sources de marge brute pour le projet EneFin :

>> la marge transactionnelledu commerce/courtage en créances, garanties de fourniture et options sur le prix

>> les paiements du type « abonnement »à titre d’accès des clients à une plateforme technologique d’échange propre d’EneFin

>> la marge brute sur le développement et l’exploitation conjointed’une telle plateforme technologique avec une organisation déjà établie dans le marché

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund(aussi accessible en version anglaise). Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon. Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

A project name has come to my mind: EneFin

My editorial

And so I have made a choice. In my last update in French (Plus ou moins les facteurs associés) I finally decided what I want this FinTech business plan to be about. I want it to be about FinTech in the market of energy, and that FinTech should serve to promote renewable energies, possibly in the environment of smart cities. One decision drags others behind it, and so it is happening this time. I have an idea for further scientific research. A title has come to my mind: ‘Fiscalization or monetization of energy?’. I mean, what can governments do in the market of energy, with their budgets vs. the things that monetary systems can change? I have just connected two more dots in my scientific memory. In my book, entitled Capitalism and Political Power, I presented a curious correlation I had found out, namely that between the total amount of political power in the political system, on the one hand, and the amount of capital controlled by said system, on the other hand.

Long story short: the amount of political power can be measured as the number of distinct entities, in the political systems, who can effectively wield a veto against a new policy. The more veto players in the same system, the more political power the system contains. There is even a whole methodology to assess political systems in that line of logic: it is called The Database of Political Institutions (DPI). I used that database to test a simple intuition: each veto player needs control over some capital in order to be actually able to wield his veto power, and so the more veto players, the more capital they need, in total, to play their vetos. My intuition turned out to be correct: I found strong correlation between the metrics used in DPI and the amount of capital held by the public sector in the form of liquid financial assets deducible from the gross public debt. You take one official, fiscal aggregate, namely gross public debt. Then you take another one, called net public debt. You subtract the latter from the former and Bob’s your uncle: you have the residual difference, i.e. the financial assets possible to interpret as claims on the rest of the world. The amount of those claims in the balance sheet of public debt is strongly and positively correlated with the amount of political power in the veto players of the given system.

This is just part of the story. I know, it should have been short a story, but what can I do: I am a scientist. I love telling people things I think they don’t know and I think I know. What? That’s the same as gossiping? Nonsense. Gossiping has much broader an audience than science. This is the difference: science means I tell people things I think I know and I think they don’t know and don’t want to listen to. Anyway, my story is a bit longer than just a short story. Both my research and the one to find in the World Bank’s ‘World Development Report 2017 : Governance and the Law’ suggest that governments are sort of shrinking, across the world and over time. There are less and less real veto players in political systems, more and more facade democracy, and, in economic terms, less and less hold of fiscal policies over the available capital balances in the private sector. Still, in the background, there is another story going on. Monetary systems swell, and I am talking just about the so-called fiat money (i.e. the money blessed by central banks, so as it goes and breeds happily).

So, there is my new thinking. Governments can promote the transition towards renewable energies in two ways: fiscal or monetary. In the fiscal approach, governments take taxes in one hand, subsidies in the other hand, and they can directly meddle inside the energy sector. In the monetary approach, governments basically act so as to make the monetary system as liquid and flexible as possible and then they let the money do the thinking. The scientific work that I am taking on is focused on studying the modalities, opportunities and threats correlated with each of these directions. The business plan I am starting to write is about developing a FinTech project, which, whilst being workable and profitable, will contribute to promoting renewable energies.

By the way, I have just come up with a working name for this project: EneFin.

After the study of three cases – Square Inc., FinTech Group AG and Katipult  – my internal curious ape suggests me to develop four lines of business in EneFin: trade in purchasing power, organisation of payment services, trade in the equity of energy companies, and, finally, trade in their corporate debt. I am going to study each of these four in terms of its economics, legal regime and technology. Trade in purchasing power is probably the closest to my once-much-honed concept of the Wasun (see, for example, Taking refuge during the reign and my other posts from late spring, and summer 2017) and I start with this one. The basic idea is to buy, from the providers of electricity, standardized deeds of purchasing power, like coupons for electricity, and to buy them at a wholesale price, in order to resell them at a retail price. The most elementary economics of the thing begin with the definition of 6 sets: power installations, grid operators, output of energy, deeds of purchasing power, resellers of deeds, consumers of electricity.

The set PR = {pr1, pr2, …, prn} of n power installations encompasses anything able to generate electricity, ranging from household-scale local installations all the way up to big power plants.  This set is immediately, functionally, and imperfectly connected to the set GR = {gr1, gr2, …, gro} of o grid operators, i.e. the resellers of energy. Note that functional connection between the sets PR and GR largely depends on the regulatory regime in force. If the law allows each power installation to sell directly its power, any t-th element in the PR set can become identical an element in the GR set. As the law imposes limitations on direct sales of electricity, the GR set becomes more rigid in its size and structure.

Both the PR, and the GR set are functionally connected to the set of output, or Q, made of m kilowatt hours; Q = {kWh1, kWh2, …, kWhm}. Note two things about m. Firstly, m is a compound value: it is the arithmetical product of a constant number of hours in the year (basically 24*365 = 8760, 8784 in an odd year), on the one hand, and the total capacity of kilowatts available. Secondly, m is really big, and as all big sets, it gains greatly in its overall workability when split into smaller, local subsets. By the way, as I look at that Q, I realize how much fun I will provide my French readers with, when taking on the topic in my updates written in French. Who speaks French knows what I am talking about. Still, Q is the sacro-saint symbol of quantity in economics, so let there be fun when fun is possible.

The Q set is, in turn, connected to a set of deeds in purchasing power. I call this set D (I know, not very original, plainly reproduces the initial of ‘deeds’, but I just want to get on with the thing), and I assume it is composed of l deeds, and so I have D = {d1, d2, …, dl}. Those deeds can have various forms. They can be like purchasing coupons, or they could be fancily made into a cryptocurrency. They can be futures contracts as well, and even options, if you are really keen on financial engineering. Sorting out this aspect is a separate chapter in my work, still one guiding light shines in the darkness, and this is not a train coming from the opposite direction: FinTech is supposed to minimize transaction costs.

Question: which legal form(s) of purchasing deeds for electricity allow(s) the lowest transaction costs? Options, tokens of cryptocurrency etc.? Answer: the one which combines the lowest uncertainty as for its price with the best shielding against opportunistic behaviour in other market participants, as well as with the greatest liquidity in the assets. I know, this answer looks more like another question and this is not exactly the way actual answers should look like. What do you want, I am a gentleman of a certain age, like half a century, and I advance forward with the due gravitas.

Question: what is the exact relationship between Q and D, thus between their respective sizes m and l? Answer: it depends. It depends on the overall liquidity of the market, i.e. on the capacity of your average kilowatt hour in the Q to be assigned a sibling deed D. It is exactly like humans: you can be an only child, you can have one twin sibling, or you can have a lot of brothers, sisters and cousins. A given kilowatt hour in the Q can be an only child, i.e. not to have any corresponding, tradable deed in the D. If at least some kilowatt hours in the Q are such lonely wolves, this is the case of low, de facto inexistent liquidity in the Q, and l < m. If I ramp it up like by one level, and I give each kilowatt hour in the Q one corresponding, twin deed of purchasing power, like one token of a cryptocurrency, in the D, I have l = m and my Q is sort of liquid.

We can ramp it up even further, and give each kilowatt hour in the Q many siblings in the D, like a futures contract, which can be the base security for an option, and both can become tokenized in a Blockchained network of cryptocurrency. On the top of that, you can add a tradable insurance as for the available capacity in each given kWh, i.e. insurance claimable in case you don’t actually have your kilowatt hour in the time and place you can expect it with the purchasing deed you hold. Insane? Perhaps, but this is how financial markets have been working since there is historical record of how they work. Anyway, in such case, the Q becomes hyper-liquid, and l(D) is waaay bigger than m(Q) (the triple ‘a’ in ‘waaay’ is an emphatic way to show how big the way is).

Four sets out of six laid nicely on the table, there are two more. So, the resellers’ set, or R = {r1, r2, …, rk} handles the whole purchasing deeds business. The elements of R move around the elements of D. The R set is there, in my line of thinking, as a formal approach to competition in the business planned for EneFin. My EneFin project would belong to R, and, let’s face it: there are and will be others in the set. As a matter of fact, when I sign a contract for electricity with my local provider (mine is Tauron, one of the big Polish distributors of electricity), the company actually acts as a reseller of purchasing deeds, to a large extent. They sign a contract of their own with power plants, and they commit to buy a certain amount of kWh (although at this scale, we are rather talking about gigawatt hours), and this commitment is largely a ‘use-it-and-resell-it-anyway-pay-for-it’ type. The R set is largely overlapping with the GR set (that of grid operators). The EneFin business, to the extent that it goes into trading those purchasing deeds for the market of electricity, will enter both into competition and cooperation with the resellers of energy.

Finally, the set of consumers, or end-users of electricity: CN = {cn1, cn2, …, cnz}. Right, now, what about those sets? Why have I just defined them? It is coming back, just wait a minute. I know! I remember now! I want to translate the business concept of EneFin into a functional description of the accompanying digital technology. Thinking in terms of sets helps in that respect. So, out of those 6 sets, EneFin would operate most of all the D = {d1, d2, …, dl} set of purchasing deeds. That would be the core dataset of the whole system. Each t-th d in the D will have a vector of characteristics, and the most important among them are: the hour of the year (i.e. one of the 8760 in even years and 8784 in odd years), the point(s) of supply that accept the given deed as payment, the amount of energy assigned to the deed. I basically thought about making the last one constant and equal to 1 kWh.

Now, a short explanation as for the notion of the ‘point of supply’. Electricity is distributed in a complex network. The part of network which just channels power to its end users is commonly designated as ‘the grid’. Inside the grid sensu largo, we can distinguish the high-voltage grid of distribution, which connects to local grids of supply, which, in turn, operate in medium-voltage and low-voltage. The grids of supply attach to the end users via the points of supply. Simplifying the thing a bit, every electric counter is a point of supply. Each such final point of supply is functionally connected, and mechanically wired, to its nearest converter in the grid. I would like the EneFin purchasing deeds to be valid means of payment at every point of supply in the given national power grid. That would be one of the characteristics of nearly-perfect liquidity in those purchasing deeds. Still, the market of electricity is largely feudal: it is full of imperfectly monopolistic contracts, which bind the end-users to their distributors by the means of fixed-term contracts endowed with very heavy contractual penalties for premature termination. How would those local feuds of the energy market see those purchasing deeds I want my EneFin project to trade? Good question. I don’t know the answer.

I have a general thought to share, sort of a punchline in my today’s update. Last spring and summer, when I was coining up the concept of the Wasun, or cryptocurrency attached to the market of renewable energies, I was struggling. I had the impression to bang my head against a brick wall, in intellectual terms. Now, working on that EneFin project seems easy, and now, I know why: last year I had been trying to invent something economically perfect and now, I am putting together the concept of a financial product, which, in turn, has an opportunity to pitch something really sound. This is one of those deep understandings I developed over the last year: financial markets, FinTech included, are like an endocrine system, where each financial product is like a hormone. The bottom line in finance is to create something that works. As long as it works, it gives a chance to channel human effort into something new and maybe useful.

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon page and become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

Plus ou moins les facteurs associés

Mon éditorial

J’ai bien pris un peu d’élan dans la préparation de ce prochain business plan pour du FinTech. Je commence à sentir le terrain autour de moi. J’avance toujours à tâtons, mais ce sont des tâtons de mieux en mieux informés et ces tâtons à moi, ils m’ont conduit dans un volet particulier du FinTech que je définis pour moi-même comme « plateformes transactionnelles ». L’idée de base est simple : j’achète des titres d’achat, à un prix de gros, pour les revendre ensuite aux enchères à un prix de détail comme des coupons promotionnels. Le prix de détail, il devrait me donner une marge brute et en même temps il devrait offrir une occasion aux acheteurs. Initialement, je pensais à une marge transactionnelle comme 4%, mais l’étude du cas Square Inc., une grande société américaine de FinTech, m’a suggéré que c’est soit une marge dans les 50 – 60% soit carrément une perte.

Je vérifie le cas Square Inc. côté bilan et je vois essentiellement ce que je m’attendais à voir : les actifs plus ou moins équivalents en valeur à la somme des revenus, et ce sont des actifs faits surtout des titres liquides. Les créances commerciales ont la part de lion dans tout ça, avec aussi in montant substantiel en des investissements financiers long-terme. Côte capital, donc, Square Inc. est une structure financière plutôt qu’industrielle. Quoi que fondamentalement sans surprises, le bilan de Square Inc. en apporte une quand même : apparemment, ils ne capitalisent pratiquement pas leur dépenses recherche et développement. Dans leur compte d’exploitation ils déclarent de dépenser des centaines des millions de dollars sur ce qu’ils dénomment « développement du produit », mais je n’en vois aucune trace dans le bilan. Pas de brevets, pas de technologie immobilisée – tout comme si tout cet effort de recherche et développement s’en allait en fumée. Étrange.

La morale de base que je tire de ce précis conte de fées est qu’une plateforme transactionnelle comme je l’ai décrit deux paragraphes avant a besoin d’un capital plus ou moins égal à la valeur agrégée des transactions accomplies, côté prix de vente. Si j’achète des titres d’achat chez H&M pour $1 million et je les revends en détail pour $1,5 million, j’aurai besoin d’à peu près $1,5 million dans mon bilan et ainsi de suite.

Dans ma chasse au gibier FinTech je commence à suivre une autre proie : la société allemande FinTech Group AG . Par habitude professionnelle je commence avec les chiffres. Ils avaient fait 95 millions d’euros de revenu en 2016, contre 75 millions en 2015. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont profitables : niveau opérationnel, ils avaient fait €25,5 millions de bénéfice en 2016, ce qui s’était traduit en €12,3 millions de bénéfice net après avoir pris en compte les pertes enregistrées dans les opérations revendues en cours de l’année.

Beaucoup plus petit que Square Inc. – vingt fois plus petit pour être exact – FinTech Group AG semble suivre un modèle opérationnel tout à fait différent. La première différence c’est bien sur le bénéfice substantiel. Ensuite, pendant que Square Inc semble être surtout une plateforme de commerce comme dans mon idée de base, FinTech Group semble être concentré sur les services de paiement : leur revenu vient surtout des commissions transactionnelles, pas des marges. Ils déclarent que leur technologie de facilitation des paiements peut servir n’importe quel ensemble de transactions. Selon les propres mots de leur CEO, Mr Frank Hiehage, FinTech Group AG est capable de créer une banque en ligne juste comme ça, à partir de zéro.

Voilà qui est intéressant. Deux modèles opérationnels complètement différents. Square Inc va dans la marge transactionnelle et dans les économies d’échelle (consultez The smaller more and more in FinTech) et continue de noter une perte opérationnelle. FinTech Group AG s’est engagé dans les services transactionnels strictement dits, à une beaucoup moindre échelle et ça dégouline le bénéfice d’exploitation, carrément. Ici, un petit cours d’économie pratique me semble de rigueur. Vous pourriez demander – et à juste titre – à quoi bon créer une structure économique qui apporte une perte comptable. Eh bien, imaginez une grosse marmite, je veux dire une vraiment grosse, comme dans les aventures d’Asterix, avec de la soupe qui mijote à l’intérieur. Si la marmite est vraiment grosse, vous êtes certains de trouver des ingrédients de la soupe juste à côté. Ici une côte de porc, excellente pour cuire une soupe polonaise au choux, là une poignée des carottes, un peu plus loin une aile de poulet etc. Même si la soupe est vraiment dégueulasse, ‘y a de quoi se nourrir autour de la marmite. A mesure que la marmite rétrécit, il y a de moins en moins de ces miettes salutaires. Avec une petite marmite, vous êtes obligé de faire une bonne soupe. Avec une grosse, vous pouvez vous permettre de se ficher éperdument du goût, puisque vous pouvez vous nourrir comme vous vous occupez de la cuisson.

Dans le business, les ingrédients de base sont le travail et le capital. Avec un gros business sur la planche, il y a toujours des miettes : un boulot pour un an, payé un demi-million de dollars par mois, ou bien une marge juteuse sur la revente d’actions managériales etc. Dans un gros business vous avez un gros bilan et ce bilan vous permet de couper de petits bouts pour vous.

Voilà un autre business à étudier, celui de Katipult, une société canadienne qui a créé une plateforme transactionnelle simplifiée pour investir directement dans le marché financier. Pour tous ceux qui en savent un peu sur les marchés financiers, chaque mot de la phrase précédente gueule pour qu’on l’explique. Dans ce cas précis, l’explication en elle-même est un investissement. Chez Katipult, vous vous inscrivez dans une plateforme transactionnelle, un peu comme chez Ethereum, seulement voilà : chez Ethereum, vous téléchargez le logiciel et vous vous connectez à leur plateforme d’échange gratuitement, pendant que chez Katipult le logiciel et la première connexion ça coûte $15 000 et ensuite vous payez $2 000 par mois comme abonnement.

Forcément, avec ces prix, la description détaillée des fonctionnalités essentielles de cette technologie est réservée aux abonnés. J’essaie de déconstruire leur modus operandi à partir de l’information succincte offerte sur le site relations investisseurs. Alors, Katipult offre une plateforme transactionnelle similaire à celle des crypto-monnaies : au lieu d’acheter ou de vendre des valeurs en Bourse directement, vous achetez et vendez des tokens de valeur sur la plateforme Katipult et chaque token représente une transaction avec une valeur cotée en Bourse. Au lieu d’acheter les actions de Lufthansa, par exemple, chez un courtier officiel, je les achète sous forme des tokens sur la plateforme Katipult. Même chose pour la vente. Question légitime : pourquoi diable ? Pourquoi ne pas faire du trading par moi-même ? J’aime bien faire du trading, moi.

Chez Katipult, ils déclarent s’adresser surtout aux clients (investisseurs) professionnels, ce qui est compréhensible vu le prix. Dans ce cas, je comprends. Enfin je crois. In investisseur professionnel c’est une bête extrêmement occupée. Un portefeuille de 400 valeurs ça se gère d’une façon autrement plus complexe. Je sais ce que je dis : mon record personnel, en termes de portefeuille en Bourse, ce fût 19 valeurs et je sentais que je contrôle à peine ce qui se passe et encore, ce n’étaient que des actions. Lorsque vous étendez votre champ de mire sur les dérivatifs, les contrats à terme, les obligations etc. la complexité de gestion croit en exponentielle. En termes de théorie traditionnelle des marchés financiers, ce qu’ils font, chez Katipult, c’est comme si une maison de courtage en Bourse créerait un marché interne entre ses propres clients. Ils déclarent qu’organiser les échanges sous la forme d’une plateforme Blockchain ça va plus vite et plus efficace.

Katipult présente un forme légale intéressante. Je dirais même que c’est une structure plutôt qu’une forme simple. Katipult est une société par actions, donc vous pouvez acheter leurs actions. Apparemment, pour autant que je peux deviner sans payer $15 000 de ticket d’entrée, lorsque vous signez un contrat d’investissement avec Katipult, vous achetez en même temps des titres de participation dans un fonds d’investissement couplé avec cette plateforme transactionnelle. En plus, ils vendent des obligations.

Alors, les chiffres. J’ai téléchargé leur prospectus d’émission d’actions. Relativement frais, celui-là, ça date du 27 Octobre 2017. Encore chaud, pratiquement. J’y trouve une structure d’entreprise bâtie autour de deux personnes morales ou deux entités légales, si vous voulez. Il y a Katipult Technologies Inc., qui est le successeur légal de Deha Capital Corp. et qui contrôle 100% du capital social d’une autre entité, JOI Media Inc. Le truc marrant est que – contrairement aux lois de la nature – la société filiale, ici, est l’aïeule de la société mère. Ça arrive parfois, chez les aristocrates. En dollars canadiens Deha Capital représente un bilan de CA$519 480  = US$402 961 et sur la première moitié de 2017 ils ont fait juste des dépenses, sans revenus, donc une perte de CA$126 595 = US$98 200.

Le gosse plus ancien que sa maman, donc JOI Media Inc., se balade avec un bilan de CA$422 522 = US$327 750 et le gosse, il ne se débrouille pas mal. Un revenu en belle croissance depuis 2014 avait atteint, en 2016, CA$797 512 = US$618 630, avec un bénéfice d’exploitation de CA$140 453 = US$108 949. Ça donne 17,6% de taux de rentabilité. Respectable.

Il est temps de donner un résumé partiel. Ma chasse au gros gibier FinTech m’a mis sur les traces de trois bêtes différentes, apparemment des trois espèces différentes. Le cas Square Inc. c’est du poids lourd à l’échelle FinTech, avec 2 milliards de dollars américains en termes de revenu ainsi qu’en termes de capital dans le bilan. A en juger par leurs finances, ils sont spécialisés dans les systèmes de paiement basés sur leurs propres unités de valeur. Pas tout à fait une crypto-monnaie, plutôt quelque chose comme des coupons d’achats. Pas terriblement profitable, en fait pas profitable du tout, le truc semble être de grossir en taille financière et de vivre des miettes dégagées par les flux de trésorerie. Le cas FinTech Group AG semble suivre un sentier différent. Cette société allemande dotée d’un bilan juteux de €1 533 994 à la fin de 2016 se spécialise dans la technologie des paiements en tant que telle et sa mission semble être de digitaliser les marchés rencontrés. Ça ne renverse pas en termes de chiffre d’affaires – €95 021 en 2016 – mais c’est bien profitable. La troisième bête – Katipult – c’est une application créative de la technologie Blockchain et de la philosophie de crypto-monnaie à l’échange boursier. Ce troisième cas semble être particulièrement intéressant en raison de ses proportions entre le capital, le chiffre d’affaires et le bénéfice d’exploitation : ces gars de chez Katipult, ils semblent carrément extraire du pognon à partir du roc aride.

Ce que je vois ce sont des business très différents en taille et en productivité financière, avec un dénominateur commun : ils se développent là où il est possible d’éveiller de l’intérêt chez les clients en leur offrant une réduction des coûts de transaction. Dans chacun des trois cas que je viens d’étudier, la mission de la boîte est de réduire les coûts des transactions. Comme je suis un scientifique, une tête d’œuf, comme nous disons en Pologne, je cherche des points d’attache dans la théorie et la théorie, ici, elle frappe son poing à la porte carrément. C’est la théorie des coûts de transaction, précisément, avec Oliver Williamson comme nom le plus proéminent. Selon professeur Williamson, les coûts de transaction croissent en proportion à trois facteurs : incertitude, opportunisme dans les comportements économiques et la spécificité des actifs. La dernière veut dire attachement spécifique à des champs d’application particuliers et peut être interprétée comme l’inverse de liquidité des actifs.

Le FinTech, ça semble donc avoir la plus forte raison d’être dans les marchés à haute incertitude dans les échanges, possiblement attachée à l’opportunisme nocif chez les agents économiques, tous les deux accompagnés par une liquidité du capital perçue comme insuffisante. Ce sont plus ou moins les facteurs associés à un changement technologique accéléré et en même temps à la monétisation croissante de l’économie. En gros, c’est ce que j’avais décrit dans  mon article sur Impakter.com ainsi que dans deux articles plus académiques : « Financial equilibrium in the presence of technological change » et « Technological change as a monetary phenomenon ».

Voici le paradoxe de FinTech – à travers un changement technologique rapide ça apporte des solutions aux problèmes crées par du changement technologique rapide – et voilà que mon bouledogue joyeux interne commence à frétiller. Il adore mordre dans les paradoxes. Lorsqu’il réussit à mordre bien profond dans un paradoxe, il peut extraire des séquences d’évènements très intéressantes et les séquences intéressantes c’est une aubaine pour les deux autres, mon singe curieux et mon moine austère. Le premier suit les séquences et va voir où elles mènent, pendant que le deuxième s’occupe à couper et pousser de côté de la connerie rencontrée sur le chemin.

Bon, je viens de formuler mon concept de business, à développer sous forme d’un business plan. Je retourne à ma vieille idée de Wasun (consultez Moins de conneries dans l’unité de temps ou bien Conversations between the dead and the living (no candles) par exemple). Je vais préparer un business plan pour l’introduction des solutions FinTech dans le marché d’énergie avec une mission de faciliter le développement d’énergies renouvelables, surtout dans le cadre des villes intelligentes.

Eh ben dis donc ! Cette fois, ça m’a pris moins d’une semaine pour formuler mon idée de base pour le prochain business plan. Comparé aux deux mois que j’avais mis pour mettre sur pied l’idée de base de mon business plan précèdent, celui du projet BeFund, c’est du supersonique. Ça o tout l’air d’un cas d’apprentissage à vitesse croissante.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon . Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

The smaller more and more in FinTech

My editorial

And so I am going down another path of business planning. As I wrote in my last update in French (J’enveloppe et à la prochaine ), I am taking on preparing a business plan for a FinTech project. Just as with that BeFund project regarding the environment of smart cities, I will use the opportunity to wander (intellectually) here and there, to dive into adjacent topics, and to do, generally, what an academic teacher like me likes doing, i.e. boasting about things that I read somewhere.

I think I am going to stick to the basic idea I have hinted at in J’enveloppe et à la prochaine, namely that of a functionality that trades promotional coupons for various stores, online and ordinary. I purchase from those stores standardized deeds of purchasing power. I purchase, for example, at Starbucks, 10 000 standardized coupons worth €5 of retailing purchasing power each. Anyone holding such a coupon can use it to pay, at Starbucks, €5 of retail price charged for whatever they are buying. I buy those coupons in a wholesale amount, and I negotiate with Starbucks a wholesale price. Let’s say they grant me 25% of discount on the retail price, thus I buy each coupon worth €5 in retail for a discounted price of (1 – 25%)*€5 = €3,75 and it makes 10 000 * €3,75 = €37 500. I resell those coupons in auctions, where the starting price I am calling the auction with is slightly above the price I paid to Starbucks. Let’s say, I start auctioning at €3,90 apiece, which gives me my baseline margin of (€3,90 – €3,75)/€3,75 = 4,0%. My customers bid with different prices of their own, and according to the price they actually auction those coupons, I can earn an additional margin. At the baseline, I can earn 10 000 * (€3,90 – €3,75) = €1500 on the whole deal. Each eurocent auctioned above the baseline price gives me an additional 0,27% in terms of relative margin and €100 in gross margin from the deal.

I go to the Investor Relations page of Square Inc., a U.S. based company, quite big on FinTech. I download their 10-K annual report for 2017, and I read it. Reading financial statements is a sin of excessive curiosity, and you have to repent for it, by trying to understand, which is painful and so it makes a good penitence. Table 1, below, introduces some fundamentals as for how they earn (or lose) money at Square Inc.

Table 1 The Income Statement of Square Inc. , thousands of dollars

Revenue: 2017 2016 2015 2014 2013
Transaction-based revenue $1 920 174,00 $1 456 160,00 $1 050 445,00 $707 799,00 $433 737,00
Starbucks transaction-based
revenue $- $78 903,00 $142 283,00 $123 024,00 $114 456,00
Subscription and services-based
revenue $252 664,00 $129 351,00 $58 013,00 $12 046,00 $-
Hardware revenue $41 415,00 $44 307,00 $16 377,00 $7 323,00 $4 240,00
Total net revenue $2 214 253,00 $1 708 721,00 $1 267 118,00 $850 192,00 $552 433,00
Cost of revenue:
Transaction-based costs $1 230 290,00 $943 200,00 $672 667,00 $450 858,00 $277 833,00
Starbucks transaction-based
costs $- $69 761,00 $165 438,00 $150 955,00 $139 803,00
Subscription and services-based
costs $75 720,00 $43 132,00 $22 470,00 $2 973,00 $-
Hardware costs $62 393,00 $68 562,00 $30 874,00 $18 330,00 $6 012,00
Amortization of acquired
technology $6 544,00 $8 028,00 $5 639,00 $1 002,00 $-
Total cost of revenue $1 374 947,00 $1 132 683,00 $897 088,00 $624 118,00 $423 648,00
Gross profit $839 306,00 $576 038,00 $370 030,00 $226 074,00 $128 785,00
Operating expenses:
Product development $321 888,00 $268 537,00 $199 638,00 $144 637,00 $82 864,00
Sales and marketing $253 170,00 $173 876,00 $145 618,00 $112 577,00 $64 162,00
General and administrative $250 553,00 $251 993,00 $143 466,00 $94 220,00 $68 942,00
Transaction, loan and advance
losses $67 018,00 $51 235,00 $54 009,00 $24 081,00 $15 329,00
Amortization of acquired
customer assets $883,00 $850,00 $1 757,00 $1 050,00 $-
Impairment of intangible assets $- $- $- $- $2 430,00
Total operating expenses $893 512,00 $746 491,00 $544 488,00 $376 565,00 $233 727,00
Operating loss $(54 206,00) $(170 453,00) $(174 458,00) $(150 491,00) $(104 942,00)
Interest and other (income)
expense, net $8 458,00 $(780,00) $1 613,00 $2 162,00 $(962,00)
Loss before income tax $(62 664,00) $(169 673,00) $(176 071,00) $(152 653,00) $(103 980,00)
Provision for income taxes $149,00 $1 917,00 $3 746,00 $1 440,00 $513,00
Net loss $(62 813,00) $(171 590,00) $(179 817,00) $(154 093,00) $(104 493,00)

Source: https://squareup.com/about/investors

The first thing to notice about Square Inc. is that they obviously had copied my idea of doing business with Starbucks. Can you see that ‘Starbucks transaction-based revenue’ and the ‘Starbucks transaction based costs’? Yeah, that’s right. My idea. Of course, looks like they had this idea like 4 years before I had it. Still, time is relative. My idea is my idea. In my home town, i.e. Krakow, Poland, we are really mean. I mean, really mean. Back in the days, like hundreds of years ago, some Krakowians had been repeatedly displaying an unusual taste for profuse spending and sharing. That was quickly taken in hand by the town council, which expelled those guys. They had to travel far, in order to find a new home. They settled on kind of a big island in the West. No, not Numenor. The name on postcards was different. Anyway, this is how the Scottish nation rose from the mists of history.

That Starbucks deal at Square Inc., it seems to have taken quite a while to become profitable. From 2013 through 2015, the transactional margin on this particular business was negative, -18% at first, – 14% next. Then, right after it had started to bring profits, in 2016, they closed the deal. Strange. Their remaining transactional business seems OK: I mean those ‘transaction-based revenues’ and ‘transaction-based costs’, right above Starbucks. It looks really juicy, like consistently 56 – 57%. Me, with my 4% in that Starbucks idea, I should deserve to be kicked out of Krakow, to Scotland, for extreme profusion in sharing my profits. Nobody saw anything, right?

Besides the transaction-based margin, at Square Inc., I can see two big items: subscriptions and services (very profitable), accompanied by the sales of hardware (not-really-profitable-as-such-and-per-se). Visibly, that hardware serves to provide services. Anyway, save for that slight stumbling on the Starbucks deal, and for the small loss on hardware, the essential business processes at Square are profitable. Basically, if they were not spending as much as they do on product development, the whole circus would be strongly profitable. This is what I thought since the very beginning, when I started to play (mentally) with that Starbuck idea: it just looks too easy. Some typical wholesale trade, some mobile app for online auctioning and Bob’s my uncle. Why isn’t everybody doing it? Well, now I know why: it staying technologically competitive that costs real money and is really tricky. This is very much my intuition in that business plan for the BeFund project; smart as they are, those technologies, they are like children: you need to invest an awful amount of time, energy and money in their education.

As those technologies grow in volume, at Square Inc., their education seems costing less and less. In 2013, expenses on product development made 64,3% of the gross margin, and it fell down to 54% in 2015, and further down to 38,4% in 2017. Provisional conclusion: there are economies of scale on research and development, in the FinTech business. Yes, you have to spend more and more as you want to grow your market, and yet that more and more is smaller than the more and more you receive in gross margin. Said gross margin tends to grow as well in proportion to revenue, from 23,3% in 2013 to 37,9% in 2017.

Good, I have just identified one more reason why the FinTech industry is just apparently easy to enter. With those economies of scale, a FinTech business seems to need at least $3 billion in revenue in order to have a well-grounded, solid, operational margin.

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