Disparition des raisons pour migrer

 

Je me suis mis à rédiger un article sur mon projet EneFin. Je me sens un peu bloqué niveau business plan, là-dessus, et je ne comprends pas exactement les raisons de ce blocage. Je me suis dit qu’une approche scientifique, qui me donne la possibilité de vraiment couper le cheveu en quatre, peut éclaircir mes idées un peu. Dans cette approche intello, le truc de base c’est la disparité observable des prix d’énergie. Pour que le concept EneFin aie quelle assise que ce soit dans la réalité économique, il faut au moins deux prix différents d’énergie, comme PA(t) et PB(t), pratiqués niveau détail, donc dans les ventes aux utilisateurs finaux de ladite énergie. Le (t) c’est un moment donné dans le temps. Eh ben oui, qu’est-ce que vous voulez ? Si j’ai de l’énergie et de l’espace, il me faut aussi du temps, autrement c’est pas très physique tout ça et si ce n’est pas physique, c’est forcément métaphysique et là, c’est une terra incognita où je ne dirige mes pas qu’après une consommation substantielle des substances intéressantes pour des raisons extra-économiques.

Alors, j’ai cette situation PA(t) > PB(t) et ça implique l’existence de deux groupes d’utilisateurs finaux d’énergie. Le sous-ensemble A(UF) paie le prix PA(t), pendant que les chanceux du sous-ensemble B(UF) paient juste le PB(t) pour leur kilowatt heure moyenne. Les questions théoriques que j’ai ouvertes sur ce sujet commencent par demander sous quelles conditions une telle disparité des prix peut pousser les A(UF)s à migrer vers B(UF) et combien sont-ils enclins à payer pour une telle migration.

Ensuite, j’assume qu’une telle migration serait attachée à une utilité économique en forme d’économies sur la facture d’énergie. Pour une consommation moyenne de Qi(t) des kilowatt heures par an par i-tième consommateur, les économies en question peuvent être calculées comme Si(t) = Qi(t)*[PA(t)PB(t)]. Une fois que notre i-tième consommateur les a faites, ces économies, il peut les convertir en d’autres types d’utilité économique. Parmi ces autres types il y en a un qui m’intéresse particulièrement : l’acquisition des titres de participation dans le capital social du fournisseur d’énergie. Voilà la première des deux chambres du cœur pratique de mon concept EneFin : le développement des structures quasi-coopératives à l’échelle locale, où les consommateurs d’énergie sont aussi des actionnaires de leur fournisseur.

Je vois donc un processus de migration de « p » consommateurs d’A(UF) vers B(UF) ; cette migration engendre un flux de trésorerie FT = p*Si(t) et ledit flux est ensuite alloué entre des utilités économiques différentes, dont l’investissement IFE(FT) dans le capital social des fournisseurs d’énergie. Ce qui m’intéresse côté théorie, à ce point-ci, est le mécanisme de sélection. Dans l’approche théorique la plus simple(iste ?), je peux représenter ça comme une maximisation analytique : il faut que je convertisse le mécanisme de sélection en une fonction polynomiale quadratique ou plus et que je cherche pour un maximum à travers l’analyse de ses dérivées du premier et second degré.

Si je veux être un peu plus sophistiqué, j’imagine un des états alternatifs des choses et j’essaie d’évaluer la probabilité que les consommateurs d’énergie gravitent vers chacune de ces réalités alternatives. Encore un pas de plus et je verse dans l’analyse béhavioriste, donc je représente cette transition d’A(UF) vers B(UF), suivie par l’investissement IFE(FT) dans le capital social des fournisseurs comme une séquence ordonnée des schémas de comportement. Ceci ouvre sur deux perspectives : la théorie des jeux d’une part et l’intelligence artificielle d’autre part. Dans la théorie des jeux, je me concentre sur les choix individuels des consommateurs et des fournisseurs et je modèle ces choix comme une adaptation complexe basée sur des règles du jeu social.

En ce qui concerne la théorie des jeux, je sens qu’une explication préalable ferait du bien, surtout à ceux de mes lecteurs qui se sentent comme moyennement initiés à la science. La théorie des jeux aime revêtir des habits ésotériques et prendre des allures comme celle présentée dans « The Ender’s Game », le roman célèbre de science-fiction par Philip Dick. En fait, la base théorique de la théorie des jeux est beaucoup plus simple. Nous agissons tous sous incertitude. Nous ne savons pas exactement ce que l’avenir nous apportera, surtout lorsqu’il s’agit d’actions complexes. Néanmoins, l’une des découvertes que nous faisons tous à mesure d’acquérir l’expérience de la vie est qu’en dépit de cette incertitude fondamentale nous agissons tous selon des schémas répétitifs et que ces schémas sont largement fondés dans l’observation de ce que font les autres. Le développement des stratégies d’action sous incertitude, basées sur l’observation d’actions d’autrui c’est bien ce en quoi consiste un jeu.

Voilà, c’est à peu près tout en ce qui concerne le charme ésotérique de la théorie des jeux. Les jeux formalisés que nous jouons – serait-ce le poker, les échecs ou le tennis – sont des rituels qui nous servent à nous entrainer à faire des stratégies dans la vie de tous les jours. Chaque jeu ritualisé, reconnu par notre culture, est une variation sur ce thème fondamental.

En ce qui concerne l’interprétation théorique de mon concept EneFin, je vois deux jeux différents. Le premier, c’est le jeu type cartes, où la stratégie essentielle consiste à prévoir correctement une distribution des cartes – un état futur incertain des choses – tout en formant des alliances temporaires et fluides avec les autres joueurs. Le second, c’est un jeu comme les échecs ou les dames. Ici, la stratégie de base se concentre sur l’action de développer le contrôle sur un territoire, en compétition avec un autre joueur. Le territoire en question est aussi bien un territoire au sens strict du mot qu’une structure sociale : un chemin de carrière dans une multinationale, un marché, un morceau de pouvoir politique etc. Je développe donc deux schémas comportementaux essentiels : le placement des paris sur un avenir incertain (cartes) et la rivalité ritualisée (échecs, dames).

C’est en principe là que mon approche jeu-théorique diffère du courant principal de telles approches dans les sciences sociales. Ledit courant principal se concentre sur la formation des relations horizontales entre les joueurs, ce qui implique que la structure sociale est essentiellement un réseau, possiblement un réseau complexe fait des réseaux locaux plus simples. Moi, je suis (un peu) plus brutalement terre-à-terre dans ma perspective propre et j’assume que toute structure sociale est une combinaison des réseaux et des hiérarchies. Logiquement, les stratégies comportementales que je veux représenter avec l’instrumentaire de la théorie des jeux sont celles orientées sur la coopération horizontale dans les réseaux que celles qui visent la création (maintien ?) d’une position hiérarchique.

Le jeu type cartes, appliqué à mon concept EneFin, assume que les consommateurs d’énergie font leur décision complexe – transition d’A(UF) vers B(UF) suivie par la transformation du flux de trésorerie Si(t) en des utilités économiques alternatives, dont l’investissement dans le capital social des fournisseurs d’énergie – sur la base d’un pari sur l’avenir, donc, en des termes plus canoniquement économiques, sur la base de l’utilité future espérée. Chaque stratégie alternative est donc associée, à travers une rationalité qu’il me faut modeler, à un gain futur espéré. Dans ce jeu, les agents économiques peuvent former des alliances pour optimiser leur gain futur. Le trait distinctif de cette approche, par rapport à celle centrée sur la rivalité, est que les joueurs espèrent un gain purement quantitatif, comme profit spéculatif en Bourse, sans se soucier des leviers hiérarchiques qui peuvent faciliter l’acquisition dudit gain.

Lorsque je change d’optique pour le jeu type échecs ou dames, donc si je fais mes agents économiques soucieux de bien garder leur carcasse de mammouth fraîchement tué contre toute intrusion extérieure, leurs stratégies seront différentes. Ils vont raisonner en termes de gain complexes : l’action directe apport le contrôle d’actifs qui, à leur tour, peuvent apporter de profits dans l’avenir. La transition d’A(UF) vers B(UF) devient un choix de position sociale avantageuse préalable, le flux de trésorerie Si(t) est le gain intermédiaire – comme une bonne ligne d’attaque en échecs – qui donne la possibilité d’acquérir un gain plus durable sous la forme de contrôle d’actifs liés à la génération d’énergie.

Pourquoi ne suis-je pas politiquement correct et je n’assume pas que la transition vers les énergies renouvelables est nécessairement liée à une révolution morale style harmonie universelle ? Eh bien, la recherche que j’avais faite l’année dernière m’a laissé former trois assomptions bien fondées. Un, le contrôle des sources d’énergie reste une position sociale très convoitée et objectivement avantageuse. Deux, nous, les humains, comme structures sociales ancrées dans leurs territoires respectifs, nous avons tendance à maximiser notre absorption totale d’énergie plutôt qu’à la réduire. Trois, le contrôle d’un changement technologique important est lié au contrôle sur des flux de trésorerie substantiels qui, à leur tour, permettent de contrôler même plus de changement technologique dans les tours prochains du jeu.

En partant de la théorie des jeux, je peux faire encore un pas en avant et assumer que toutes ces stratégies individuelles, toutes ces combinaisons d’altruisme, vision, égoïsme et rivalité ritualisée se joignent pour former une technologie sociale complexe. Cette technologie est une machine capable d’apprentissage, donc une intelligence complexe. Faute d’une meilleure étiquette, je peux designer cette intelligence comme artificielle. Dans cette approche théorique, je fais en quelque sorte le tour de l’horizon : je reviens vers l’optimisation mathématique que je prends en compte dans l’approche économique classique, seulement cette fois j’assume que c’est la machine sociale intelligente qui accomplit cette optimisation façon « machine learning ».

L’apprentissage collectif, comme perspective théorique, peut encore muter en deux axes distincts. Premièrement, je peux assumer que l’apprentissage est strictement dit mécanique, donc que la machine sociale peut apprendre tout ce qu’elle veut, pourvu qu’elle ait suffisamment de données. Deuxièmement, je peux adopter une approche évolutive et assumer que l’apprentissage en question exige une séquence des générations, ou chaque génération successive est faite d’agents sélectionnés par une fonction de sélection de parmi le matériel génétique de la génération précédente. L’apprentissage de la machine sociale se fait donc essentiellement à travers cette fonction de sélection. Vous pouvez voir un exemple d’application évolutive dans l’économie des marchés d’énergie chez Wang et al. 2017[1], par exemple.

Une question bien légitime peut vous venir à l’esprit : n’est-ce pas un peu trop compliquer, de multiplier ces perspectives théoriques ? Eh bien, ma petite balade à travers la littérature du sujet suggère une complexité très poussée, comme le signalent Moallemi et Malekpour 2018[2] : toute analyse quantitative est très sensible au choix d’assomptions qualitatives. Comme je la continue, ma petite balade, je tombe sur un article par Lago et al. 2018[3] qui me fait prendre conscience à quel point le marché de détail en énergie est différent du marché de gros. Le premier est toujours rigide, divisé en des marchés qui ont l’air des domaines féodaux plus que de marchés au sens moderne du terme. Le second est un marché réel, très près de la compétition parfaite.

Comme je m’arrête pour étudier le travail de Muller et al. 2018[4] je me rends compte que je eux placer mon concept EneFin dans un contexte social plus large, non seulement comme une alternative pour les habitants des grandes villes, mais aussi comme une solution primaire pour les communautés rurales dans les pays en voie de développement. Ce schéma quasi-coopératif – où les membres de la communauté locale sont en même temps actionnaires et clients du fournisseur local d’énergie renouvelable et où ils disposent d’une plateforme FinTech qui donne de la liquidité financière à ce schéma – ça pourrait être pas con du tout comme solution pratique.

Dans ce cas précis de figure, la fourchette des prix d’énergie serait construite d’une façon légèrement différente. Le sous-ensemble A(UF) est composé des ménages dont l’accès à quelle forme d’énergie que ce soit est tellement difficile qu’il se résume en des pertes économiques. Le montant de ces pertes sert à calculer le prix relativement élevé PA(t). Le sous-ensemble B(UF) est construit comme référence hypothétique : qu’est-ce qui va se passer si on offre aux ménages d’A(UF) les fournitures régulières d’énergie selon le schéma quasi-coopératif d’EneFin. Les gains économiques que ces ménages connaissent après une telle connexion sert à calculer le prix plus avantageux PB(t).

Je perçois une autre extension possible du concept EneFin, partiellement liée à celle que je viens de signaler, et cette extension, je la formule sous l’inspiration de la recherche par Chen et al. 2017[5]. Le concept initial d’EneFin c’est de l’énergie pour les ménages, puisque ce sont les ménages qui paient, d’habitude, le prix le plus élevé pour leur kilowatt heure. Néanmoins, si je greffe ce concept sur l’organisme d’une communauté rurale dans un pays en voie de développement, je peux aussi bien tester la robustesse de ce schéma à mesure que j’ajoute des petites entreprises familiales dans le panier d’utilisateurs finaux d’énergie.

Le travail de Du et al.[6] ainsi que celui de Lecca et al. 2017[7] me  réconforte un peu dans mon approche des hiérarchies sociales : ces chercheurs-là placent un accent fort sur le facteur de cohésion sociale, dans la transition vers des nouvelles sources d’énergie.

Mon concept est centré sur les disparités des prix d’énergie est c’est donc autour de cet axe de recherche que j’ai flâné un peu, en termes de littérature. Au niveau strictement empirique, j’ai une fois de plus passé en revue les données publiées par International Renewable Energy Agency (IRENA 2018[8]). Ces données disent un truc d’importance primordiale pour ma recherche : la transition vers les énergies renouvelables est en train d’apporter une baisse solide et soutenue des coûts de production d’énergie. En d’autres termes, les disparités des prix d’énergie, ainsi que leur changement dans le temps, sont de plus en plus des différences de marge bénéficiaire sur le coût de production strictement dit. Logiquement, ces différences des prix sont corrélées de plus en plus avec les stratégies d’investissement ainsi qu’avec les coûts de transaction liés à des schémas institutionnels particuliers.

Les auteurs que j’avais déjà cité sur mon blog, Jean Tirole et Paul Joskow, ont été une fois de plus une source d’inspiration à cet égard. Dans leur article de 2007 (Joskow, Tirole 2007[9])

ils construisent un modèle des prix d’énergie qui me fait repenser à ce bon vieux principe d’Adam Smith : le prix d’un bien a une double nature. D’une part il faut le voir comme le résultat de marchandage et donc de fonctionnement d’un marché ; d’autre part, il reflète une utilité économique objectivement mesurable. Dans un article plus récent, Paul Joskow reprend cet idée à lui seul (Joskow 2011[10]) et souligne fortement que les politiques de minimalisation des prix d’énergie, par exemple à travers un système agressif d’enchères inversées, ne sont pas forcément la meilleure idée. L’énergie est précieuse, même si le coût nominal de sa génération baisse.

Ce petit tour à travers la littérature m’a fait formuler quelques idées générales de plus, à exploiter plus en détail plus tard. Les disparités des prix d’énergie, comme celle très schématique PA(t) > PB(t) dans mon modèle de base, peuvent avoir leurs racines dans des structures différentes de marché. Si PA(t) > PB(t), cela peut vouloir dire que dans le marché A la demande croît plus vite que dans le marché B, par rapport à la capacité installée de génération d’énergie. Dans ce cas la migration d’A(UF) vers B(UF) est une migration de la pénurie relative d’énergie vers un marché plus équilibré ou bien vers un marché en surplus d’offre. En termes d’économie classique, la migration d’A(UF) vers B(UF) devrait donc conduire, avec le temps, à un rééquilibrage d’offre et de la demande dans les deux marchés, donc à PA(t) = PB(t) et à la disparition des raisons pour migrer. En revanche, si PA(t) > PB(t) vient de la présence d’une structure quasi-monopolistique dans le marché A, la migration en question est celle entre des structures institutionnelles différentes. Par conséquent, la structure A peut disparaître complétement si la migration atteint un niveau critique.

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[1] Wang, G., Zhang, Q., Li, H., Li, Y., & Chen, S. (2017). The impact of social network on the adoption of real-time electricity pricing mechanism. Energy Procedia, 142, 3154-3159.

[2] Moallemi, E. A., & Malekpour, S. (2018). A participatory exploratory modelling approach for long-term planning in energy transitions. Energy research & social science, 35, 205-216.

[3] Lago, J., De Ridder, F., & De Schutter, B. (2018). Forecasting spot electricity prices: Deep learning approaches and empirical comparison of traditional algorithms. Applied Energy, 221, 386-405.

[4] Müller, M. F., Thompson, S. E., & Gadgil, A. J. (2018). Estimating the price (in) elasticity of off-grid electricity demand. Development Engineering, 3, 12-22.

[5] Chen, W., Wang, H., Huang, W., Li, N., & Shi, J. (2017). Shared social-economic pathways (SSPs) modeling: application of global multi-region energy system model. Energy Procedia, 142, 2467-2472.

[6] Du, F., Zhang, J., Li, H., Yan, J., Galloway, S., & Lo, K. L. (2016). Modelling the impact of social network on energy savings. Applied Energy, 178, 56-65.

[7] Lecca, P., McGregor, P. G., Swales, K. J., & Tamba, M. (2017). The importance of learning for achieving the UK’s targets for offshore wind. Ecological Economics, 135, 259-268.

[8] IRENA (2018), Renewable Power Generation Costs in 2017, International Renewable Energy Agency, Abu Dhabi, ISBN 978-92-9260-040-2

[9] Joskow, P., & Tirole, J. (2007). Reliability and competitive electricity markets. The Rand Journal of Economics, 38(1), 60-84.

[10] Joskow, P. L. (2011). Comparing the costs of intermittent and dispatchable electricity generating technologies. American Economic Review, 101(3), 238-41.

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Couldn’t they have predicted that?

 

I am following up, smoothly, on my last update in French, namely « Quel rapport avec l’incertitude comportementale ? », and so I give a little prod to the path of scientific research possible do develop around my work on the EneFin project. I am focusing on the practical assumptions of the project itself, and I am translating them into science. There is one notable difference between business planning and science (I mean, there is more than one, but this one is the one I feel like moaning about a little). In business, when you make bold assumptions, you can make people cautious or enthusiastic, it depends, really. In science, bold assumptions are what Agatha Christie’s characters used to describe as ‘a particularly laborious way to commit suicide’. Bold assumptions, in a scientific publication, are like feebly guarded doors to a vault full of gold: it is just a matter of time before someone tries and breaks in.

Thus, I am translating my bold assumptions from the business plan into weak scientific assumptions. A weak scientific assumption is the one which does not really assume a lot. The less is being assumed, the weaker is the assumption, hence the stronger it is against criticism. Sounds crazy, but what do you want, that’s science.

Anyway, the whole idea of EneFinc came to my mind as I was comparing two types of end-user, retail prices in the European market of electricity: those offered to small users, like households, and those, noticeably lower, reserved for the big, institutional customers. EeFin is a scheme, which allows small users of electricity to get it at the actual low price for big customers, and, in the same time, still allows the suppliers to benefit from the surplus between the small-customer prices, and the big-customer ones, only in the form of equity, not sales as such.

There are markets, thus, where, at a moment t, there is a difference between the price of electricity for small users PESU(t), and that for the big ones: PEBU(t). Formally, I express it as PESU(t) > PEBU(t) or as PESU(t) – PEBU(t) > 0. The difference PESU(t) > PEBU(t) comes from different levels of consumption (Q) per user, thus from QSU(t) < QBU(t).

Now, I further (weakly) assume that the difference PESU(t) – PEBU(t) > 0 can make a behavioural incentive for the small users to migrate towards suppliers, who minimize that gap. Alternatively, a supplier can offer additional economic utility ‘U’ to the user, on the top of the energy supplied. I imagine two different markets of energy, with two different games being played. In the market A, small users migrate between suppliers so minimize the differential in prices, and the desired outcome of the game is min[PESU(t) – PEBU(t)]. In the market B, a similar type of migration occurs, just with a different prize in view, namely maximizing the additional economic utility offered by the suppliers of energy to compensate the PESU(t) – PEBU(t) gap. In other words, in the market B, the desired outcome of the game is max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]}. That utility can consist, for example, of claims on the equity of the suppliers, just as in my EneFin concept. Still, we experience the same type of scheme from the part of our usual suppliers. As an example, I can give the contractual scheme that my current supplier, the Polish company Tauron, uses to secure the loyalty of customers. The thing is called ‘Professional 24’ and is a 24/24 emergency service for all that touches to electrical and/or mechanical maintenance in the user’s house. If my dishwasher breaks down, I have the option to call ‘Professional 24’ and they will fix the thing at the cost of spare parts, no labour compensation. All I have to do in order to benefit from that wonder scheme is to sign a fixed-term contract for 2 years. In other words, I pay that high price for small users, and thus I pay a really juicy surplus over the price paid by big users, and in exchange Tauron gives me the opportunity to use those maintenance services at no cost of labour.

Now, I assume that both markets, namely A and B, and their corresponding games can overlap in the same physical market. Thus, there are two games being played in parallel, the min[PESU(t) – PEBU(t)] and the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]} one. Both are being played by a population of users NU, and that of suppliers MS. A third game, that of status quo, is hanging around as well. The general theoretical questions I ask is the following: « Under what conditions can each of the three games – the min[PESU(t) – PEBU(t)], the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]}, or the status quo – prevail in the market, and what can be the long-term implications of such prevalence? Should the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]} game prevail, under what conditions can the U = f[PESU(t) – PEBU(t)] utility find its expression in claims on the equity of suppliers?   ».

The next step consists in translating those general questions into hypotheses, which, in turn, should have two basic attributes. In the first place, a good hypothesis is simple and coherent enough to enable rational classification of all the observable phenomena into two subsets: those conform to the hypothesis, on the one hand, and those which make that hypothesis sound false, on the other hand. Secondly, a good hypothesis is empirically verifiable, i.e. I can devise and apply a rational method of empirical research to check the veracity of what I have hypothesised.

Intuitively, I turn towards one of the most fundamental economic concepts, i.e. that of equilibrium. I hypothesise that there is an equilibrium point, where the outcomes of the min[PESU(t) – PEBU(t)] game are equal to those of the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]} game, thus min[PESU(t) – PEBU(t)] = max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]}. This is my hypothesis #1. Postulating the existence of an equilibrium is sort of handy, as it gives all the freedom to explore the neighbourhood of that equilibrium.

My second hypothesis goes a bit more in depth of the avenue I am following in my EneFin concept. I assume that the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]} game makes sort of a framework, within which distinct subgames emerge, oriented on different kinds of that utility ‘U’, like U = {U1, U2, …, Uk}. In that set of utilities, one item is made of claims on the equity of suppliers. I call it Ueq. From there, I can hypothesise in two directions. One way is to postulate a hierarchy inside the U = {U1, U2, …, Uk} set, and Ueq maxing out in that hierarchy, so as Ue  = max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]}.

The other way is to open up, once again, with the concept of equilibrium, and postulate that although, basically, we have U1 ≠ U2 ≠ … ≠ Uk in the U = {U1, U2, …, Uk} set, there is a set of equilibriums, where Ueq = Ui. Going into the equilibrium department, instead of the hierarchy one, is just simpler. I can make like the function of Ueq, as an equation, put it at equality with any other function, and, as long as those identities are solvable at all, Bob’s my uncle, essentially. In that sense, equilibrium, or the absence thereof, is almost self-explanatory. On the other hand, hierarchies need a structuring function, more complex than that of an equilibrium. A structuring function is a set of conditions expressed as inequalities, and I need to nail down quite specifically the conditions for those inequalities being real inequalities. Seen from this perspective, the hypothesis with equilibrium is sort of conducive towards the one with hierarchy.

My mind makes a leap, now, towards that thing of political systems. Playing a game means winning or losing, and one of the biggest prizes to win or lose is a country, i.e. the controlling package of political power in said country. I teach a few curriculums which involve the understanding of political systems, and I did quite a bit of research in that field. Anyway, the hot topic I want to refer to is Brexit, and more exactly the policy paper entitled ‘The future relationship between the United Kingdom and the European Union’, issued by Her Majesty’s Department for Exiting the European Union. The leap I am doing, from that model of the energy market towards Brexit, I am doing it with some method. I started developing on the theory of games, and politics are probably one of the most obvious and straightforward applications thereof.

My students frequently ask me questions like: ‘Why this stupid government does things this way? Couldn’t they be more rational?’. The first thing I am trying to get across as I attempt to answer those questions is that in public governance some strategies just work, and some others just don’t, with little margin of manoeuvre in between. Policies are like complex patterns of behaviour, manifest in complex, intelligent entities called ‘political systems’. In the case of Brexit, the initial game played by the Her Majesty’s government was akin the strategy used by the government of the United States. The United States are signatory member to multilateral, international agreements like the GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), or the NAFTA. Still, the dominant institutional contrivance that the US Federal Government uses to design their international economic relations is the bilateral agreement. The logic is simple: in any bilateral agreement, the US are the dominant party to the contract, and they can dictate the conditions. In multilateral schemes, they can be outvoted, and you don’t like being outvoted when you know you have a bigger button than anyone else.

Before I go further, there is an important distinction to grasp, namely that between an international agreement, and a treaty. An agreement is essentially made by executives – usually ministers or Prime Ministers – who sign it on behalf of their respective governments. Parliaments do not need to ratify signed agreements; neither do such agreements require to run a referendum. Agreements remain essentially executive acts, and, as such, they are flexible. Countries can easily back off from those schemes. The easiest way to do it sort of respectably is to vote non-confidence regarding a Prime Minister, and to label what they had done as a series of mistakes. Treaties, on the other hand, are being ratified. Parliaments, presidents, monarchs, and, in the case of the European Union, whole nations voting in referendums, give their final fiat to the signature of an executive. It is bloody hard to pull out of a treaty, as it essentially requires to walk back on your tracks, i.e. to revert the whole sequence of ratifying decisions.

The Britons seem to have bet on a similar horse. They decided to pull out of the European Union – a multilateral treaty, bloody limiting and clumsy to renegotiate – and to govern their economic relations with other countries with a set of bilateral agreements. Each of those bilateral agreements was supposed to be sort of tailored for the specific economic relations between Britain and the given country. Being an agreement, and not a treaty, each such understanding was supposed to be much more manœuvrable than a multilateral treaty.

Mind you, the game was worth playing, as I see it, and still there was a risk. The prize to win was a lot of local business deals, impossible or very hard to achieve under the common rules of the European Union. The big hurdle to jump over, on the way, was the specific geopolitical structure of the EU. If you want to replace your multilateral relations with a set of countries by a range of bilateral relations, you need to look at the hierarchy of the whole tribe. In the European village, we have two big blokes: France and Germany. Negotiating bilateral treaties must have started with them, and there was clearly no point in going and knocking on other doors, as long as these two bilateral schemes were not nailed down and secured.

Without entering into highly speculative details, one thing is sure and certain: this particular step in the Perfect Plan simply didn’t work. Neither France nor Germany expressed any will to play one-on-one with the British government. Instead, they quickly secured beachheads in that sort of international political void being created by Britain pulling out of the EU, and worked towards brutally pushing the Britons against the wall. As a result, today, we have that strange architecture expressed in the ‘Future relationship…’ policy paper, where Britain enters an agreement with the whole of EU, without being a member of the EU anymore.

In theoretical terms, this political episode demonstrates an important trait in games: they are made of successive moves. When you play chess, or any other game with sequenced moves, you have that little voice in your head saying: ‘This is just a game. In real life, no sensible person would wait until their opponent makes a move’. Weelll, yes and no. It is true that in real life we play few games with gentleman’s rules in place. Most real games involve a fair dose of sucker punches, coming from the least expected directions. Still, there is that thing: even if you firmly intend to be the meanest dog in the pack, you need to adapt accordingly, and in order to adapt, you need to observe other players and figure them out. You just need to leave them that little window in time, during which you will be watching them and learning from their actions. This is why in theoretical games we frequently assume sequential moves. It has nothing to do with being fair and honest; it is much more about having to learn by observation.

This is what comes to mind when somebody studies the Brexit policy finally adopted by the government of Her Majesty. ‘Couldn’t they have predicted that…[put whatever between those parentheses]?’. No, they couldn’t. When you want to know the move of another player, you have to make your move in order to force them to make theirs. Once you have made that move, it can be too late to back off. This is probably the biggest difference between mainstream economics and the theory of games. The former assumes the existence of equilibriums, which we can sort of come close to, and adjust, in a series of essentially reversible actions. The theory of games assumes, on the other hand, that most of our actions bring irreversible consequences, as what we do makes other people do things.

After that short distractive excursion into Brexit, I come back to my scientific development on the market of energy. The political distraction allowed me to define something important in any kind of game: a single move. In those three games, which I imagine being played in parallel in the market of energy – the min[PESU(t) – PEBU(t)] game, the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]} game, and the conservation of status quo – a single move can be defined as what people usually do when dealing with a supplier of energy. My intuition wanders around what I do, actually, and what I do is signing, every two years, a contract with my supplier for another fixed term of two years. Batter that than nothing. I assume that one move, in my energy games, consists in negotiating and signing a fixed-term, two-year contract.

As I define one move in this manner, I intuitively feel like including quantities in the formal expression of those games. Thus, I transform the min[PESU(t) – PEBU(t)] game into min{QSU(t)* [PESU(t) – PEBU(t)]}, and the max{U = f[PESU(t) – PEBU(t)]} into max{U = f[QSU(t)*PESU(t) – PEBU(t)]}. I just remind you that QSU(t) is the typical consumption of energy per one small user, like one household. An explanation seems due. Why have I made that match between ‘one move <=> one 2-year contract’ and the inclusion of quantity consumed into my equations? A contract for 2 years is a mutual promise of supplying-consuming a certain amount of energy.

That QSU(t) can be provisionally identified with the average, individual consumption of energy on one year. Hence, and individual move – contract for two years – amounts to committing to [PESU(t+1)*QSU(t+1)]+[PESU(t+2)*QSU(t+2)]. Such a formal expression allows further rewriting of my two games, namely I have:

Game A: min{QSU(t+1)*[PESU(t+1) – PEBU(t+1)] + QSU(t+2)*[PESU(t+2) – PEBU(t+2)]}

Game B: max{U = f{QSU(t+1)*[PESU(t+1) – PEBU(t+1)] + QSU(t+2)*[PESU(t+2) – PEBU(t+2)] }

With this formulation, my two games are very nearly identical. They both contain an identical aggregate, calculated between the ‘{ }’ parentheses. As I put it a few paragraphs ago, I want to explore my model through the testing of a hypothetical equilibrium point between those two games. This, in turn, amounts to searching a function, which, for a given range of Q and P, can yield a maximal utility out of {QSU(t+1)*[PESU(t+1) – PEBU(t+1)] + QSU(t+2)*[PESU(t+2) – PEBU(t+2)] }, and, in the same time, has at least one intersection point with a function that minimizes the same aggregate.

As I think about it, I need to include transaction costs in the model. I mean, moves in those games consist in signing contracts. A contract implies uncertainty, probability of opportunistic behaviour, and commitment of assets to a specific purpose. In other words, it implies transaction costs, as in: Williamson 1973[1]. I need to wrap my mind around it.

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund  (and you can access the French version as well). You can also get a free e-copy of my book ‘Capitalism and Political Power’ You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon page and become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

[1] Williamson, O. E. (1973). Markets and hierarchies: some elementary considerations. The American economic review, 63(2), 316-325.

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Quel rapport avec l’incertitude comportementale ?

 

Je continue ma balade le long de la crête entre la recherche et l’enseignement. Je me penche sur l’application de mon concept d’enseignement des sciences sociales comme une sorte de géographie appliquée (consultez « Très spéculatif mais cohérent » ou bien « My own zone of proximal development ») à deux cours spécifiques : celui de Microéconomie ainsi que celui consacré aux Systèmes Politiques.

Le premier, donc la Microéconomie, me fait reconsidérer mon business plan pour le projet EneFin. Vous pouvez en consulter le résumé le plus récent dans « Deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre ». La recherche et la rédaction de ce business plan, ainsi que celui pour le projet BeFund – que j’ai déjà fini il y a quelques mois – sont dans une grande mesure précisément ce que je veux enseigner à mes étudiants en Microéconomie. En même temps, le projet EneFin reflète mon créneau courant de recherche « officielle » à la fac, pendant que le projet BeFund est une correspondance empirique de la réflexion générale sur la méthode scientifique dans les sciences sociales.

Une méthode, ça exige un développement méthodique. Je m’y applique. La science d’abord. Le projet EneFin m’a fait pondre trois idées à développer d’une façon scientifique, dans des articles de recherche, par exemple. Premièrement, c’est le modèle théorique d’une entreprise, où un réseau urbain des petites turbines éoliennes et/ou hydrauliques, de pair avec des nids localisés des panneaux solaires, est financé à travers une plateforme FinTech qui, à son tour, permet d’échanger des contrats complexes du type « énergie au prix gros clients plus participation dans le capital social de l’entreprise égale énergie au prix petits clients ».

Comme je veux discuter la chose scientifiquement, comme un modèle théorique, mon attention se concentre sur les conditions de robustesse. En d’autres mots, le discours scientifique ici c’est l’exploration des prix et des quantités, surtout à l’extérieur de l’entreprise, qui rendent son implémentation possible (ou bien impossible). Le deuxième truc science qui avait attiré mon attention c’est le phénomène de cette plus-value monopolistique dans le marché européen d’énergie ainsi que le fait que ladite plus-value tend à diminuer à mesure de la transition vers les énergies renouvelables.

Le troisième sentier de recherche que je veux explorer est cette étonnante cohérence entre le volume de l’invention scientifique dans le domaine d’énergies renouvelables et le marché de ces énergies en tant que tel. J’avais déjà fait des excursions dans ce domaine – vous pouvez consulter « Je corrèle » comme exemple – et ça se connecte d’une façon très prometteuse à l’une de mes obsessions intellectuelles, le phénomène de déterminisme technologique.

Bon, donc ça c’est de la recherche. Maintenant, l’enseignement. Le truc le plus évident est celui d’application pratique des outils microéconomiques de base : analyse des prix comme des équilibres locaux, analyse des modèles d’entreprise en termes de capital et des coûts etc. Le truc moins évident et cependant tout aussi intéressant est le compte rendu du travail de recherche consacré à ce business plan. Je peux interpréter ce travail comme le processus de cristallisation intellectuelle que j’achève le long de mon sentier de développement proximal. C’est une incidence locale d’absorption et utilisation des informations sur les marchés et les structures sociales qui s’y construisent, donc c’est un exemple de la façon dont un être humain trouve son chemin à travers l’environnement social. Hypothèse générale est que ce que moi j’avais fait est un point situé quelque part sur une courbe Gaussienne des modèles comportementaux. Définir cette courbe de façon aussi précise que possible serait intéressant, un truc d’économie béhavioriste, quoi.

Maintenant, je saute dans la case « Systèmes politiques ». Mon intuition générale, que j’avais déjà commencé à développer dans « Très spéculatif mais cohérent », est celle de couper brutalement son chemin, dès le début, à travers les broussailles de la connerie médiatique. Je pense que c’est l’enseignement le plus précieux que je peux transmettre à mes étudiants en ce temps relativement court d’un semestre académique. Un semestre, c’est court ? Eh ben, oui. Le développement des connaissances vraiment robustes, manifestes comme des compétences bien rodées, ça prend des années. Plus je fais de la science, plus j’épouse cette thèse que mon grand compatriote, Alfred Comte Korzybski, avait exprimée dans sa doctrine de sémantique générale : nous, les humains, on apprend des choses vraiment utiles et profondes au rythme des générations, pas celui des mois.

Je peux distinguer quatre types des phénomènes politiques que nous rencontrons sur nos parcours sociaux individuels : les systèmes politiques en tant que tels, des élections, des troubles sociaux violents (guerres civiles etc.) et enfin des politiques particulières. Les compétences sociales qui marchent bien, pour un citoyen moyen, dans le contexte de ces phénomènes, consistent à prendre l’action bien ancrée dans la compréhension du jeu politique en place.

Lorsqu’on parle du jeu, je trouve primordial de déterminer ce qui se passe exactement, en termes de politique. Le discours médiatique à ce propos abonde en des informations du type « UnTel a eu un entretien avec UneTelle et UnTel a dit que [mettre ce que vous voulez entre ces parenthèses], en réponse à quoi UneTelle a fermement déclarée que [vous savez : ce que vous voulez] ». Comme société, nous avons une tendance – profondément ancrée dans les schémas comportementaux de notre espèce – de s’exciter au sujet de ce que les gens disent. En politique, ce que les gens disent est la manifestation d’une ingénierie comportementale bien pondérée, ou bien celle d’un bordel complet. Aussi étonnant que cela puisse sembler, les deux se combinent à merveille.

La compréhension scientifique de la politique exige cette petite gymnastique intellectuelle préalable : lorsqu’UnTel dit quelque chose à propos d’UneTelle, faut appréhender la situation en termes de la théorie de communication. Le fait le plus important est celui de communication en tant que telle, donc le fait que quelle information que ce soit est échangée. Pourquoi est-ce tellement important ? Parce que la communication implique l’existence des structures sociales pour le faire et ce que nous voulons comprendre en ce qui concerne la politique est précisément le fonctionnement de ces structures.

Je parle du fonctionnement des structures, donc il est peut-être temps d’aller jeter un coup d’œil de plus sur ces directions de recherche que je viens d’indiquer, il y a quelques paragraphes. Je connecte les points – comme disent les Anglo-Saxons – et je combine mon expérience intellectuelle de ces deux business plans, le projet BeFund et celui d’EneFin. Ces deux cheminements intellectuels m’ont rendu très conscient du phénomène d’incertitude comportementale.

Chaque fois que nous entreprenons quelque chose, le comportement d’autres humains est crucial. Lorsque je prépare un business plan, j’ai cette petite voix dans mon esprit qui dit « Je ne sais pas quoi faire puisque je ne sais pas ce que les autres vont faire ». Je pense ici à ce qu’eut écrit Frank Knight : ce qui démarque les hommes et femmes d’affaires du commun des mortels est la capacité d’appréhender cette incertitude à un méta-niveau. Ces personnes sont capables d’analyser leur propre méthode d’analyser l’incertitude et leurs propres moyens de gérer le risque correspondant.

Je pense que voilà une bonne indication pour mon enseignement des sciences sociales : apprendre à mes étudiants à identifier aussi précisément que possible ces incertitudes comportementales, conceptualiser les risques qui en découlent ainsi que les façons de gérer ces risques.

Voyons voir… Comment puis-je utiliser l’expérience accumulée dans la préparation des business plans pour ces deux projets, BeFund et EneFin, pour enseigner à mes étudiants tout ce bazar sur l’incertitude et le risque ? Quels ont été les types d’incertitude comportementale que j’eus à faire avec ?

L’incertitude de base est toujours le comportement des clients (utilisateurs) potentiels d’un produit ou d’une technologie. Tout d’abord, dans la population générale, qui (quel type d’entité) a des chances quelconques de devenir mon client ? Comment puis-je donc esquisser le marché potentiel ? Ensuite, quelle est la probabilité qu’à un moment donné « t » un client potentiel, choisi au hasard, devienne mon client réel, donc qu’il commence à développer le schéma comportemental propre audit client réel ?

En des termes mathématiques, vous pouvez trouver un exemple ce de raisonnement dans « Contagion étonnement cohérente ».  En des termes pédagogiques, je m’efforce de décomposer les phénomènes correspondants en une séquence d’apprentissage. Phase no. 1 : définissons nos clients comme des schémas de comportement. Phase no. 2 : définissons les schémas comportementaux de départ, donc ceux pratiqués ici et maintenant. Phase no. 3 : définissons la transition vers le schéma comportemental présent vers celui propre au « client ». Phase no. 4 : étudions les conditions de cette transition.

Je sens ici comme une direction intéressante dans l’enseignement de la microéconomie et de la gestion : présenter chaque régularité observable dans le fonctionnement des marchés et des organisations comme un phénomène comportemental. De cette façon je peux concilier la microéconomie classique avec l’économie institutionnelle et la théorie des jeux. Dans l’optique microéconomique je m’intéresse plus aux phénomènes vraiment récurrents, qui surviennent près du centre de leurs courbes Gaussiennes respectives. En langage simple, la microéconomie c’est du typique vraiment typique. En revanche, lorsque j’étudie le même cas du point de vue de la gestion, je m’intéresse un peu plus aux idiosyncrasies locales et aux moyens de les cerner.

Quand j’y pense, si je veux que mes étudiants comprennent vraiment cette logique d’incertitude comportementale, il faut que j’inclue dans mon enseignement des fondements de la statistique, avec l’accent mis sur la probabilité vue précisément comme courbe Gaussienne, donc selon la logique de la distribution normale. Ceci exige que j’explique aussi la logique de la distribution binomiale et la distinction entre les incidences centrales (fréquentes) et les marginales. Faire un détour par la pensée originelle de Thomas Bayes pourrait être captivant, aussi. Sa démarche – centrée sur la compréhension progressive des phénomènes à travers des expériences successives qui cernent la solution pas à pas – semble être la somme de rationalité scientifique lorsqu’on étudie l’incertitude des schémas comportementaux.

Je prends donc le cas de base pour tout cours de microéconomie, celui du démarrage d’une petite entreprise et de la question tout aussi fondamentale : « Comment s’y prendre d’une façon rationnelle ? ». La réponse de base : commencez donc par cerner aussi précisément que possible ce que vous voulez faire. Définissez le produit ou le service que vous avez l’intention de vendre, ainsi que le processus central d’interaction avec le client. La contribution de la science, à ce point-ci, c’est avant tout la distinction aigue entre la création d’un nouveau marché d’une part et l’adhésion à un marché existant d’autre part. Si vous êtes littéralement une petite entreprise, la science vous dit qu’il vous sera virtuellement impossible de créer un nouveau marché.

Bien sûr, il y a toujours des exceptions qui viennent à l’esprit : Facebook, Google, Amazon etc. Remarquez toutefois que tous ces titans venus apparemment de nulle part venaient des marchés déjà en développement, où ils eurent tout simplement implanté des modèles d’entreprise particulièrement efficaces, surtout par recombinaison des schémas parfaitement connus par ailleurs. Facebook c’est un bureau des petites annonces façon époque digitale. Google c’est l’application digitale de l’idée bien connue : celle d’index dans une bibliothèque. Oui, c’était bien ça l’idée révolutionnaire de Google : appliquer à la recherche des pages web la logique d’indexation appliquée dans toutes les bibliothèques physiques (trouver un livre par titre, par auteur et par les mots clés). Amazon c’est l’application d’une régularité bien connue de tous les libraires : le vrai défi dans la profession c’est bien gérer l’arrière-boutique et acquérir des clients fidèles. La gestion de l’avant-boutique est le moindre des soucis.

Je reviens donc à l’assertion qu’une nouvelle entreprise a peu de chances de créer un nouveau marché et ferait mieux de s’insérer dans un marché déjà en place. Je vous vois venir, là. « Quel rapport avec l’incertitude comportementale ? » vous demanderez. Un marché bien en place est fait d’habitudes bien huilées et lancées. Un marché existe parce qu’il y a un nombre prévisible des gens qui font des choses prévisibles. La création d’un nouveau marché exige qu’un nouvel ensemble des schémas de comportement se forme, se teste et s’installe pour du bon. Tous ceux qui avaient jamais fait des efforts pour arrêter de fumer ont certainement deux mots à dire au sujet des nouveaux schémas de comportement. Si un tel schéma exige une modification neurologique importante (je veux dire le développement des nouveaux réflexes, comme regarder un écran de plus), le défi est même plus important.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund (aussi accessible en version anglaise). Vous pouvez aussi télécharger mon livre intitulé “Capitalism and Political Power”. Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon . Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

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My own zone of proximal development

 

Let’s face it: I am freestyling intellectually. I have those syllabuses to prepare for the next academic year, and so I decided to let my brain crystallize a little bit, subconsciously, without being disturbed, around the business plan for the EneFin concept. Crystallization occurs subconsciously, and I can do plenty of other thinking in the meantime, and so I started doing that other thinking, and I am skating happily on the thin ice of fundamental questions concerning my mission as a scientist and a teacher. The ice those questions make is really thin, and if it cracks under my weight, I will dive into the cold depth of imperative necessity for answers.

You probably know that saying about economics, one of my fundamental disciplines, besides law, namely that economics are the art of making forecasts which do not hold. Nasty, but largely true. I want to devise a method of teaching social sciences, and possibly a contingent method of research, which can be directly useful to the individual, without said individual having to become the president of something big in order to find real utility in social sciences.

I am starting to form that central principle of my teaching and research: social sciences can be used and developed similarly to geography, i.e. they can be used to find one’s bearings in a complex environment, to trace a route towards valuable and attainable goals, and to plan for a realistic pace as for covering this route. Kind of a fundamental thought comes to me, from the realm of hermeneutic philosophy , which I am really fond of, and the thought goes as follows: whatever kind of story I am telling, at the bottom line I am telling the story of my own existence. Question (I mean, a real question, which I am asking right now, not some fake, rhetorical stuff): this view of social sciences, as a quasi-cartographic pathway towards orienting oneself in the social context, is it the story of my own existence? Answer: hell, yes. As I look back at my adult life, it is indeed a long story of wandering, and I perceive a substantial part of that wandering as having been pretty pointless. I could have done much of the same faster, simpler, and with more ethical value achieved on the way. Mind you, here, I am largely sailing the uncharted waters of ‘what could have happened if’. Anyway, what happened, stays happened.

OK, this is the what. Now, I want to phrase out the how. Teaching means essentially two things. Firstly, the student gets to know the skills he or she should master. In educational language it is described as the phase of conscious incompetence: the student gets to know what they don’t know and should develop a skill in. Secondly, teaching should lead them through at least a portion of the path from that conscious incompetence to conscious competence, i.e. to the phase of actually having developed those skills they became aware of in the phase of conscious incompetence.

Logically, I assume there is a set of skills that a person – especially a young one – needs to find and pursue their personal route through the expanse of social structure, once they have been dropped, by the helicopter of adolescence and early adulthood, in some remote spot of said structure. My mission is to use social sciences in order to show them the type of skill they’d better develop, and, possibly, to train them at those skills.

My strictly personal experience of learning is strongly derived from the practice of sport, and there is a piece of wisdom that anyone can have as their takeaway from athletic training: it is called ‘mesocycle’. A mesocycle of training is a period of about 3 months, which is the minimum time our body needs to develop a complex and durable response to training. In any type of learning, a mesocycle can be observed. It is the interval of time that our nervous system needs to get all the core processes, involved in a given pattern of behaviour being under development, well aligned and acceptably optimized.

My academic teaching is structured into semesters. In the curriculum of each particular subject, the realistic cycle of my interaction with students is like 4 months, which gives room to one full mesocycle of training, from conscious incompetence towards conscious competence, plus a little extra time for outlining that conscious incompetence. Logically, I need to structure my teaching into 25% of developing the awareness of skills to form, and 75% of training in those skills.

One of the first syllabuses I am supposed to prepare for the next academic year is ‘Introduction to Management’ for the undergraduate major of film and TV production. It is part of those students’ curriculum for the first year, when, essentially, every subject is an introduction to something. I follow the logic I have just outlined. First of all, what is the initial point of social start, in the world of film and TV production? Someone joins a project, most frequently: the production of a movie, an advertising campaign, the creation of a You Tube channel etc. The route to follow from there? The challenge consists in demonstrably proving one’s value in that project in order to be selected for further projects, rather than maxing out on the profits from this single venture. The next level consists in passing from projects to organisation, i.e. in joining or creating a relatively stable organisation, combining networks and hierarchies, which, in turn, can allow the sprouting of new projects.

Such a path of social movement involves skills centred around the following core episodes: a) quickly and efficiently finding one’s place in a project typical for the world of film and TV production b) starting and managing new projects c) finding one’s place in networks and hierarchies typical for film and TV production and d) possibly developing such an organisation.

Such defined, the introduction to management involves the ability to define social roles and social values, peculiar to the given project and/or organisation, as well as elementary skills in teamwork. As I think of it, the most essential competences in dealing with adversity, like getting one’s s**t together under pressure and forming a realistic plan B, could be helpful.

Good. Roles and values in a project of film and TV production. What comes to my mind in the first place, as I am thinking of it, is once again the teaching of Hans Georg Gadamer, the heavyweight champion of hermeneutic philosophy: historically, art at its best has been a fully commercial enterprise, based on business rules. Concepts such as ‘art for the sake of art’ or ‘pure art’ are relatively new – they emerged by the end of the 19th century – and they are the by-product of another emergence, that of the so-called leisure class, made of people rich enough to afford not to worry about their daily subsistence, and, in the same time, not seriously involved into killing someone in order to stay this way.

One of the first social patterns to teach my students regarding the values of film and TV production is something which, fault of a better word, I call ‘economic base’. It is a value, in this business, to have a relatively predictable stream of income, which is enough for keeping people working on creative projects. The understanding I want my students to form, thus, is precisely this economic base. How much do I need to earn, and how, if I want to keep working on that YT channel long enough for turning it into a business? What kind of job can I do whilst running such a project? How much capital do I need to raise in order to make 50 people work on a movie for 6 months? I think that studying the cases of real businesses in the film and TV production, and building simple business plans on the grounds of those cases can be a good, skill-forming practice.

Once this value identified, it is important to understand how people are most likely to behave whilst striving to achieve it. In other words, it is about the fundamentals of social competition and cooperation. A simple version of the theory of games seems the most workable, in terms of teaching tools.

The economic base for creative work makes one important value, still not the only one. Creation itself is another one. Managing creative teams is tricky. You have a bunch of strong personalities, and you want them to stay this way, and yet you want them to reach some kind of compromise. I think that simple role playing in class, paired with collective projects (i.e. projects carried out by teams of students) can be instructive.

I am summing up. I am a big fan of long-term tasks as educational tools. Preparing a simple business plan, specific to this precise industry (i.e. film and TV production), paired with training in teamwork, should do the job. Now, the easy path is just to tell students ‘Listen, guys! You have those projects to complete until the end of the semester. Just get on with it. We will be having those strange gatherings called “lectures”, but you don’t have to pay too much attention to it. Just have those projects done’. I have already experimented with this approach, and my conclusion is that it generally allows those clever ones to prove they are clever, but not much more. It is a pity to watch those less clever students struggling with a task they have to carry out over the length of one semester.

I want to devise come kind of path in my students’ zone of proximal development : a series of measured, feasible lessons, leading to tangible improvement. Each lesson covers 6 steps: i) define the project to carry out, as well as its goals and constraints, make a plan, make a team, and make them work on the thing ii) purposefully lead to a crisis iii) draw conclusions from the crisis iv) define the improvement needed v) carry out the improvement and vi) check the results.

As I see my usual schedule over one semester, I can arrange like 5 such sequences of 6 steps, thus 5 big lessons. Now, I am thinking about the kind of core task to carry out in each lesson, so as the task is both representative for film and TV production, and feasible in class. Pitching the concept of a movie is a must, and the concept of a YT platform seems to be a sensible idea as well. I have two types of business concepts, and I feel like repeating each of them twice. That gives 4 sequences of training, and leaves one more in reserve. That one more could be, for example, a content store, in the lines of the early Netflix.

Good. One thing to tick off. As I am having a look at it, the same pattern can be transferred, almost as it is, into the curriculum of Principles of Management, which I teach to the 1st year undergraduates in the major of International Relations. In this particular case, the same path is applicable, just the factual scope needs a bit of broadening. Each of those complex, sequenced lessons should be focused on a different type of business. Typical industrial, for one, something in the IT sector, for two, then something really scientific, like biotech, followed by typical service business, and finally something financial.

Now, I jump. It happens all the time in my mind. Something in those synaptic connexions of mine makes them bored with one topic, and willing to embrace the diversity of being. I am asking myself what I can possibly teach to my students, in terms of finding one’s way across the social jungle, on the grounds of the economic theory which either I fully embrace or I have developed by myself. Here come a few ideas.

However inventive and original you think you are, you are as inventive and original as quite a bunch of other people’. This one comes mostly from my reading of Joseph Schumpeter’s theory of creative destruction and neighbourhood of equilibrium. How can it be useful? If you want to do something important, like starting a business or a social action, going for a job connected to expatriation etc.? Well, look for patterns in what other people do. Someone is bound to have the kind of experience you can learn from.

This is deeper than some people could think. As I work with my students on the general issue of business planning, this particular approach proves really useful. There are many instances of complex business planning – the ‘what if?’ sequences, for example – when emulating some existing businesses is the only sensible approach.

The next one spells: ‘Recurrent bargaining leads to figuring out sensible, workable compromises that minimize waste and that nobody is quite satisfied with’. This principle refers to the theoretical concept of local Marshallian equilibrium, but it is also strongly connected to the theory of games. Frequently, you have the impression of being forced into some kind of local custom or ritual, like the average wage you can expect for a given job, or the average rent you have to pay for your apartment, or the habitual way of settling a dispute. It chafes, and it hurts what you perceive as your own originality, but people around you are strangely attached to this particular way of doing things. This is a local equilibrium.

If you want to understand a given local equilibrium, try and figure out the way this equilibrium is being achieved. Who? What? When? How? Under what conditions does the process work, and in which cases it doesn’t? In other words, if you want to figure out the way to influence and change those uncomfortable rituals around you, you need to find a way of making people bargain and get a compromise around a new ritual.

Comes my own research, now, and the fundamental principles of social path-finding I can phrase out of that research. I begin with stating that population matters, in the most numerical sense. The rate of demographic growth, together with the rate of migration, are probably the most powerful social changes we can imagine. Whatever those changing populations do, they adapt to the available supply of food and energy. At the individual level, people express that adaptation by maximizing their personal intake of energy, within socially accepted boundaries, by maintaining a certain portfolio of technologies. Social structures we live in act as regulators of the technological repertoire we have access to, and they change as this repertoire changes.

Practical implications? You want to experience creative social change, with a lot of new types of jobs emerging every year, and a lot of new products? You need a society with vivid demographic growth and a lot of migration going in and/or out. You want security, stability and predictability? You want people around you to be always calm and nice to each other? Then you need a society with slow or null demographic growth, not much of a migration, and plenty of food and energy to tap into. You want to have both, i.e. plenty of creative change, and people being always nice? Sorry, pal, not with this genotype. It just wouldn’t work with humans.

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund  (and you can access the French version as well). You can also get a free e-copy of my book ‘Capitalism and Political Power’ You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon page and become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

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Très spéculatif mais cohérent

 

Je laisse un peu de côte l’histoire du business plan pour le projet EneFin. Après les deux dernières mises à jour, soit « Deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre » et « Making my brain dance to a slightly different tune », j’ai ce sentiment étrange que cette idée a besoin de mûrir. Je dis que c’est un sentiment étrange, bien que je sois capable de le rendre intelligible, n’est-ce pas étrange ? C’est comme une voix dans ma tête me disait : « Écoute, là-dedans, dans ton subconscient, nous, tes connexions synaptiques, on bosse. On bosse vraiment. Seulement si tout le temps tu te tiens comme ça, juste à côté, et tu nous regardes par-dessus l’épaule, ça énerve et nous, tes connexions synaptiques, lorsqu’on s’énerve, on bosse sans grand résultat. Voudrais-tu donc, notre chère conscience, nous foutre la paix pour quelque temps ? Il y a surement plein de trucs intéressants là-dehors, dans le monde extérieur. Quelle meilleure façon de nous laisser travailler tranquille que d’aller explorer cet extérieur, hein ? ».

J’en passe sur la question philosophique si les connexions synaptiques peuvent avoir une épaule. Néanmoins, leurs postulats semblent rationnels. Une chose est vraie, très certainement : le monde offre plein de choses à étudier.

Alors, je retourne un peu vers un sujet cher à mon cœur de chercheur et de prof d’université : les systèmes politiques et les interactions internationales entre eux. Oui, j’ai ces deux cœurs spéciaux. Mon cœur de chercheur se situe dans le cerveau et celui de prof se trouve en deux endroits : chambre A203 à la fac, et sur mon site « Discover Social Sciences ». Durant l’année académique prochaine j’aurai au moins quatre cours liés à ce sujet. Il y en aura un général – « Systèmes politiques dans le monde » – et trois plus spécifiques : « Commerce international », « Relations économiques internationales » et « Politique économique ».

Comme toujours, le prof en moi aime poser les questions fondamentales. Quelles compétences je veux transmettre, au juste, aux étudiants qui vont suivre ces cours ? La réponse la plus fondamentale vient vite. Je veux leur transmettre l’aptitude à utiliser la méthode scientifique : observation préliminaire, hypothèse, vérification méthodique, interprétation et communication des résultats. Cet apprentissage se fait dans un environnement spécifique, celui de la salle de classe, qui permet aux étudiants d’expérimenter avec leur propre rôle social ainsi qu’avec leur relation avec le prof, donc moi.

Le sentier d’apprentissage que je propose consiste donc à utiliser la méthode scientifique pour bâtir un rôle social. En ce qui concerne les systèmes politiques, je propose souvent à mes étudiants le jeu intellectuel suivant : « Imaginez que vous êtes assistant(e) d’un premier ministre. Votre boss va prononcer un discours durant ce sommet international prévu pour le mois prochain et il vous demande, bien sûr, d’écrire ce discours pour lui. Que mettriez-vous là-dedans ? ».

Voilà que la méthode scientifique entre en scène. Les trucs à mettre dans un discours politique sont de bonne qualité s’ils réfèrent à ce qui se passe réellement. Donc qu’est-ce qui se passe, en ce qui concerne les systèmes politiques ? Le verbe-même « se passer » devient délicat, ici. Il y a des choses politiques qui se passent au rythme séculaire, il y en a qui prennent des décennies pour se passer complètement et il y a ces bulles politiques soudaines qui gonflent, pour éclater ensuite, en l’espace des semaines.

Le truc avec la science est que ça demande de la recherche. Recherche veut dire effort, effort veut dire énergie, énergie veut dire charge émotionnelle, charge émotionnelle veut dire que la chose ait de l’importance pour nous. On fait le plus de recherche sur les phénomènes qui nous excitent le plus.

Ainsi nous venons à ce petit paradoxe qui hante la recherche sur les systèmes politiques : les bulles momentanées éveillent beaucoup plus d’émotions que les vagues de longue durée, pendant que l’importance respective de ces deux catégories est exactement l’opposé. Ce que nous percevons comme évènements politiques d’actualité sont très souvent des évènements purement médiaux, donc une interprétation journalistique de ce qui se passe plutôt que la description proprement dite. Cette interprétation faite par les journalistes est fréquemment leur réponse plus ou moins informée à une stratégie de communication de la part d’acteurs politiques.

En revanche, une augmentation de 1% de PIB au niveau de la différence entre la dette publique brute et la dette publique nette tous les deux ans pendant 20 ans est pratiquement imperceptible pour le large public et à fortiori a peu de chances d’éveiller quelles émotions que ce soit. L’importance systémique d’un tel changement est cependant fondamentale.

Comment diable utiliser donc la méthode scientifique pour filtrer les faits importants à propos des systèmes politiques de parmi le flot continu de la connerie médiatique ? Permettez-moi donc de présenter un dialogue typique dans lequel je m’engage parfois avec mes étudiants. Un dialogue, ça a besoin des personnes. Disons que c’est un dialogue entre Prof et Étudiant.

Étudiant : Prof, que pensez-vous de cette erreur évidente de la part du président Trump d’imposer ces tarifs sur l’acier importé ?

Prof : Comment savez-vous que c’est une erreur évidente ? Qu’est-ce qui est évident dans toute cette situation, au juste ?

Étudiant : Ben, c’est ce qu’ils ont écrit chez The Economist…

Prof : Alors, c’est qui est évident pour vous est ce qui a été écrit chez The Economist, c’est ça ?

Étudiant : Non, pas tout à fait. Je me fais ma propre opinion sur la base de ce que je lis dans The Economist et dans d’autres sources ?

Prof : Bon, alors faisons une distinction de base. Vous venez de signaler deux jugements différents : évidence et opinion. Vous vous faites une opinion et si vous la percevez comme bien fondée, vous la nommez « évidence », n’est-ce pas ?

Étudiant : Oui, et alors ? Ce n’est pas correct scientifiquement ?

Prof : Regardons ça de près. Comment savez-vous que votre opinion est bien fondée ?

Étudiant : Lorsque je ne trouve plus aucune information qui contredit cette opinion.

Prof : Lorsque vous n’en trouvez plus ou bien lorsque vous n’en cherchez plus ?

Étudiant : Je cherche toujours, je suis curieux de savoir.

Prof : Si vous cherchez toujours, cela veut dire que vous ressentez le besoin d’information supplémentaire, donc que vous considérez votre jugement comme non-définitif. Si, en revanche, vous déclarez d’avoir une opinion bien fondée sur le sujet, cela veut dire que vous n’avez plus de dissonance cognitive qui vous pousserait à chercher l’information supplémentaire. L’un ou l’autre. Alors, quelle est votre position sur ces tqrifs sur l’acier, imposés par Donald Trump ? Vous les considérez comme une erreur évidente, vous avec une opinion bien fondée que c’est une erreur ou bien avez-vous une opinion non-définitive à ce propos ?

Étudiant : Qu’est-ce que je peux considérer comme évident ? Ce que j’observe empiriquement ?

Prof : C’est à peu près ça. Une question : comment savez-vous que vous observez quelque chose empiriquement ?

Étudiant : Lorsque j’observe la réalité, c’est une observation empirique.

Prof : Donnez-moi un exemple d’observation de la réalité.

Étudiant : Maintenant, nous-sommes dans cette salle de classe. C’est une observation empirique de la réalité.

Prof : Comment savez-vous que nous sommes ici et pas ailleurs ? Comment savez-vous que nous sommes ici maintenant et pas dans le passé ou dans le futur ? Comment savez-vous que c’est nous qui sommes ici et pas quelqu’un d’autre ? Comment savez-vous que c’est une salle de classe ?

Étudiant : Prof, avec tout mon respect, j’ai bien lu Bertrand Russell moi aussi. Je sais que toute proposition formulée en une langue humaine est une simplification de la réalité. Mais comment peut-on appliquer cette logique aux tarifs sur l’acier ?

Prof : Voilà qu’on arrive sur le chemin correct de raisonnement. Nous venons d’illustrer quelques principes fondamentaux de méthode scientifique. Vous pouvez les trouver, par exemple, chez Milton Friedman. Passons-les brièvement en revue. Un, tout ce que nous disons à propos de la soi-disant réalité est une hypothèse. Deux, cette hypothèse est formulée sur la base d’axiomes, soit d’hypothèses que nous ne nous emmerdons plus à prouver à chaque fois puisqu’une telle preuve est plus difficile et plus longue que tout ce qu’on pourrait faire avec. Les axiomes sont comme un marteau : pour enfoncer des clous je n’ai pas besoin de connaitre la composition exacte du métal utilisé pour la tête du marteau. Trois, à propos de tout ensemble des phénomènes observable nous pouvons formuler un nombre indéfiniment grand d’hypothèses distinctes. Trois, juste une petite fraction de parmi toutes ces hypothèses sont des propositions vérifiables ; le reste, ce sont des hypothèses spéculatives, intéressantes comme exercice intellectuel, mais pas beaucoup de plus. Quatre, la vérification d’une hypothèse consiste, très précisément, à définir les conditions sous quelles elle est définitivement fausse et non pas définitivement vraie. Il n’existe pas de preuve empirique de la véracité absolue de quelle hypothèse que ce soit. Alors, en ce qui concerne les tarifs sur l’acier, quelles sont les phénomènes le plus directement observables et encombrés de relativement la moindre dose de spéculation ?

Étudiant : Bon, j’essaie. Donald Trump a imposé des tarifs nouveaux sur l’acier ? Est-ce suffisamment objectif ?

Prof : Tout à fait. C’est tellement objectif que ça mérite un développement. C’est le président des États-Unis qui a imposé ces nouveaux tarifs, pas le Congrès. Pour être plus précis, c’est une proclamation présidentielle, un acte exécutif extrêmement flexible, dans le cadre duquel le Président reste entièrement dans le domaine de ses prérogatives discrétionnaires. En termes des relations internationales, Donald Trump a pris une position tout aussi flexible. En principe, il peut reculer ou changer les détails à tout moment. Quoi d’autre, vraiment évident, pouvez-vous observez dans cette situation ?

Étudiant : Ça emmerde le monde ? Je veux dire, les autres gouvernements protestent ?

Prof : Très bien. Nous avons donc le Président des États-Unis qui prend une position très flexible sur un point important des relations internationales et cette position provoque une tension significative dans lesdites relations. Hypothèses ?

Étudiant : C’est provocant ? Je veux dire, c’est une provocation délibérée pour pousser ces gouvernements à prendre des positions claires sur des points où ils préfèreraient rester flous, normalement ?

Prof : Possible, bonne hypothèse. Quelque chose d’autre ?

Étudiant : Il y a un enjeu caché, plus important que l’acier. Toute cette tactique d’escaler la tension est relative à cet enjeu-là ?

Prof : Très spéculatif, mais cohérent. Par « très spéculatif » je veux dire qu’il faudrait pas mal de gymnastique en termes de recherche empirique pour formuler une preuve acceptablement robuste de la véracité de cette hypothèse.

Ce petit dialogue entre le Prof et l’Étudiant montre le chemin de raisonnement scientifique à partir d’une bulle médiatique du genre « mais qu’est qu’il est en train de foutre, ce Trump ! » vers une compréhension à la fois plus pratique et plus rationnelle.

J’ai une remarque importante à faire, à ce point de mon discours. Je ne suis ni un partisan de Donald Trump ni son opposant. Le gars est intéressant, il m’intrigue et il énerve le monde. J’ai horreur de partager des hystéries collectives car lorsque je le fais, je me sens comme un con. Ce que fait Donald Trump en termes de politique est un sujet acceptablement sujet à la recherche – je veux dire qu’il y a une quantité acceptable de matériel empirique – donc je la fais, cette recherche.

Je viens de parler de la compréhension à la fois pratique et rationnelle vers laquelle j’aime conduire mes étudiants. Qu’est-ce qu’il y a de pratique dans les sciences sociales, comme dans les sciences politiques ? Eh bien, toute science est une théorie fondée sur de la recherche empirique. Cette théorie est une généralisation disciplinée de l’expérience pratique et nous pouvons l’utiliser pour prédire notre expérience future. Une science sociale, appréhendée comme une méthode scientifique, est quelque chose qui peut servir.

Imaginez que vous êtes dans l’un de ces shows à la télé, où l’hélicoptère vous dépose au milieu de nulle part et vous avez à trouver votre chemin vers un point de sauvetage. Vous devez impérativement trouver votre chemin, donc trouver des repères, tracer un parcours et se faire une idée réaliste d’effort que vous avez à fournir pour arriver à votre point B.

Une jeune personne au seuil de la vie adulte, donc un étudiant typique, est très largement dans la même situation. L’hélicoptère de l’existence dépose cette personne en un endroit juste un peu familier et ensuite il faut trouver son chemin à travers cette jungle que nous appelons « la vie ». Il est utile de trouver ses repères, donc de comprendre comment fonctionne la structure sociale autour de nous. Il est utile de se fixer consciemment des buts à poursuivre. Ces buts feraient bien d’être à la fois éthiques et réalistes, donc il est utile de comprendre la distinction pratique entre le bien et le mal dans le contexte social précis, et il est tout aussi pratique de savoir quel type d’action marche et le distinguer de ce qui ne marche pas ou bien marche juste un peu.

C’est bien mon approche dans la profession des sciences sociales : montrer comment ça marche en général, montrer les parcours typiques que les gens suivent, et finalement faire comprendre la valeur éthique et le réalisme d’actions prises sur ces parcours. Vous pouvez remarquer que je viens d’utiliser l’expression « la profession des sciences sociales ». Oui, c’est bien une profession pour moi, tout comme si j’étais un charpentier, un plombier (Polonais, sic !) ou un médecin légiste. Je suis profondément convaincu que les sciences sociales, ça doit servir à quelque chose. La physique, la chimie, la géographie – toutes ces autres disciplines scientifiques ont leur jumeaux (ou presque) sous forme d’arts d’ingénierie correspondants. En revanche, les sciences sociales, c’est un peu flou de ce point de vue. Bien sûr, elles sont appliquées – dans le monde de la politique ou celui de la finance – mais je trouve que le parcours qui mène du premier apprentissage théorique à l’application pratique est particulièrement long dans le cas de ce domaine scientifique.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund (aussi accessible en version anglaise). Vous pouvez aussi télécharger mon livre intitulé “Capitalism and Political Power”. Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon . Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

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Making my brain dance to a slightly different tune

 

I have those many different things running in parallel. I believe it is called ‘living’. I am trying to handle that complexity without inventing special metaphysics for that occasion, like ‘It is pointless to do X, I should entirely focus on Y and Z’. Over that half of a century that I have been in this world, I have come to appreciate the fact that my individual existence is truly a complex singularity. What is pointless is the denial of that fact.

Anyway, I keep nailing down two things: my business plan for the EneFin project, and my teaching programmes. As for the business plan, I made a big step forward in putting all its pieces together in my last update in French, namely « Deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre ». Now, I am going to do something I like doing, i.e. reading backwards. A few years ago, I found out that reading backwards any text is really informative. You probably know that postulate of transformative grammar that each statement in language has at least two layers of meaning: the deep structure, which contains a lot of information, and which we almost never use in current communication, and the superficial structure, which we use in the verbal expression properly spoken, and which is a contracted and generalised version of the corresponding deep structure.

I found out that when I read a text backwards word by word, which goes like ‘like goes which word by word backwards text a read I when that out found I’, and the text is really complex, that inverted reading sort of peels off layers of meaning and allows to get more information out of that piece. I am going to do the same, just idea by idea, and not really word by word, with that summary of business plan that I introduced in « Deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre ».

So, the last idea, put in the first place, is that in the market of FinTech utilities, supposed to facilitate the development of new businesses, three pricing strategies are available. Strategy #1 is that of relatively high commission levied on each transaction done at the corresponding FinTech platform, and that relatively high price would be around 5% of the value being transacted. Strategy #2 goes the completely opposite way and sets the transactional fee at a level comparable to that applied by typical brokerage houses in the stock market, like 0,4% ÷ 0,7%. Strategy #3 tries to go sort of the middle way and sets the transactional fee at a rate similar to that charged on a typical bank loan for SME (Small and Medium-Sized Enterprises), which is currently around 1,6% if you know the right bank for you.

There is a catch in this strategic choice. There is a general assumption regarding the connection between financial markets and real business: the latter has a definite need for capital, based on the value of the current output, and on the parameters of the Cobb-Douglas production function. In this specific case, it is the aggregate need for capital from the part of small, local investment projects in the field of renewable energies, in Europe. Those guys need a definite amount of capital, let’s call it K, conformingly to the tradition of economic sciences. That stream of capital generates a stream of financial fees on giving that capital a lift on its journey, and that stream of financial fees is the market, where FinTechs dwell.

Strategy #1 defines a market worth 5%*K, Strategy #2 drives it down to (0,4% ÷ 0,7%)*K, and Strategy #3 settles for 1,6%*K. You understand? For each strategy, I assume that my EneFin project would be one among many to use it and thus each strategy would define a financial market. If the majority of players goes for Strategy #2, the really aggressive, low-price one, any FinTech business with higher fees, like in Strategy #1 or #3, would almost automatically face a glass ceiling. On the other hand, if the first FinTech settlers in that market go for Strategy #1, at 5%, it leaves to the others a whole range of possibilities. The choice between those three strategies is not only numerical. It is a choice between various levels of aggressive competition, too.

Whatever the final choice, the reverted reading of my own ideas has proven fruitful. I found a hole, to stuff up with information. How much capital do new projects in renewable energies really need, in Europe, at the aggregate level? I start that estimation with the data I have, and then I will do some rummaging online. I will use the theoretical construct known as LCOE, or ‘Levellized Cost Of Energy’. With It being the capital invested in period t, and Mt standing for the cost of maintenance in period t, accompanied by the cost of fuel Ft in period t, the real output of energy Et allows calculating LCOE with the formula below:

LCOE

With renewables, fuel is for free, hence Ft = 0. The capital that suppliers of energy need for investing in the new capacity of new projects, and for maintaining them in good condition is equal to K = ∆Et*LCOE. Quarterly reports published by the European Commission allow estimating the typical LCOE, in the market of renewables, at some €0,06/kWh, with a descending trend. In like 5 years from now, we can expect LCOE being closer to €0,04/kWh. As for the ∆Et, my own estimates allow ranging it between 82 TWh and 107 TWh a year. As I convert the terawatt hours into kilowatt hours, and do the ∆Et*LCOE, it gives €4,94 billion ≤ K ≤ €6,42 billion a year.

This is my own educated guessing. Now, I go and ask IRENA, i.e. the International Renewable Energy Agency. It proves to be a good idea. I find something interesting. According to my own estimations, the output of renewables in Europe, in 2017, was around 3 670,45 TWh, which, in turn, allows guessing an underlying capacity of 3 670,45 TWh/ 8760 hours = 419 TW. In means that what I computed as capacity actually used makes like 82% of the capacity installed. As I run the same kind of check for 2015, I have the output of renewables at 3 423,5 TWh, which corresponds to a capacity of 390,8 TW, and IRENA provides 465,4 TW of capacity installed, for the same year 2015. Capacity used divided by capacity installed, in this case, gives like 84%.

It generally holds in the presence of two-sided, anti-bullshit test. Capacity installed is usually greater that the one actually used. The opposite is impossible, whilst equality between these two is hardly conceivable, and risky for the energy system as a whole. If I base my calculations of capital needed on the delta of capacity installed, I need to add that overhang of capacity left in reserve, yet financed. I target this one as a surplus of 20%. Consequently, my calculation of capital required morphs into €5,93 billion ≤ K ≤ €7,71 billion a year.

I apply my three alternative strategies to that fork of aggregates, and I get the numbers shown in Table 1 below. It is clearly more than what I computed in « Deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre ». Given the logic underlying these two alternative calculations, I would rather go for the second one, i.e. that in Table 1. There are more empirical anchors in this second calculation. Still, this is the estimated need for capital in the whole European market of renewable energies. The financing scheme proposed in the EneFin concept suits most of all those relatively small, strongly local projects. Probably, they make just a fraction of those aggregates in Table 1.

Table 1

Estimated value of the market in financial services for the suppliers of renewable energies in Europe, € billions
From To
Strategy #1  296,31  385,46
Strategy #2  29,63  38,55
Strategy #3  94,82

 123,35

As I see and feel it, that business plan for the EneFin project still needs some ripening. I am letting it crystallize in my brain. Take your time, business plan. Take your time. Anyway, what really counts as my personal creation is what will remain in this world after I am dead. I am changing my topic. I turn towards teaching and the preparation of syllabuses for the next academic year. I am using this same occasion to write some educational takeaways for my website.

As it comes to teaching, I feel like shaking it off a bit. Each year, I have more and more teaching hours, at the university. In the academic year which has just ended, it was over 500. In the one to come, it is likely to go over 700. I want to reassess my goals and my values in that process. This is an interesting thing I discovered quite recently, as a matter of fact: casual tasks can be done acceptably well without putting much of myself in the doing of them, but a big, solid workload requires real emotional involvement, at least if I want to do it really well and not to burn myself out in the process.

So, here is the list of the main subjects I have in my schedule for the next academic year:

  • Management: I teach it in two different, Undegraduate majors, and in two languages. I teach that curriculum for the major of International Relations, in English, and for the major of Film & Media Management, in English as well. Besides, I teach in Polish the same subject for the same major of Film & Media, Polish track.
  • Business Planning/Innovation planning – teach it in Polish, in the 3rd year of Management major for undergraduates. This is supposed to be an integrative, advanced course, with little theory and a lot of practical work.
  • Microeconomics – in the English track, I teach it in the first year of International Relations’ major, Undergraduate, basically to the same students whom I work with in the course of management; I am going to teach similar curriculum in the Graduate major of Management, English track as well; in the Polish track, this is a complementary course for the 1st year of Information Technology undergraduates.
  • Economic Policy – I teach this curriculum in the English track, 3rd year undergraduate in the major of International Relations.
  • International Trade/ International Economic Relations – the slash I put in the name of this subject means that it consists, in fact, in two similar subjects I teach at two different levels, i.e. Undergraduate (International Trade) and Graduate (International Economic Relations), of the English track in the major of International Relations
  • Political Systems – English track, Graduate level, major Management

Good, so this is the inventory of what I do, and now my big question is: what do I really want to do in what I do? What do I want to achieve in terms of teaching outcome? What do I want my students to learn?

The first part of my answer is pretty simple: I want them to learn science as such, i.e. the scientific method, and I want them to become basically proficient in using that method for building their own social roles in an intelligent way. I want to train them at the sequence made of observation followed by hypothesising, which is further followed by empirical verification and communication of results. One of the big lessons you can learn, when practicing this sequence, is that it takes time and smart coordination of your own actions. Science, understood as a method of dealing smartly with that bloody mess we call reality, requires both creativity and rigour, and these two traits are the second major takeaway I want my students to have, in my classes.

This basic education goal comes from two plain observations. Firstly, there are things you can learn in a classroom, and those which you just can’t. Secondly, we are coexisting with an emergent form of intelligence, the digital one, and we need to adapt. Can you learn management in a classroom? Certainly not. Management is a craft and an art, in the first place, and only secondarily this is a science. As craft and art, management is, most of all, fierce inter-personal competition inside a complex social structure. Yes, there is ethical management. Yes, there is management for higher a purpose. Yes, you can imagine ethereal beings like that. Still, if you want to do any management at all, you have to stay in the game inside an organization, and in order to achieve that simple goal, you need to be efficiently competitive.

Can you learn international relations in a classroom? Once again, the answer is: hell no. If, one day, you try to put together a policy, a social action, or a business at the international scale, you can really learn what international relations are. If you can’t learn management in a classroom, and can’t learn international relations, what is the point of teaching them at a university? If you ask this question, you are bloody touching the essence of the thing, as I feel it. I named some of the things you can’t learn in a classroom, so what are the things you can?

In order to understand the learning you can have out of any situation, the essential thing is to understand what is happening in that situation. In a classroom, we are basically having a conversation in a semi-organized group. Semi-organized means there is a basic division of roles – I teach, students learn and take exams – but we have a lot of flexibility when it comes to ritualizing the whole situation. I can play the distant, cold, exigent bastard, or I can play the nice guy. Students can play the smart ones, the diligent ones, or can play fools.

If you have a semi-defined social role, both you and your social environment will push towards defining it completely. This is what we, humans, do: we shape our social structures so as to make social relations acceptably predictable. Thus, in a classroom, the most fundamental process of learning that takes place is the transition from semi-defined social roles to the fully defined ones. Students essentially learn how to make themselves into the social role they think their social environment expects them to endorse.

I remember one student, from the last Winter semester. He had that special style, combining Gothic elements, such as demon-looking, all black contact lenses, with a vaguely androgynous clothing and haircut. Apparently, a rebel. Still, it was nothing short of amazing to watch this alleged rebel in his virtually desperate efforts to find a role in the group, i.e. in relations with other students and with me. That guy was literally experimenting with himself, and tried to play a slightly different role at each of the 30 classes scheduled in the semester.

Thus, in a classroom, what we have in terms of the most fundamental teaching, is a partly controlled environment for training students in the definition of their own social roles. It is like: ‘Look, you can read this book, and you can use that reading to endorse various stances. You can play the dumb one, who doesn’t understand anything. You can play the diligent one, who wants to get extra points by writing an optional essay. You can play the smart guy, and challenge me in class on the grounds of that book. In short, you can learn how to use large parcels of theoretical knowledge in order to experiment with your own social identity’.

OK, enough writing in that update. I feel like switching, as it is my ritual, to French, once again, to make my brain dance to a slightly different linguistic tune.

I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund  (and you can access the French version as well). You can also get a free e-copy of my book ‘Capitalism and Political Power’ You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon page and become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

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Deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre

Mon business plan pour le projet EneFin prend forme. Dans cette mise à jour je vais essayer de reconstruire ce concept depuis le début, juste pour voir ce que ça donne et pour être capable d’utiliser ce business plan, ainsi que le processus de mon travail là-dessus comme outil éducatif. Je sais que ceux parmi mes lecteurs qui ont suivi plus ou moins systématiquement mon travail sur ce concept peuvent trouver cette mise à jour un peu rébarbative. Néanmoins c’est l’une de ces occasions ou quelque chose à l’intérieur de mon cerveau dit simplement « Fais le. Juste la ferme et écris ». Bon, donc je la ferme et j’écris.

Ça commence avec l’étude de marché. La base empirique du concept vient de l’observation des prix d’énergie, plus exactement des différences observables entre les prix d’électricité pour les petits utilisateurs type ménager, d’une part, et les grands consommateurs institutionnels d’énergie d’autre part.

Tableau 1 – Prix moyens d’électricité dans certains pays européens

Pays Prix moyen d’électricité pour les petits consommateurs ménagers, € par 1 kilowatt heure Prix moyen d’électricité pour les grands consommateurs institutionnels, € par 1 kilowatt heure
Autriche € 0,20 € 0,09
Suisse € 0,19 € 0,10
République Tchèque € 0,14 € 0,07
Allemagne € 0,35 € 0,15
Espagne € 0,23 € 0,11
Estonie € 0,12 € 0,09
Finlande € 0,16 € 0,07
France € 0,17 € 0,10
Royaume Uni € 0,18 € 0,13
Pays-Bas € 0,16 € 0,08
Norvège € 0,17 € 0,07
Pologne € 0,15 € 0,09
Portugal € 0,23 € 0,12

Pourquoi donc ces fourchettes des prix m’eurent inspiré à bâtir un concept d’entreprise ? Eh bien, parce que je suis un économiste et pour un économiste, des prix différents pour le même bien – une kilowatt heure d’énergie électrique en l’occurrence – veulent dire qu’il y a une plus-value financière à exploiter. Les distributeurs d’énergie l’exploitent de façon typique. Le choix compétitif qu’un ménage typique peut faire entre des fournisseurs différents d’électricité est toujours sévèrement limité. La pratique commune des distributeurs de garantir une fourniture stable d’énergie seulement à condition d’avoir signé un contrat long-terme, typiquement pour 24 mois, est l’un des facteurs majeurs qui réduisent la compétition. Eh ben oui, faut appeler les choses telles qu’elles sont : les grands distributeurs d’énergie en Europe exploitent les petits consommateurs d’énergie.

Alors mon idée consiste à exploiter cette situation en sens inverse. Du point de vue comportemental, la situation présente veut dire que les petits consommateurs d’énergie sont habitués à payer des prix relativement élevés pour alimenter leurs frigos et leurs plafonniers. Ces prix, ainsi que l’habitude de les payer sont en quelque sorte incrustés dans notre mode de vie. Le comportement humain est une forme d’énergie, aussi bien au sens littéral que métaphorique. Maintenant, cette énergie est utilisée pour maintenir une structure de marché que nous, les économistes, on appellerait « oligopole basé sur le monopole naturel ». Mon idée consiste à rediriger cette énergie vers la création d’une structure de marché plus compétitive et plus diversifiée, avec plus de petits fournisseurs locaux d’énergie et un choix compétitif réel pour les petits consommateurs.

Le concept financier est le suivant : puisque de toute façon nous, les petits consommateurs d’énergie, nous sommes habitués à payer un prix relativement élevé, continuons donc de le payer, seulement investissons la plus-value monopolistique contenue dans ce prix dans le développement des nouveaux fournisseurs d’énergie. Cette plus-value monopolistique varie de pays en pays, néanmoins il est possible de calculer une moyenne conservative de €0,09 par kWh.

Maintenant, je définis un marché européen comme l’ensemble fait de l’Union Européenne plus la Suisse et la Norvège. Je sais que l’Union Européenne est en train de se disloquer un peu, avec mon propre pays, la Pologne, courant joyeusement dans cette direction, néanmoins, faute de mieux, je considère l’UE comme un marché commun qui peut facilement coopérer avec la Suisse et la Norvège. Dans le cadre de ce marché européen, la consommation moyenne d’énergie par tête d’habitant, selon les données de la Banque Mondiale, en 2015, était de 3250,30 kilogrammes d’équivalent pétrole, qui est égal à 3250,30 * 11,63 =  37 801,04 kilowatt heures.

Dans cette consommation moyenne, celle qui est strictement ménagère semble se ranger aux environs de 17 ÷ 20%. Pour calculer ce pourcentage, j’ai utilisé plusieurs sources. Selon les agrégats accessibles sur le site de l’Agence Internationale d’Énergie , dans le monde entier, la consommation ménagère fait environ 26% de la consommation finale totale. L’Europe est fortement industrialisée et urbanisée, donc la part non-ménagère de la consommation finale d’énergie, faite précisément de l’industrie et du transport, est susceptible d’être légèrement plus élevée que la moyenne mondiale. Un rapport publié sur www.energymarketprice.com , dans leur série « Energy Statistics Report », suggère que la consommation ménagère d’énergie, en Europe, ne fait que 17,3% du total.

Je calcule donc : 17,3% * 37 801,04 kilowatt heures par tête d’habitant * €0,09 * 523 174 318 habitants ≈ 307,92 milliards d’euros de plus-value monopolistique agrégée et générée en 2015, dans le marché européen d’énergie fournie aux petits consommateurs ménagers. Graphe 1 ci-dessous présente le développement de cette plus-value dans le temps. Elle varie d’année en année, avec une moyenne de 316,54 milliards d’euros par an. Chose intéressante que vous pourrez, par ailleurs, observer par vous-mêmes avec les données qui vont suivre : cette plus-value monopolistique agrégée avait connu son apogée en 2005 – 2007 et depuis, elle suit une tendance décroissante inversement corrélée avec la croissance du marché d’énergies renouvelables en Europe. En d’autres mots, depuis 2007, chaque gigawatt heure d’énergie renouvelable fournie en Europe enlève, en moyenne € 23 924,08 de cette plus-value monopolistique. Le développement des renouvelables en Europe objectivement améliore la position des petits utilisateurs ménagers dans le marché d’énergie.

Graphe 1

Plus value monopolistique

Nous avons donc une tendance intéressante, là, et je décide de la suivre d’une façon créative. J’imagine un contrat complexe – que j’appelle « contrat EneFin » – dans lequel le fournisseur d’énergie vend au consommateur final un paquet des kilowatt heures d’énergie – à un prix normalement réservé aux grands consommateurs institutionnels – plus un paquet des titres de participation dans le capital social du fournisseur, pour un montant égal, en moyenne, à K = €0,09 * la quantité d’énergie en kWh.

Construisons un exemple. Je reviens à l’idée formulée dans deux mises à jour antérieures :  « Something to exploit subsequently » et « The stubbornly recurrent LCOE ». L’endroit : Lisbonne, Portugal. La technologie : une turbine éolienne à l’axe vertical conforme à la demande de brevet no. EP 3 214 303 A1 déposée à l’Office Européen des Brevets. C’est l’une de ces turbines éoliennes qui sont suffisamment petites pour être installées dans la proximité immédiate d’habitations humaines. Le business : un réseau de telles turbines installées dans les endroits relativement venteux de Lisbonne, surtout dans la partie Ouest, le quartier de Belém. Avec la vitesse moyenne de vent, à Lisbonne, égale à v = 4,47 mètres par seconde, chaque turbine, selon cette technologie particulière, peut générer dans les 47,81 kW de capacité électrique. Sur les 365*24 = 8760 heures dans l’année, ça donne 418 815,60 kWh d’énergie.

Un ménage moyen à Lisbonne, c’est apparemment 2,6 personnes et ces 2,6 personnes prises ensemble consomment dans les 11 151,20 kWh d’énergie ménagère par an. Oui, je sais, prendre deux personnes entières ensemble avec 0,6 d’une autre personne pourrait conduire, dans la vie réelle, aux conséquences néfastes, mais on parle statistique, pas vie réelle. Enfin, vie réelle aussi, mais sous un angle spécifique, qui permet à ces 0,6 d’une personne de mener une vie économique paisible.

Le prix d’énergie au Portugal c’est €0,23 selon le tarif ménager et €0,12 selon le tarif grands clients institutionnels. La fourchette de plus-value monopolistique est donc particulièrement juteuse dans ce marché particulier : €0,23 – €0,12 = €0,11 donc deux euro cents de plus que cette moyenne €0,09 que je viens de calculer plut haut. Notre ménage moyen paie donc, dans ces factures d’énergie, environ €1 226,63 de plus-value monopolistique. Le truc important ici est que notre ménage moyen est habitué à la payer, cette plus-value. Ces gens ont déjà incorporé ce montant dans leur budget ménager typique. Ce comportement habituel est une forme d’énergie en soi-même.

Maintenant, on redirige cette énergie vers ce réseau de petites turbines éoliennes à l’axe vertical. Avec les prix donnés plus haut, l’énergie générée par une turbine représente 418 815,60 kWh * €0,11 = €46 069,72 de plus-value monopolistique. Une turbine peut alimenter en énergie 37,56 ménages moyens à Lisbonne et ces 37,56 ménages peuvent investir, dans le capital social de la société qui installe et maintient ces turbines, la plus-value monopolistique qu’ils paient déjà, dans leur facture d’électricité.

Voilà donc que notre contrat complexe entre en jeu. Pour quelques instants, j’endosse le rôle de cet opérateur local de petites turbines éoliennes selon la demande de brevet no. EP 3 214 303 A1. Je fais du porte à porte (métaphoriquement parlant) et je propose le deal suivant à ces ménages Lisbonnins : « Vous achetez de moi des paquets standard d’énergie, disons 1000 kWh = 1 MWh par paquet. Les 11 premiers paquets, vous les payez au tarif standard, €0,23 par kilowatt heure, donc €230 par paquet de 1000 kWh = 1 MWh. Dans chaque paquet de 1 MWh, les €230 que vous payez partiellement retourne à vous en forme d’actions dans mon capital social et la valeur nominale de ces actions est égale à la plus-value monopolistique, donc 1000*(€0,23 – €0,12) = 1000*€0,11 = €110 que vous aurez payé dans le prix d’énergie chez un grand fournisseur. Dans ces 11 premiers paquets, vous entrez donc dans mon capital social pour l’équivalent nominal de 11*€110 = €1 210,00.

Les 11 paquets suivants, donc paquet 12 jusqu’au paquet 22, vous les payez à €0,19 la kilowatt heure, soit €190 par paquet, et cette fois, chaque paquet acquis, en plus de l’énergie fournie, vous apporte 1000*(€0,19 – €0,12) = 1000*€0,07 = €70 d’actions dans mon capital social. Cette seconde tranche des paquets d’énergie vous apportera donc une participation nominale de €770 dans mon capital social et vous aurez déjà fait une bonne affaire sur le prix total payé, par rapport à votre facture d’électricité que vous payez maintenant.

Si vous achetez encore plus, donc si vous allez dans une troisième tranche de 11 paquets d’énergie (paquets 23 à 33) le prix total payé pour 1 kilowatt heure descend à €0,15, soit €150 par paquet de 1 MWh et chaque paquet vous donne 1000*(€0,15 – €0,12) = 1000*€0,03 = €30 en actions dans mon capital social.

De tout en tout, après avoir acheté 33 paquets d’énergie de 1 MWh chacun, ce qui correspond à la quasi-totalité de votre consommation ménagère d’énergie sur 3 ans, vous aurez : a) fait des économies absolues sur frais d’électricité égales à 33000*€0,23 – 11000*€0,19 – 11000*€0,15 =  €3 850,00 b) acquis les actions de mon capital social pour la valeur nominale de 11000*(€0,23 – €0,12) + 11000*(€0,19 – €0,12) + 11000*(€0,15 – €0,12) =  €2 310,00. En plus, après avoir acheté ces 33 paquets d’énergie, chaque paquet supplémentaire, vous le payez au même prix qu’une grande usine l’aurait payé, donc au tarif de €0,12 par kilowatt heure réservé aux gros acheteurs ».

V’là la combine. Qu’en diriez vous ? Ah bon ? Acquérir ces actions, signer ces contrats, tout ce bazar vous fait un peu peur ? Calmos, Herr Doktor Wasniewski a la solution rêvée pour vous : faire tout ça en forme de fonctionnalité FinTech. Vous entrez une page Web, comme PayPal. Seulement celle-là, elle s’appelle EneFin. Click. Vous ouvrez un compte client. Click. Vous versez du liquide dedans. Vous cliquez sur le lien hypertexte « Contrats complexes offerts couramment » et vous pouvez choisir dans une liste des contrats du type juste décrit plus haut. Click. Vous achetez les contrats de votre choix. Vous n’avez pas de liquide pour verser sur le compte client ? Pas de problème : EneFin sera ravie de vous en prêter, de ses propres fonds ou bien comme agent d’une banque. Click.

Ici, Herr Doktor Wasniewski a encore un tout petit problème à résoudre. Pour que les clicks marchent, en général, il faut convertir les deux contrats simples du contrat complexe, donc le contrat d’achat d’énergie et celui d’achat d’actions dans le capital social, en une sorte de token digital. L’acquisition d’actions dans le capital social d’une société requiert tout un tas de formalités, peut-être même l’intermédiation d’une maison de courtage boursier. Chaque pays européen a ses régulations spécifiques à ce propos. Il faudra donc étudier ces dispositions légales et faire des contrats spécifiquement taillés à chaque pays.

Bon, disons que Herr Doktor Wasniewski a résolu ce tout petit problème et nous avons ce token digital, échangeable en ligne. Voilà le noyau dur du projet EneFin : créer une plateforme transactionnelle du type FinTech qui offre ces contrats complexe en une forme digitale. J’assume que toute la combine décrite plus haut s’applique au marché d’énergies renouvelables en Europe comme définie encore plus haut, donc UE + Norvège + Suisse. Ce marché, je l’évalue prudemment à quelques 3 670,4 térawatt heures en 2018, avec un taux de croissance annuel de 3,8%, en moyenne entre 1990 et 2017. Le marché d’électricité des sources renouvelables pour l’usage ménager, je le calcule suivant la même proportion de 17,3% de la consommation totale, soit 634,99 TWh. Au prix moyen de détail de €0,19 par kilowatt heure pour les ménages, j’estime la valeur de ce marché à 120,65 milliards d’euros, dont quelques €57,15 milliards correspondent à cette plus-value monopolistique qui avait déclenché toute cette avalanche d’idées dans ma tête.

Plusieurs gouvernements européens donnent un support fiscal substantiel aux énergies renouvelables. Seulement certains projets dans le domaine sont susceptibles d’être financés façon EneFin : des projets relativement petits et fortement locaux, où il y a des chances de bâtir des liens quasi-coopératifs entre les consommateurs du coin et le fournisseur local. J’assume, d’une manière plutôt conservative, que seulement 2,5% de ce marché total des renouvelables sera susceptible à capter à travers des solutions financières du type EneFin. Ça fait dans les 3 milliards d’euros, dont environ €1,43 milliards sont faits de cette fameuse plus-value monopolistique, possible à rediriger vers le capital social des petites startups locales.

Un intermédiaire financier, ça gagne son pain à la commission, essentiellement. Je pense qu’EneFin ne fera pas exception à cette règle. Il est vrai que dans le FinTech, ça paie de passer de la marge de commission pure à une sorte de forfait (abonnement) périodique. Néanmoins, ce forfait, du point de vue économique, est tout simplement un montant espéré de commission lissé sur une période de temps.

La question reste ouverte en ce qui concerne la taille exacte de cette marge de commission. Moi, dans tous les calculs que j’ai fait jusqu’alors, pour le projet EneFin, j’assume une marge de base de 5% qui descend jusqu’à 4% lorsqu’elle se transforme en forfait mensuel. Seulement ça, c’est juste mon assomption. La fourchette entre les marges réellement pratiquées dans le secteur financier est vraiment large. Lorsque j’avais étudié le rapport annuel de Square Inc., la proportion entre le revenu et les coûts, dans ce qu’ils appellent eux-mêmes « revenu basé sur la commission », suggère une marge de 20% qu’ils prélèvent. En terme de marge financière, c’est gargantuesque, mais je n’ai rien de mieux dans leur cas. D’autre part, les maisons de courtage boursier prélèvent typiquement une marge transactionnelle de 0,3 ÷ 0,7%.

Bien que comprise dans une fourchette très large, la marge de commission a sa propre logique financière. J’assume que le payeur de la marge sera le fournisseur d’énergie qui vendra ses contrats complexes à travers la plateforme EneFin. La commission qu’il paie à EneFin est le prix du capital qu’il acquiert de cette façon. Je compare au prêt typique pour les PME. Selon le service meilleurtauxpro.com, un bon prêt oscille entre 1,1% et 1,6%. En revanche, chez accesscreditpro.com, ils suggèrent plutôt quelque chose entre 1,3% et 2,85%.

Ceci dit, à part la commission sur transactions, une société FinTech peut gagner un revenu supplémentaire sous deux autres formes : intérêt sur les prêts accordés au clients ainsi que le taux de retour sur les actifs financiers détenus. Le taux d’intérêt nominal, pour les clients, serait probablement la marge interbancaire LIBOR plus la provision pour risque plus la marge réelle d’EneFin et c’est cette dernière qui nous intéresse. Une estimation réaliste est, je pense, 3 – 4% de marge nette par-dessus LIBOR et provision pour risque. En ce qui concerne le taux de retour sur actifs financiers, je pense qu’il faut se préparer à un portefeuille des placements type obligations d’État, donc à un taux nominal dans les 2 ÷ 3%.

Avant que je passe plus loin, une petite digression. Dans tout ce bavardage que je viens de déverser, j’ai défini deux facteurs majeurs de risque dans le projet EneFin. Premièrement, c’est le risque légal qui découle de la structure complexe des contrats échangés à travers EneFin. Deuxièmement, c’est le risque financier attaché au prix réel du capital.

Digression formulée, je continue. Avec toutes ces assomptions en ce qui concerne les marges financières pratiquées, le lecteur pourra demander : « Bon, mais où, dans tout ça, se trouve le revenu gagné sur la technologie elle-même. Herr Doktor Wasniewski, dans plusieurs mises à jour antérieures, vous aviez présenté des cas comme Fintech Group AG ou bien Katipult, qui empochent des forfaits à titre d’accès à leur plateforme technologique. C’était dans « Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité » ou bien dans « Crossbreeds, once they survive the crossbreeding process » . Qu’en faites-vous, Herr Doktor Wasniewski ? ».

Eh bien, c’est que j’en fais c’est que j’y pense. Je pense avant tout que pour vendre l’accès à une technologie, il faut que celle-ci soit vraiment unique et compétitive. Une telle technologie, j’en ai pas, tout simplement. Je développe le concept EneFin du point de vue économique et légal, suivant mes compétences personnelles. Pour le moment j’écris ce business plan comme si la base technologique de mon projet était une solution à source plus ou moins ouverte, comme Ethereum et le langage de programmation Pragma Solidity.

Oui, dans le secteur FinTech, il faut ne serait-ce qu’un bout de technologie propriétaire pour assurer la sécurité du système. Seulement, aujourd’hui, personne ne paiera une surcharge spéciale à titre de faire des transactions avec un niveau élevé de sécurité. La sécurité digitale, aujourd’hui, ça vient dans le paquet-client et ledit client la considère comme quelque chose de normal. D’autre part, comme j’ai étudié les comptes de quelques sociétés FinTech, la dépense sur compétitivité technologique est substantielle mais elle se capitalise très peu, presque pas, en fait, au niveau bilan. A ce sujet, vous pouvez regarder « Protège-cul, pardon, stratégie de réduction de risque » ou bien « The art of using all those small financial margins ».

Bon, je reviens à l’estimation de la valeur et la taille du marché. Ces 3 milliards d’euros que je viens de calculer quelques paragraphes plus haut, je les prends comme base pour simuler le chiffre d’affaires total d’un réseau d’intermédiation financière du type EneFin. En d’autres mots, j’utilise la valeur d’un sous-marché d’énergies renouvelables pour calculer la valeur du marché des services financiers type EneFin, offerts aux acteurs dudit sous-marché des renouvelables. Essai no. 1 c’est la commission 5% et ça donne dans les €151 millions. Essai no. 2 : commission calquée sur celle des maisons de courtage boursier, donc environ 0,4%. Résultat : 12 millions d’euros. Essai no. 3 : commission comparable au taux d’intérêt sur prêt bancaire pour les PME, soit 1,6%. Résultat : €48,3 millions.

Dans « The essential business concept seems to hold », que j’avais publié le 17 Juin, j’avais esquissé un modèle financier pour le compte d’exploitation d’EneFin. Ça donne dans les €11 millions de chiffre d’affaires comme niveau de stabilité temporaire pour ce business. J’assume que j’avais ne serait-ce qu’un peu de bon sens dans ces calculs-là et je compare aux calculs du paragraphe précèdent. Trois stratégies distinctes se dessinent. La première, c’est la stratégie de marge transactionnelle relativement élevée, dans les 5%, avec pour but de prendre une place parmi plusieurs autres offertes dans un marché ainsi délimité. Prix élevé, part de marché dans les 8%. La seconde, c’est la stratégie de prix super-agressif, où les fournisseurs d’énergies renouvelables peuvent acquérir du capital, à travers la plateforme transactionnelle EneFin, au prix comparable à la commission des maisons de courtage, soit ce 0,4%. Le marché défini de cette façon semble donner de la place à juste un joueur sérieux et stable. C’est la stratégie du type « ça passe ou ça casse ». Enfin, la troisième, celle du milieu : la commission d’EneFin se situe aux environs d’un prêt bancaire, donc quelques 1,6%. Là, le marché serait celui de 4 – 5 fonctionnalités similaires, une sorte de compétition monopolistique.

Je pense que je vais continuer en anglais, pour gagner un peu de perspective. Par ailleurs, c’est bien pour ça que sur ce blog, j’alterne les mises à jour en français et en anglais. C’est comme si j’écrivais avec deux cerveaux, légèrement différents l’un de l’autre.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund (aussi accessible en version anglaise). Vous pouvez aussi télécharger mon livre intitulé “Capitalism and Political Power”. Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon . Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

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Once those preliminary rituals are over

 

I am digging two holes at a time, so to say. I am writing that business plan for the EneFin project, the FinTech platform for the market of renewable energies, and I am preparing educational material, both for my classes at the university, next academic year, and for this website, Discover Social Sciences.

Just to have an idea: how many components of the business plan do I already have like nailed down and very nearly ready to present? Firstly, the market of renewable energy. This one is practically done. See “Fini de tourner autour du pot”. I could enrich that part with case studies of small, local projects based on radically new technologies. Next: the market of FinTech and the broad financial context. Same thing, as it seems: the big picture has been sketched, and this part could benefit of some details and case studies. See “The essential business concept seems to hold”. Now comes the business concept and the definition of the products to sell. Here, I think that it is the foggiest part. I approached it from different angles: how to generate the profit margin (see “The essential business concept seems to hold”), how to construct the capital base of the project and its balance sheet (see “Protège-cul, pardon, stratégie de réduction de risque” and “The art of using all those small financial margins”), and, finally, how to structure the essential contracts of that business (see “The art of using all those small financial margins” and “Gymnastique légale niveau contrats” ).

What follows are the financials: prospective income statement, prospective balance sheet, same for cash flow. It is just as with the business concept: sort of sketched and studied, but still sort of foggy. F***k! I have just realized how closely connected those two parts are, in a business plan. I mean the business concept, on the one hand, and the financials, on the other hand. I teach it to my students, every year: “Remember to have your business concept well-nailed down!”. Yeah! Saying things is one thing, and doing them is another. I think I understand why some part of my brain decided, in January this year, to start doing real business plans for concepts that I am interested in.

Now, the takeaways, i.e. the essential observations and conclusions. The European market of renewable energies is growing quite quickly, comparatively to other regions of the world, but its two essential pillars, namely innovation and monetary base, seem to be fading. It looks like a market, which is just being overshooting its local resources with its own growth. With all the fiscal support that many European governments give to renewable energies, the market seems to be lacking solid, private, market based institutions to take it from governments, in terms of financing the market of renewables.

The assets of the EneFin project will be mostly financial ones. Whilst there is a lot of technological competition in the FinTech sector, there is little capitalization on the corresponding current expenses. The money that FinTech companies spend on research and development of technologies seems being spent just to stay in the race, for the most part, with little durable value. Now, value is really in the contracts. Pinning down the optimal structure of contracts, for any national, legal regime looks like a major factor of success.

There are two essential ways of earning money, or capturing value, in the FinTech business in general. On the one hand, there is the price of technology. FinTech companies can sell the access to their technology in three forms. Transaction-based fee, i.e. a percentage of the value transacted, is the first option. For big customers, who do a lot of transactions in a unit of time, and the lot is predictable, that fee can be transformed into a subscription to the transactional platform. Finally, if the technology underlying the transactional platform is really performant and competitive, it can be sort of lent or licenced to other financial operators.

On the other hand, capital margins are another way of earning profits in FinTech. Whatever legal structure you turn towards, in FinTech, you have monetary balances on customer accounts, i.e. on the current accounts that your customers hold with you. Those short-term, highly liquid liabilities need to be invested in similarly liquid, current assets, like overnight deposits, and here comes the first tiny little margin to earn. Then, the short-term, highly liquid assets based on the customer accounts: a) can leverage some long-term borrowing and b) need to be properly counterweighed with longer-term assets endowed with lower liquidity, low risk and reasonable yield, like sovereign bonds. Another bundle of financial margins to earn.

The business concept for that EneFin transactional platform seems to need two essential pillars. The first one is legal, and it consists in the general structure of the complex contract, i.e. one futures contract on the future supply of energy + one package of shares in the supplier’s capital = one complex contract, converted into a digital token and thus tradable online. This complex contractual structure needs to be adapted to the local legal regime, which, in turn, is made of two types of legislation: the law regarding the market of energy, and that governing financial markets, including corporate law. The second pillar is financial, and it means a model structure of the balance sheet, which can generate a maximum of financial gains. Whilst the latter (model balance sheet) seems to be essentially an exercise in mathematical modelling, maybe with a zest of artificial intelligence, the former is really challenging. My intuition is that once you have that complex contract precisely laid down, you got the whole business.

Someone could legitimately ask where is digital technology in all that. Well, as I have just written, the “Tech” part in FinTech seems to consist essentially in keeping up with the pace of the race in functionalities at the level of customer experience. There are technological bases available, like Ethereum and its open-source language “Pragma Solidity”. Other languages, like Python, are available, and I think it is mostly about finding the right match between the actual group of IT engineers hired for the job and the needs of the moment. Whatever exact digital technology is chosen for EneFin, we return to the same point: the contract. Any programming language will, at the end of the day, digitalise the contract, as structured in the business concept.

The essential business model of EneFin as for June 25th 2018

Now, I am deconstructing that bloody contract. I am trying to stay as ground-to-ground as possible. As we speak about ground, the contract makes grounds for a business process. The process has an input, and an output. The input is made of two simple contracts, both issued by the supplier of energy: a futures contract on energy and a share (a set of shares) in the equity of the supplier. The output consists in easily and unequivocally enforceable claims, on the part of the customer, most probably a household or a small business. In the ‘easily and unequivocally enforceable’, both parts of the expression are important. On the one hand, those claims the customer buys must be like bullet proof. There mustn’t be any doubt whatsoever about the rights and obligations attached. No third party claim should weigh on the participatory deeds, for example.

In order to have those claims fully enforceable, they must comply with the legal rules in force. I am referring here mostly to the claims on equity, as they are usually subject to relatively more stringent a set of regulations. It is about the law on securities, financial markets etc. I intuitively feel that this is the toughest part to nail down, in terms of legal technique. I am thinking about presenting the business plan for the EneFin project in two phases: an outline would come as first, and then, for each national market, the structure of a locally specific, complex contract would follow.

As for the ‘easily enforceable’ part, the easy enforcement of a claim means, in practical terms, that subjectively perceived difficulty, on the part of the customer, of acquiring those futures on energy, combined with shares in the equity of the supplier, must not exceed the average level of difficulty that people perceive in financial, online utilities. Now, the trick consists in measuring objectively the subjectively perceived difficulty. As we are talking (OK, I am talking) about an essentially online functionality, the typical metrics are: total number of clicks necessary to complete the transaction, total time passed in front of the screen, total number of distinct webpages to go through etc.

There is a hurdle to jump over, here. The ideal of easy transaction would be to have that complex contract sold in one click, on one webpage. Right, there are the General Data Protection Rules, which adds at least one click. OK, the customer should also have a separate click, to click, regarding the acceptance of rules pertaining to the transactional platform EneFin in itself. That makes at least three clicks and three screens. Once those preliminary rituals are over, interaction with the customer should unfold according to the principle that each distinct click is a choice (a decision) on the part of the customer, and each screen represents an amount of information important for making that choice in a sensible manner.

I am summarizing distinct decisions on the part of the customer. I am showing it graphically, below, and further below I develop a discussion.

The key decisions on the part of the customer in the EneFin concept

 

I imagine a customer who just starts using EneFin. After having gone through GDPR, and in parallel with the acceptance of general rules to be followed with EneFin, the customer makes his(her) first big decision, i.e. the creation of a customer account. Next, a sequence of recurrent decisions follows, when the customer decides about the amount of money to be held on the customer account, and about using (or not) credit, made available by EneFin.

Once the balance on the customer account has been provisionally settled, the customer selects one or more complex contracts to purchase. Here, I can see a dilemma to sort out. If the customer selects and buys just one complex contract, like 100 kWh of future energy + €3 equivalent of shares in the supplier’s equity, it is simple. One contract, one decision. Still, if the customer selects more than one complex contract, should the customer’s final decision ‘BUY’ expressed in one click for all the contracts in the basket, or each contract should be click-purchased separately? The former is simpler and faster, the latter is sort of more transparent and fair. As I think about my own investment account with the brokerage house at the Warsaw Stock Exchange. When I buy stock, I go through a sequence of two click-decisions for each security separately.

Here, we come to that delicate balance between speed and efficiency of customer experience, on the one hand, and the legally viewed fairness and conclusiveness on the other hand. We sign contracts in that special window of social relations, where we already, basically trust the other party enough to do any business with them, but we steel-plate our ass just in case that trust proves somehow unfounded regarding small details. A contract is an expression of will, on the part of both parties. When it comes to suing each other in court, said court will strive to assess, among other things, whether each party took fully informed decisions in connection with the contract in question, and whether the consent of each party had been expressed in a legally valid way. In other words, when a customer clicks something important, two questions arise: was that click sort of sensible and rational, for one, and has it been fully valid in legal terms.

1 click equals 1 decision

The other hole I am digging is education. I am preparing educational materials and syllabuses for the next academic year and I feel like really making a difference. I am rethinking what do I want to teach, what do I really am able to teach, and what the process of teaching should look like. Those of you who have been following my blog for a while might remember that I have that mild obsession of teaching social sciences as sciences in the strict sense of the term, i.e. I want my students to learn theoretical concepts, like market equilibrium or institutions, in the same time as they learn how to use those concepts to study social reality (see “The other cheek of business”, for example).

Thus, here is my general educational concept. I want to create educational modules based on the classical scientific method. Firstly, the student gets acquainted with a set of facts and empirical data. The first challenge consists in using basic analytical tools for identifying and describing patterns observable in those facts and numbers. The student will describe those patterns as hypotheses. In the next step, the student takes on checking if the hypotheses he or she has just phrased out are verifiable at all. In other words, this is the moment of learning the distinction between the speculative, non-verifiable hypotheses on the one hand, and the verifiable ones. This is the moment of checking how exactly those verifiable hypotheses can be checked.

Finally, once the hypotheses have been verified, the student makes and presents a conclusion. This is the ‘ice bucket’ moment. I did all that research and all that thinking, and now, why the hell should anyone bother? What is really important in what I have just done? Are there practical applications of my findings? Are there new openings in research as such, possible to explore on the basis of my research?

The research based educational process

The actual shape of this educational process is being formed on the basis of three essential components: the empirical data I give my students to analyse, the analytical methods I propose them to use, and the complex theoretical constructs I want them to understand. My personal philosophy is that science is first of all a method of figuring things out, and my personal knowledge regarding the history of science is that the greatest scientists, remembered today, were first of all really good at methodology. Method comes first.

As I am trying to select the most fundamental methods in scientific research, my first choice is a couplet of sequencing and categorizing. As I study any given set of phenomena, my most fundamental understanding comes from grouping those phenomena into categories, and from identifying sequences in their happening. Anything else, in terms of methodology, comes next. Logically, I should present my students, in sort of first part of each course, with data they can sequence and categorize, and with a goal to define categories and sequences.

I have a nice philosophy of scientific education here, and it is high time to see how it could work in practice. I teach microeconomics, among others. What sorts of categories and sequences are essential in this specific field of social sciences? Microeconomics are basically about prices, quantities, markets and businesses. My educated guess, informed by years of research and teaching, is that each given social system has sort of a core business process, possibly, fractally reproducing itself in processes of lower order. One of the founding fathers of microeconomics, Adam Smith, used to make that fundamental distinction between markets that grow quickly vs. those growing slowly or remaining stationary.

When I compare Europe to China, for example, I intuitively associate Europe with sustainability, and China with expansion. Our core social process in Europe is centred on assuring sort of a sustainable homeostasis, whatever the market, the business, or the country. In that core process, we essentially replace one thing with another thing: we modernize, we change diets and fashions. There is a sequence of substitution. The interesting thing to discover, for a student, is to reconstruct any such path of replacement and substitution, e.g. how some goods are being pushed out of the market by other goods, and how it affects their prices and quantities. In China, the core social process is assuring enough food, energy and goods for a quickly expanding population. This is a society, where adding more of the same seems relatively more important than in Europe, and maybe more important than the sequence of replacement.

OK, enough science for today. I am consistently delivering good, almost new science to my readers, and love doing it, and I am working on crowdfunding this activity of mine. As we talk business plans, I remind you that you can download, from the library of my blog, the business plan I prepared for my semi-scientific project Befund  (and you can access the French version as well). You can also get a free e-copy of my book ‘Capitalism and Political Power’ You can support my research by donating directly, any amount you consider appropriate, to my PayPal account. You can also consider going to my Patreon page and become my patron. If you decide so, I will be grateful for suggesting me two things that Patreon suggests me to suggest you. Firstly, what kind of reward would you expect in exchange of supporting me? Secondly, what kind of phases would you like to see in the development of my research, and of the corresponding educational tools?

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Gymnastique légale niveau contrats

 

Comme c’est souvent le cas, le quotidien se bouscule entre mes plans. Le plan est d’achever aussi vite que possible la rédaction de mon business plan pour le projet EneFin. Le quotidien c’est surtout la fac. Le début de l’été c’est la fin d’une année académique et en même temps le début des préparations pour l’année prochaine et pour moi, ceci veut dire la préparation des nouveaux syllabus. J’ai pris l’habitude d’utiliser ce blog – Discover Social Sciences – comme un medium général pour discuter et décrire tout ce qui se passe dans ma vie de chercheur et d’enseignant. Je documente ici tout ce que je fais dans ce domaine. J’entreprends donc de documenter aussi bien le travail courant sur ce business plan que le travail sur mes syllabus.

En ce qui concerne le business plan pour le projet EneFin, je viens de faire un grand pas conceptuel en avant. Mes deux dernières mises à jour – « Protège-cul, pardon, stratégie de réduction de risque » ainsi que « The art of using all those small financial margins » –  m’ont fait prendre conscience qu’en tant qu’une entreprise FinTech, le projet EneFin c’est surtout du financier. Le Tech, il n’y en a pas vraiment des tonnes dans le FinTech. En termes d’organisation et de concept d’entreprise, le FinTech c’est surtout de la finance. Mon raisonnement ici est très simple. Ce qui détermine la nature d’un business c’est la structure de ses actifs, donc la façon dont le capital fourni sur le côté passif du bilan est alloué en des ressources capables de créer de la valeur ajoutée. Bien que les entreprises FinTech dépensent des quantités significatives de capital sur l’ingénierie informatique, ladite ingénierie ne va pas vraiment loin au-delà de ce que font les banques. C’est de la dépense sur la sécurité des systèmes et des transactions, sur la présentation niveau interface utilisateur, sur l’ergonomie et la fluidité d’interactions etc.

Oui, je sais, il y a Blockchain. Le miracle des registres en chaîne. Seulement voilà, j’ai un fils et le fiston, il est en train de finir sa licence en ingénierie informatique. Lorsque je lui ai parlé du Blockchain, il m’a dit un truc très intéressant : « Ecoute, papa. Du point de vue strictement informatique, toute cette histoire de Blockchain c’est simplement un ensemble des principes pour le développement des langages de programmation. Ces principes, ça bourgeonne, tout comme les langages. Depuis que j’eus commencé mes études en informatique, au moins 15 nouveaux langages de programmation ont fait leur percée dans la profession et l’innovation dans le domaine c’est largement l’invention des nouveaux principes de développement. Je veux dire des principes qui marchent en pratique. De toute façon, LA GRANDE INNOVATION c’est l’intelligence artificielle et ses cousines, comme les systèmes cellulaires. Au fond, le Blockchain est une façon de créer un avantage informatique purement quantitatif : si la société A possède des serveurs plus puissants que la société B, A aura un avantage certain sur B en termes de gestion des registres type Blockchain, puisque ça se réduit à la vitesse et la stabilité de génération des hash codes en série. Point, à la ligne ».

Voilà comment ça se termine, l’éducation qu’on assure aux enfants. Encore que moi, j’avais développé une intuition similaire durant l’année dernière. En des termes légaux et financiers, le concept de Blockchain, qui attribue ses origines à Satoshi Nakamoto , est plus ou moins identique à l’institution légale d’endossement des titres de paiement, connue depuis des siècles. En fait, avant l’établissement définitif, vers la fin du XIXème siècle, de ce que nous appelons aujourd’hui « argent » et qui est un système d’endossement centralisé dans une banque nationale, l’endossement en chaîne, tel que nous le connaissons dans le cadre de la technologie Blockchain, était la façon largement dominante d’assurer la liquidité des systèmes monétaires.

La conclusion pratique que je tire de toute cette réflexion générale est que le business plan pour mon projet EneFin devrait se concentrer sur l’aspect légal et financier. La structure des contrats utilisés dans ce projet a une importance cruciale, puisqu’elle reflète la structure d’interactions avec les partenaires externes d’EneFin : les consommateurs d’énergie, les fournisseurs d’énergie ainsi que ceux des technologies de génération d’énergie, les institutions financières etc.

Je laisse ce business plan à lui seul, pour quelques instants, et je me tourne vers mes syllabus. Chaque fois que je les prépare, donc chaque année, durant les vacances d’été, je me demande qu’est-ce que je peux transmettre à mes étudiants en termes d’enseignement. Bien que je sois prof d’université, j’approche l’enseignement comme un métier au sens strict du terme : j’assume que ce que je peux vraiment enseigner à quelqu’un d’autre est un ensemble de compétences que moi j’ai et ce quelqu’un d’autre n’a pas ou bien n’est pas conscient de les avoir. De mon point de vue, enseigner l’économie ou le management c’est tout comme enseigner la menuiserie ou le bâtiment : ça se réduit à montrer des trucs utiles, s’assurer que les étudiants répètent ces trucs utiles suffisamment des temps pour s’en faire une idée pratique et enfin que les plus ambitieux parmi eux développent de nouvelles compétences sur la base de ces trucs utiles.

Oui, je sais, il y a ce flambeau de la science à transmettre de génération en génération, l’enseignement devrait élargir les horizons et pas seulement transmettre un savoir-faire etc. C’est bien beau et grandiose et en plus, ça sonne terriblement bien dans ces discours que tout recteur d’université prononce durant l’inauguration d’une nouvelle année académique. Seulement voilà, la science peut grandement profiter de se comporter d’une manière scientifique et la science de comportement humain est très claire sur un point : ce que nous appelons « savoir » existe uniquement au niveau collectif. Le savoir en tant que tel existe comme une base de données, codée dans la culture qui nous enveloppe et ce que l’individu peut faire consiste à se connecter à cette base de données. Ce qui nous enveloppe à présent c’est une surabondance d’information. Se connecter à ce bazar veut dire chercher, mais aussi trier et sélectionner. Encore une fois, ça renvoie aux compétences : il y a une différence énorme entre savoir comment faire quelque chose et savoir le faire tout court, sans le « comment », puisque le « comment », faut l’avoir dans le bout des doigts.

Bon, je parle donc des compétences que je peux transmettre et le flambeau, dans ce cas, c’est la charge émotionnelle positive que je peux transmettre avec. Les compétences que je peux transmettre sont celles que j’ai moi-même. Écrire un bon syllabus pour l’année prochaine exige que je passe en revue mes propres compétences. Qu’est-ce que je sais faire, qui soit plus ou moins relié aux sciences sociales que j’enseigne ? Ce qui vient en tête de la liste c’est l’identification rapide des schémas et des structures, ainsi que des irrégularités à la frontière de ces schémas et structures. Vous me montrez un rapport annuel et j’identifie rapidement des régularités dans les nombres, dans les faits ainsi que dans la connerie servie dans le langage officiel du rapport. Vous me laissez observer un groupe des gens et j’identifie leur rituels, leurs stratégies de masquage ainsi que leurs comportements involontaires.

Cet ensemble spécifique des compétences est à la fois ma force et ma faiblesse dans l’enseignement. Dans l’étude des cas, je me sens comme un poisson dans l’eau : je plonge dedans la tête en avant et je nage, et j’éclabousse, et je me détends, et lorsque j’en finis, il me faut quelques instants pour retrouver à nouveau mes repères dans la réalité courante. En revanche, lorsqu’il faut que j’explique la théorie pure, c’est dur, puisque je fais avec la théorie exactement la même chose que je fais avec l’étude des cas : je plonge dedans, j’éclabousse etc. Seulement avec l’enseignement de la théorie, ça marche d’une façon différente : au début, faut l’exposer de façon systématique et là, c’est mon point faible.

Ensuite, ce que je sais faire c’est le travail systématique et persévérant sur une longue période. En fait, c’est la pratique de sport – ainsi que la rédaction de ce blog – qui m’a vraiment appris que je peux décomposer tout accomplissement complexe et difficile en une séquence finie d’actions partielles qui se composent en des étapes, qui, à leur tour, conduisent au but désiré. En fait, tout ce que nous faisons est apprentissage, et l’apprentissage s’accomplit à travers une séquence d’actions répétées dont la plupart se soldent par des petits succès partiels qui disent à notre système nerveux que ce créneau particulier d’action, c’est pas si con que ça, à la longue.

Logiquement donc, il faut que je concentre mon enseignement sur ce que je sais faire bien, et que je travaille sur la compensation de ce que je fais mal. Je suis bon dans l’identification de schémas structurels et dans la structuration de l’effort personnel en des stratégies viables, quoi que pas nécessairement optimales. Je suis faiblard dans l’exposition rigoureuse et systématique due la théorie. Conclusion ? Il faut que je prépare des matériaux théoriques en forme des livres de cours ou des présentations en ligne, pendant que je concentre le syllabus de l’interaction en classe proprement dite sur l’étude des cas empiriques. En plus, si je veux transmettre à mes étudiants l’art de l’effort persévérant, il vaut mieux orienter le système des grades sur l’accomplissement des projets de longue haleine, comme préparation des business plans ou des rapports de recherche.

C’est ainsi que je retourne à ce truc de business plan pour le projet EneFin. Certains parmi vous, mes lecteurs, peuvent se demander pourquoi je mets autant d’énergie dans la préparation des business plans ainsi que dans la documentation, sur ce blog de recherche, de tout le travail mis dedans. Il y a deux raisons. Premièrement, je pense que c’est une sorte de test simple de mes compétences scientifiques. Ce qu’un logiciel performant et utile est pour un ingénieur en informatique, un business plan est pour un économiste : c’est une vérification des connaissances et compétences. Si je suis supposé enseigner, dans un cours de microéconomie, par exemple, ce qu’est l’équilibre temporaire de Marshall, je veux être sûr que je sais utiliser ce modèle dans la vie réelle, comme outil analytique. La même chose pour la théorie de management : si j’enseigne à mes étudiants les principes d’organiser le travail dans un projet, je veux savoir vraiment à fond de quoi ça a l’air, le travail sur un projet.

Deuxièmement, j’aime penser à la science comme quelque chose d’utile, qui peut changer la vie humaine pour le mieux. La façon dont me droit et l’économie, mes deux disciplines-mères, peuvent changer la vie humaine, c’est soit à travers la politique – et la législation qui va avec – soit à travers l’entreprise (à profit ou sociale, peu importe). En attendant donc que je sois Le Conseiller Secret du Premier Ministre, je me concentre sur le niveau de l’entreprise. Peut-être l’un de mes business plans sera mis à l’exécution, un jour, qui sait ?

Je reviens donc au business plan pour le projet EneFin et à ces questions à la limite du droit et de la finance que j’avais déjà signalées dans « The art of using all those small financial margins ». Je commence par le contrat entre le fournisseur d’énergie et EneFin. Le fournisseur d’énergie émet deux contrats hautement standardisés : un contrat à terme pour la fourniture future d’énergie et un titre participatif dans son capital social. Quant à ce dernier, j’assume pour le moment que c’est une ou plusieurs action(s). La structure détaillée de ces deux contrats, je la laisse de côté pour le moment. Je me concentre sur la structure du contrat complexe, qui va lier le fournisseur d’énergie, EneFin et l’acheteur de ce panier composé de l’énergie future et d’actions.

Une remarque méthodologique en passant. Vous avez pu remarquer que je parle de « la structure du contrat ». Pourquoi « structure » et non pas « formulation » ou « contenu » du contrat ? Il y a deux raisons. Premièrement, le contrat que je suis en train de construire doit prendre la forme d’un token digital échangé sur une plateforme transactionnelle tout aussi digitale. Je me fie, dans cet aspect, à la philosophie générale du contrat intelligent Ethereum ainsi qu’à celle de son langage de programmation « Pragma Solidity ». Un contrat digital est une structure, une équation, si vous voulez. Il y a les variables et il y a les relations entre les variables. On retrouve la même approche dans la théorie de la loi civile. Je me souviens de la seconde année d’études en droit, lorsqu’on travaillait sur la distinction entre les composantes essentielles et générales d’un contrat (essentialia negotii en Latin) d’une part, et ses composantes particulières d’autre part (ça, c’était accidentalia negotii). J’avais un problème énorme avec cette distinction. Faut vraiment travailler avec des contrats dans la vie réelle pour comprendre la différence entre la structure générale (essentialia negotii) et le contenu local (accidentalia negotii).

Remarque méthodologique faite, je retourne donc au contrat EneFin. Je déconstruis le processus de transaction depuis sa fin et je vais avancer vers le début. La fin, c’est quand le consommateur individuel d’énergie achète les droits contenus dans le contrat complexe et l’achat se fait, dans l’immédiat, par acquisition du token digital EneFin. Je vois deux options contractuelles, là. D’une part, l’acquisition do token digital peut être exactement équivalente à l’acquisition des droits particuliers, donc : a) le droit d’avoir la fourniture d’énergie au temps, endroit, et prix donnés dans le contrat b) les actions ou les droits de retrait des actions. D’autre part, l’achat du token digital peut donner juste une cause d’action légale qui, à son tour, consistera en le transfert de ces droits particuliers.

Logiquement, ce dont peut disposer EneFin en tant qu’opérateur de ce token digital peuvent être soit ces droits particuliers en tant que tels, soit un droit subsidiaire de réclamer ces droits particuliers proprement dits. Ça, c’est la partie « quoi ? » de cette transaction finale. Maintenant je passe à la partie « comment ? ». Pour transmettre sur l’acheteur les droits particuliers ou bien un droit subsidiaire, il faut en disposer en bonne foi. Je vois trois solutions de base, ici. Un, EneFin peut agir comme agent du fournisseur d’énergie. Toute action légale prise par EneFin sera faite au nom et compte dudit fournisseur. Deux, EneFin peut avoir la position du commis, donc peut revendre ces contrats complexes à son propre nom et au compte du fournisseur d’énergie. Trois, le fournisseur peut transmettre sur EneFin, à travers ce qu’on appelle la cession des droits, tous les droits particuliers contenus dans ces contrats complexes.

Ici, petit rappel : j’étudie ces options contractuelles pour deux raisons. Je veux comprendre, d’une part, le processus essentiel de ce business EneFin, et d’autre part, la façon dont le bilan de cette entreprise va se construire. Si EneFin agit comme agent du fournisseur d’énergie ou bien comme son commis, ça semble ne pas avoir de conséquences pour le bilan. Dans le troisième cas, il y aura une obligation d’EneFin vis à vis le fournisseur d’énergie (une dette). Maintenant, il y a une question de stratégie. EneFin peut tout de suite payer cette dette, donc racheter, dans le sens strict du terme, tous les droits attachés au contrat complexe. Dans ce cas, la vie comptable de cette dette sera plutôt courte et elle a peu de chances de déterminer la taille et la structure du bilan. Il y a une seconde option, un peu tirée par les cheveux, il est vrai, et néanmoins possible : le fournisseur d’énergie peut céder tous les droits particuliers sur EneFin, mais le paiement pour cette cession sera différé, un peu comme dans un contrat de commis. EneFin paierait cette dette à mesure que les consommateurs achètent les contrats complexes. La valeur totale de ces droits particuliers entre donc dans le bilan d’EneFin en bloc, côté passifs, et ensuite elle est réduite progressivement.

Je pense que je peux venir à une conclusion partielle. Le truc emmerdant c’est que c’est la même conclusion que celle formulée dans « The art of using all those small financial margins » : quelle que soit la gymnastique légale niveau contrats avec les fournisseurs, le bilan d’EneFin sera déterminé surtout par la valeur des soldes monétaires maintenues sur les comptes-clients des acheteurs, donc des consommateurs d’énergie. Le contrat entre EneFin et le consommateur est vraiment la clé de tout le business.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund (aussi accessible en version anglaise). Vous pouvez aussi télécharger mon livre intitulé “Capitalism and Political Power”. Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement, à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon . Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

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The art of using all those small financial margins

 

One of those days when ideas flow so quickly that I can almost see smoke rising from my keyboard. So, first things first, that business plan for the EneFin project. I have just passed in review the balance sheets of four FinTech companies – PayPal, Square Inc, Fintech Group AG, and Katipult – in order to make myself an idea of what the balance sheet of EneFin should look like. Surprise! By the look of their balance sheets, there is very little Tech in those FinTech companies, and a s**tload of Fin. How do I know that? Well, when I am reading a balance sheet, I start by paying attention to assets. The account of assets is a financial expression of the economic value present in the proprietary resources of a business. In other words, the structure observable on the active side of a balance sheet informs about what’s really valuable in the given business.

Moreover, when I see a lot of value accumulated in a given category A of assets, and quite little value in category B, I gather that people in that company want to have a lot of A and care a lot less about B. Stands to reason: they have accumulated a lot of A and little B. In any balance sheet, technological assets are to be found mostly under the heading of ‘Property, plant and equipment’. Depending on the accounting practices in use with the given company, intellectual property can be kicked out of this general category, into a separate one, labelled ‘Intangible assets’.

As I dug through the balance sheets of those FinTech companies, the value of those typically technological assets is ridiculously low, way below 10% of the total capital engaged. The lion’s part of said capital is allocated in financial assets. These split into two, functionally distinct categories: customer accounts and investments. This is, by the way, that tiny little detail that I completely overlooked before, as I had been nurturing my enthusiasm for my own idea, i.e. EneFin. In FinTech, you need to process financial transactions, and in order to process them, you need to maintain the corresponding current accounts, commonly called ‘customer accounts’.

The more customers I have in my EneFin project, the more transactions I process, and, consequently, the greater is the aggregate value reported on those customer accounts. Here comes the hard conclusion that I have made as I read those balance sheets: I need to rethink the business process of EneFin under that specific angle, i.e. as the creation of and capitalisation on the customer accounts, which will accompany transactions.

The second thing I need to think about, and which I found in those balance sheets, is hedging. Besides the financial assets that back up customer accounts, FinTech companies hold large amounts of low-risk, low-yield, debt-based financial assets, like sovereign bonds. This is the kind of thing you hold in order to hedge risks that you have in other assets. Those other assets must be those financial ones engaged in customer accounts. It looks as if every $ on customer accounts needed to have at least one sibling in hedging. Once again, something to ponder in the development of my business concept.

Thus, I need to figure out the core process of EneFin, its component customer relations, and the process of starting up the whole business precisely as a process of capital accumulation in customer accounts and in hedging. This is just part of the story I need to rethink. As I read those balance sheets, I am cross-reading the corresponding statements of income. The latter show important, current expenditures on technology, for example on the development of company’s software. Still, those current expenses do not reflect in the value of proprietary assets. In other words, those expenses do not capitalize. This is the money you need to spend in order to stay in the race, but you can hardly expect any durable return on it. It is a typical example of what we, economists, use to designate as ‘sunk costs’: you can hardly live without them, and you can hardly expect to recoup them later.

Right, so I need to figure out them processes. As any living organism, I do with what I have and what I have are those balance sheets. So I go and I am having a look at grandpa PayPal’s annual report. The first thing I do when I am having a stroll at the passive side of the balance sheet is to measure equity. In a balance sheet, equity is what is really yours, out of what you think is yours, i.e. out of your assets. At PayPal, by the end of 2017, shareholders’ equity was equal to $15 994 million. In other words, each dollar earnt in terms of revenues in 2017 ($13 094 mln) needed a puff cousin of $1,22 in equity. From another point of view, that equity of $15 994 million makes 37,5% of the total assets ($40 774 mln). That 37,5% is the coefficient of financial liquidity in PayPal. As financial institutions come, 37,5% is a lot. Banks start moaning when they are legally forced to go over and above 10%; PayPal looks really well-rooted in comparison.

The next thing I do on the passive side of a balance sheet is to look for things that sort of mirror similar things on the active side. On the active side of PayPal’s balance sheet, the biggest category is ‘Funds receivable and customer accounts’: $18 242 mln out of the total $40 774 mln of assets. On the passive side, in the dark forest of liabilities, I am spotting a similar beast. It has ‘Funds payable and amounts due to customers’ written on it, and it makes $19 742 mln. In probabilistic terms, each single $1 paid in on a customer account and held on this account has a mirror in some $0,94 held in assets that PayPal labels ‘Funds receivable and customer accounts’. The remaining $0,06 from that $1 are held in other assets.

Here, I am getting into the business process. A customer opens an account with PayPal. They can do it in two ways, or rather with two distinct purposes: for making payments or for receiving payments. When a customer wants to use the PayPal account mostly to make payments – let’s call them active payers – they will take care of transferring some money to this account from some other one, like from the personal bank account, of from a credit card. This happens frequently with people who buy and pay a lot online, and want their sort of financial crown jewels well protected. They open a PayPal account, and transfer there the amount of money necessary for those payments they think they will be doing like over the month to come. Even if one of those payments is traced back by some malware, the amount at risk is the amount transferred to the PayPal account, not the money on the person’s main bank account or on their credit card. Of course, really nasty malware can also trace back the transfer from my main account to the one I have on PayPal, and can be sort of tempted to attack that main account as well. Still, it makes at least one more firewall to cheat their way through.

Other customers, which I provisionally label as passive receivers, will open and hold a PayPal account mostly for receiving payments. For example, I maintain such an account for the purposes of this blog and as an adjacent functionality to my Patreon profile. The operational distinction between active payers and passive receivers is that the former are more likely than the latter to hold significant monetary balances on their PayPal account.

Let’s see how does PayPal handle those customers. I found an interesting passage on page 132 of their last annual report: ‘We hold all customer balances, both in the U.S. and internationally, as direct claims against us which are reflected on our consolidated balance sheet as a liability classified as amounts due to customers. Certain jurisdictions where PayPal operates require us to hold eligible liquid assets, as defined by the regulators in these jurisdictions, equal to at least 100% of the aggregate amount of all customer balances. Therefore, we use the assets underlying the customer balances to meet these regulatory requirements and separately classify the assets as customer accounts in our consolidated balance sheet. We classify the assets underlying the customer balances as current based on their purpose and availability to fulfill our direct obligation under amounts due to customers’.

OK, so I can see the first choices that a FinTech company can make in that respect. The monetary balances written on customer accounts can be held either directly by the operator of the FinTech platform, or their holding can be underwritten to a third party, a bank, for example. We call it a fiduciary contract. PayPal chooses the first option, i.e. holding customer accounts directly.

What’s the difference? If you hold directly the customer balances, they are your liability vis a vis your customers. You need to figure out, then, how to allocate those balances into some assets. Once you underwrite the holding of those balances to that fiduciary institution, you have a claim on that institution. Your customers have a claim on you, and this is your liability, and you have a claim on your underwriter, and this is your asset. The balance sheet balances itself.

Another choice that I can see kind of underneath that passage is the choice of jurisdiction. See there? ‘Certain jurisdictions […] require...’. Your choice is between the jurisdictions that require, and those which just don’t. It is about flexibility in your assets. In jurisdictions, which require to mirror the balances on customer accounts with ‘eligible assets’, the ‘eligible’ part is bound to be narrowed down somehow, either in the legal rules strictly spoken, or in some guidelines, or even in adjudication. It all tells you, how you should structure your financial assets.

Now, something that is not exactly a choice, but more of an imperative: liquidity of assets as functionally connected to the liquidity of liabilities. I am referring to the last sentence in that passage above. When a customer keeps money on a payment account – such as those at PayPal – the customer can withdraw their money any minute. Hence, if you want to mirror that on the asset side of the balance sheet, you need to place that money from customer accounts, waiting in full gear all the time, in placements that allow just as swift a withdrawal.

All that makes me think about the business process of the EneFin project. The supplier of energy issues the simple contracts that make the base for the complex EneFin contract, i.e. the futures on the supply of energy, and the participatory deed, e.g. shares. Now, those simple contracts have to be combined into the complex contract, EneFin way: whoever buys the futures on energy, buys the participatory deeds attached.

Question: how is that complex contract written into the balance sheet of EneFin? Option (I): all the rights attached to the complex contract remain with the supplier of energy and EneFin just provides a digital token to be put in circulation. EneFin acts on behalf and in the name of the supplier of energy. Financially, in such case, EneFin has a bundle of conditional claims on the supplier of energy, and this is an asset endowed with conditional value.

Those claims are conditional on the behaviour of buyers (consumers of energy). As long as nobody acquires the digital token registered with EneFin, there is no claim with EneFin on the supplier of energy. Once somebody buys the thing, EneFin has a claim on the supplier of energy to transfer the rights from simple contracts (future claim on energy at fixed price + claim on the supplier’s capital) onto the buyer of the token.

This option raises a secondary question: if the complex contract is an asset with EneFin, and it has a conditionally determined value, what sort of capital should mirror that asset on the passive side of the balance sheet? A liability? A share in equity?

Option (II): all the rights attached to the complex contract are entrusted with EneFin, i.e. EneFin becomes the fiduciary (not just the agent) of the primary issuer, i.e. of the supplier of energy. In this case, the contract becomes a liability with EneFin, and we need some assets to mirror its value.

The value, this time, is not as conditional as in Option (I). As a matter of fact, it is not conditional at all. There is the plain value defined as the quantity of energy (QE) encompassed by the contract multiplied by the price of that energy in the households-oriented pricing PHE. It is like V = QE[kWh]*PHE[kWh] and this value turns up in EneFin’s balance sheet as a liability. It needs being mirrored with assets of similar liquidity.

What’s similar liquidity? In general, liquidity of capital is measured with a coefficient of turnover divided by nominal value of the deeds being traded. Logically, the lower the turnover in a given nominal value V = QE[kWh]*PHE[kWh] of contracts entrusted with EneFin, the less liquid those mirroring assets have to be. As the transactional platform warms up and as trade spirals up, liquidity should increase on the asset side. Something to ponder carefully.

how is the complex contract written into the balance sheet of EneFin

Now, I switch to the buyer side, i.e. to relations with the consumers of energy. A buyer of energy – supposedly a household – needs to open an account with EneFin in order to be able to buy complex contracts on energy. They can: a) put money on that account and use it to pay for complex contracts b) not to put money on the account and buy complex contracts with a short-term loan offered by EneFin. In case (a) they create a liability in EneFin’s balance sheet, whilst (b) creates an asset with EneFin.

In case (a), EneFin has the choice between (a)(i) directly holding the monetary balance, and (a)(ii) commission an external financial institution as fiduciary, who will hold that balance. In case (a)(i), this is a liability, with a mirroring asset to be figured out on EneFin’s own. When in (a)(ii), that asset figures itself out, as the EneFin’s liability vis a vis the owner of the account is automatically mirrored by EneFin’s claim on the underwriter who holds the corresponding monetary balance on the base of the fiduciary contract.

Kind of a similar choice appears in case (b): EneFin can (b)(i) lay out that credit from its own balance sheet, or (b)(ii) just resell a loan financed by an external institution.

How does EneFin hold the balances on customers’ accounts

These are loose thoughts, for the moment. Sort of a brainstorm with myself. I hope the storm will rain with some good ideas, soon, but now, it makes me aware of some subtle distinctions I have not been noticing so far. ‘Cause so far, I thought that EneFin would just earn money on transactional fees, and on periodical subscription fees. Now, a different landscape appears under those brainstorm clouds. There are fees for the possible fiduciary services, to be paid to EneFin by the suppliers of energy, and the fiduciary fees to be possibly paid by EneFin to the underwriting financial institution who holds the balances from customers’ accounts. There is a commission that EneFin could have on reselling credit offered by an external agent. There are all the particular rates of return on financial assets of different kinds. After all, you can have an interest even on an overnight deposit.

Intuitively, I guess that the difference between sort of profitable and really profitable, and thus between just possibly sustainable and really sustainable, in that EneFin projects, lies very much in the art of using all those small financial margins.

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