Une plantation des clients qui portent fruit

Mon éditorial

J’enchaine sur ma dernière mise à jour en anglais (consultez : A first approach on the financial side) et je fais une première simulation des revenus du projet EneFin. Je profite de l’occasion pour piocher un peu dans les fondations légales aussi bien que mathématiques du pronostic des ventes dans ce projet. Je sais que dans ma mise à jour précédente en français (Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité) je me suis prononcé pour aller aussi droit au but que possible dans la préparation du business plan pour je projet EneFin, sans trop d’excursions dans la théorie. Toutefois, la pensée, ça a ses droits et ses rythmes. Ma pensée à moi, en ce moment précis, a besoin de comprendre à fond le fonctionnement de mon marché. C’est un exemple de spéculation intellectuelle à propos du comportement de mes clients. Exactement le genre de problème auquel un labo behavioriste, comme celui que je veux créer dans le cadre de mon projet BeFund, pourrait se mesurer.

Tout d’abord, je résume le concept EneFinde base que j’ai forgé jusqu’à maintenant. C’est une plateforme technologique type FinTech, où les fournisseurs d’énergie électrique aussi bien que ses consommateurs peuvent vendre et acheter deux types des contrats standardisés : les garanties de fourniture d’énergie dans l’avenir à un prix fixe, d’une part, et les garanties de paiement d’un montant monétaire fixe en échange de fourniture d’une quantité d’énergie fixe.

Il me vient à l’esprit qu’il serait utile de définir plus exactement le fournisseur d’énergie ainsi que ses clients. Intuitivement, je pense que cette fonctionnalité précise est dédiée surtout aux relations entre les consommateurs individuels d’énergie et leurs fournisseurs immédiats, donc soit des sociétés de distribution soit des opérateurs de relativement petites centrales électriques locales, par exemple des petites fermes à vent ou des turbines hydrauliques locales. Je veux dire que mon intuition me dit que cette fonctionnalité est faite pour le marché de détail marché de détailplus que pour le gros .

Je vais plus loin dans la description des clients. Un fournisseur détail d’énergie est une structure institutionnelle qui a des contrats long terme signés avec un certain nombre des consommateurs. En fait, ce qui m’intéresse dans un fournisseur, ce sont précisément ces contrats. Je les représente comme un ensemble CR = {cr1, cr2, …, crn}de ncontrats long-terme et cet ensemble CR est identique, du moins au départ, avec un autre ensemble, celui CO = {co1, co2, …, com}de mconsommateurs. Je dis « au départ » parce que la participation d’un fournisseurs, avec ses clients, à la plateforme EneFin, est liée à la titrisation des contrats long-terme (à propos de la titrisation en tant que telle, consultez Les marchés possibles à développer à partir d’une facture d’électricité). Avec du temps passé sur la plateforme EneFin, le portefeuille des contrats long terme d’un fournisseur peut devenir distinct (non-identique) par rapport à l’ensemble des clients.

De toute façon, il y a ce fournisseur Fqui apporte avec lui l’ensemble CR = {cr1, cr2, …, crn}de ncontrats long-terme. Chaque contrat long-terme, pris séparément, représente deux séries chronologiques : celle des fournitures mensuelles d’énergie et celle des paiements anticipés de la part du consommateur. Si j’adopte le cycle mensuel, les deux séries représentent deux ensemble ordonnés (deux vecteurs ?) d’un même nombre d’éléments distincts. Je désigne ledit nombre comme « z » et ensuite je peux formellement écrire :

crt<=> (F = {f; f; …, fz}, PM = {pm; pm; … ; pmz})

(CR = {cr1, cr2, …, crn}) <=>(F = {f; f; …, fz*n}, PM = {pm; pm; … ; pmz*n})

Alors voilà que la notation mathématique a joué le rôle qu’elle est censée de jouer : elle m’a aidée à clarifier la situation. Un ensemble CRde ncontrats-client à long terme, avec un horizon temporel typique de zmois, équivaut à z*nfournitures mensuelles promises d’énergie ainsi qu’à z*nmensualités de paiement.

Le marketing d’EneFinexige donc que tout d’abord, un fournisseur d’énergie soit partant. Ensuite, avec son concours, le service EneFincontacte ses clients et leur propose de transformer les mensualités futures « » de fourniture d’énergie, ainsi que les paiements mensuels futurs « pm » en autant de titres échangeables et sujets à l’échange commercial. « Monsieur, Madame. Vous pouvez consentir à transformer les fournitures mensuelles promises d’électricité, de la part de votre fournisseur contractuel, en des titres échangeables. Tout fournisseur tierce partie pourra racheter ces titres de votre fournisseur contractuel présent et devenir ainsi votre fournisseur temporaire pour le mois correspondant au titre racheté. Si vous consentez à un tel schéma légal et financier, vous aurez un rabais de X% sur le prix d’électricité fournie. Vous pouvez aussi consentir à la circulation commerciale des créances futures que votre fournisseur contractuel aura vis à vis de vous, à titre des fournitures futures d’électricité. Ces créances futures deviendront des traites librement échangeables et conditionnelles sur votre consommation effective d’électricité. Si vous consentez à ce schéma légal et financier, vous aurez droit à Y% de rabais sur votre prix d’électricité. Votre consentement joint aux deux schémas proposés entrainera, bien sûr, un rabais combiné de (X+Y)%».

Est-ce que c’est compréhensible, à votre avis ? Je veux dire que, honnêtement, j’ai besoin de savoir si cette explication est intelligible. Si vous avez des remarques à ce propos, placez-les, SVP, comme commentaires sous cette mise à jour. Il y a ce principe très pragmatique dans la préparation d’un business plan : si vous êtes capable d’expliquer les conditions essentielles de votre business d’une façon intelligible, comme si vous présentiez une offre commerciale, vous en êtes probablement arrivé au stade de maturité dans la conceptualisation de votre entreprise ; sinon, faut revoir et réviser votre concept jusqu’une telle explication naisse.

Alors, maintenant, qu’est-ce que je vais dire au fournisseur d’électricité, pour le convaincre ? Voyons voir… « Monsieur, Madame. Vous pouvez soumettre votre portefeuille des contrats-clients à l’échange sur la plateforme EneFin. Sous condition d’obtenir le consentement de la part de vos clients, vous pourrez transformer leur demande contractuelle future en électricité en des titres échangeables et vous pourrez faire la même chose avec vos créances futures, conditionnelles sur la fourniture future d’électricité, vis à vis de ces clients. Vous serez capable de vendre aussi bien les titres de demande-clients que les créances-clients futures. Il y a deux façons essentielles de conduire cette titrisation. La première consiste à commercialiser les fournitures promises futures d’électricité ensemble avec les créances futures qui en résulteront, comme des contrats à terme du type « futures ». La deuxième façon implique une séparation légale entre la demande future promise par vos clients, d’une part, et les créances financières futures à titre de ces fournitures futures promises. Les deux pourront être vendues séparément. Si vous adhérez à ce système d’échange, vous gagnerez en liquidité ».

Encore une fois, j’aimerais bien que quelqu’un me dise est-ce que ça tient débout, cette argumentation ? SVP, si vous avez des remarques à ce propos, écrivez-les comme commentaires sous cette mise à jour. Moi, j’ai déjà une remarque à propos de ce que je viens d’écrire. Le fournisseur d’électricité peut exprimer le doute suivant : « Si je vends à un autre fournisseur les obligations contractuelles de mes contrats-client long terme, préalablement soumises à la titrisation, c’est comme si je cédais mon marché à un concurrent. Ça a l’air idiot ».

Une réponse s’impose. Tout d’abord, oui, cela peut vouloir dire céder le marché entre concurrents et c’est précisément l’une des fonctions financières d’EneFin. Une entreprise qui a des ressources significatives pour bâtir le réseau et acquérir des contrats-client à long terme fait précisément ça : elle fait ce à quoi elle excelle. Ensuite, à travers la plateforme EneFin, elle récupère le capital engagé dans cette opération de création de réseau et cède son exploitation courante à des entreprises dont le point fort est précisément d’exploiter des réseaux existants plutôt qu’investir dans leur développement.

Ça se défend, quoi qu’une autre question ouvre sa grande gueule (elles le font tout le temps, les questions) : dans la vie réelle et mis à part la colonisation de Mars, où est-ce qu’un fournisseur d’énergie peut trouver des marchés comme ça, où le développement du réseau peut être fonctionnellement séparé de l’exploitation courante dudit réseau ? Exemple no. 1 : une région rurale, où l’infrastructure physique est quelque peu décrépite. Faut changer les câbles, les poteaux, faudrait penser à conduire ces câbles sous terre plutôt que sur les poteaux, faut changer les transformateurs etc. En plus, il faut négocier ce changement avec la population locale, point de vue technique et financier. Tout cela fait et accompli, l’entreprise qui vient de le faire et accomplir peut adopter deux stratégies distinctes : exploiter ce territoire façon agriculturale, comme une plantation des clients qui portent fruit, ou bien vendre un marché ainsi préparé et modernisé à un concurrent. Exemple no. 2 : l’environnement d’une ville intelligente, où l’investissement dans l’infrastructure énergétique se fait dans un cycle rapide et où ladite infrastructure doit être flexible et adaptable aux changements technologiques adjacents (consultez Smart cities, or rummaging in the waste heap of culture). Même scénario : l’investissement initial en développement du réseau pourrait être séparé, point de vue business, de l’exploitation courante.

Passons à l’autre chose. Si, à travers la fonctionnalité EneFin dont je suis en train d’esquisser les contours, les fournisseurs d’énergie, avec le consentement de leurs clients, effectivement mettront en échange ces titres basés sur les contrats long terme, deux séquences d’évènements peuvent se déclencher. Premièrement, chaque titre peut être vendu une fois : fournisseur A vend le titre au fournisseur B et celui-ci exploite les obligations attachées. Deuxièmement, il peut y avoir tout une chaîne des transactions en ces titres avant que vienne le terme de leur exploitation. En conséquences, tout comme chez les classiques des sciences économiques, Marx inclus, deux valeurs peuvent s’attacher à ces titres : une valeur d’exploitation et une valeur d’échange. Cette dernière est plus abstraite que la première mais c’est comme ça que les systèmes monétaires étaient nés, il y a longtemps.

Si vous regardez un billet de €50, par exemple, ce billet est une obligation conditionnelle de la part de la Banque Centrale Européenne. Même si personne n’acceptera de vous ce billet comme paiement et même si aucune banque commerciale ne voudra l’échanger contre, par exemple, des dollars américains, la Banque Centrale Européenne s’engage à l’accepter de vous et l’échanger contre… un autre billet de €50, ou bien deux billets de €20 et un billet de €10. Fou ? Peut-être, mais c’est comme ça que les systèmes monétaires fonctionnent et c’est la différence entre un marché financier en général et un système monétaire strictement dit. Dans ce dernier, les titres mis en circulation ont de la valeur d’échange seulement parce que et aussi longtemps qu’ils sont maintenus en circulation grâce à la garantie d’une institution financière.

Question : sous quelles conditions, comment et à quoi bon la plateforme EneFin pourrait-elle devenir un système monétaire ? Faut que j’y pense.

Je continue à vous fournir de la bonne science, presque neuve, juste un peu cabossée dans le processus de conception. Je vous rappelle que vous pouvez télécharger le business plan du projet BeFund(aussi accessible en version anglaise). Je veux utiliser le financement participatif pour me donner une assise financière dans cet effort. Vous pouvez soutenir financièrement ma recherche, selon votre meilleur jugement,à travers mon compte PayPal. Vous pouvez aussi vous enregistrer comme mon patron sur mon compte Patreon. Si vous en faites ainsi, je vous serai reconnaissant pour m’indiquer deux trucs importants : quel genre de récompense attendez-vous en échange du patronage et quelles étapes souhaitiez-vous voir dans mon travail ?

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